Korean Air et Asiana Airlines ont franchi une étape décisive vers leur union : le conseil d’administration de la première et les actionnaires de la seconde ont officiellement validé la fusion. Sauf contretemps administratif, Asiana cessera d’exister comme entité et comme marque le 17 décembre 2026, date du lancement de la compagnie intégrée sous les couleurs de Korean Air.
Korean Air et Asiana valident la fusion
Le long processus de rapprochement entre les deux principales compagnies traditionnelles sud-coréennes entre dans sa dernière ligne droite. Le 12 août, le conseil d’administration de Korean Air a ratifié l’accord de fusion avec Asiana Airlines. Cette décision a été prise dans le cadre du mécanisme de « fusion simplifiée » prévu par l’article 527-3 du droit commercial sud-coréen, qui dispense Korean Air de réunir une assemblée générale de ses actionnaires.
Au même moment, les actionnaires d’Asiana Airlines, convoqués en assemblée générale extraordinaire, ont largement approuvé l’opération. Le taux de participation a atteint 81,86% et 99,3% des suffrages exprimés — représentant 167 436 677 actions — se sont prononcés en faveur du projet. « Les actionnaires d’Asiana ont approuvé la fusion avec Korean Air », a confirmé la compagnie, achevant ainsi une séquence capitalistique entamée il y a près de six ans.
Ces votes formalisent l’accord définitif déjà approuvé par les deux conseils d’administration en mai. Korean Air absorbera Asiana, reprenant ses actifs, ses passifs, ses droits, ses obligations et ses salariés. La marque Asiana, longtemps l’une des vitrines du transport aérien sud-coréen et membre de Star Alliance, est appelée à disparaître le 17 décembre au profit de Korean Air, membre de SkyTeam.
Une fusion effective le 17 décembre
La date du 17 décembre 2026 est désormais l’échéance centrale du dossier. Avant cette échéance, les deux compagnies aériennes doivent encore mener les procédures de protection des créanciers et finaliser diverses formalités administratives. L’enregistrement juridique de la fusion est prévu ce même jour, parallèlement à l’entrée en service de la compagnie intégrée.
Le rapport d’échange a été arrêté à 0,2736432 action Korean Air pour une action Asiana. Autrement dit, un actionnaire d’Asiana recevra une action nouvelle Korean Air pour environ 3,65 actions Asiana détenues. Korean Air doit émettre environ 20,34 millions d’actions nouvelles, dont la cotation est annoncée le 4 janvier 2027.
Pour les passagers, cette absorption implique à terme l’unification des ventes, des programmes de fidélité, de la distribution, des procédures au sol et de l’exploitation sous Korean Air. La disparition de la marque Asiana entraînera également la sortie d’Asiana de Star Alliance, tandis que l’ensemble intégré s’inscrira dans l’environnement SkyTeam de Korean Air.
Des autorisations aéronautiques encore à finaliser
Le feu vert corporatif ne clôt pas, à lui seul, le chantier réglementaire aérien. Le ministère sud-coréen du Territoire, des Infrastructures et des Transports (MOLIT) a accordé, le 25 juin, une approbation conditionnelle à la fusion, exigée pour tout rapprochement entre transporteurs aériens en vertu de l’article 22 de l’Aviation Business Act. Le ministère avait souligné le caractère inédit de l’opération : il s’agit de la première fusion entre compagnies aériennes sud-coréennes.yna.co+1
Le dossier d’enregistrement de la fusion a ensuite été validé le 24 juillet. Korean Air travaille désormais à l’adaptation de son certificat de transporteur aérien (AOC), de ses spécifications opérationnelles et des autorisations internationales nécessaires. L’enjeu est de faire entrer les appareils, les équipages, les procédures de sécurité et les systèmes de gestion des risques d’Asiana dans le cadre opérationnel de Korean Air, dont l’AOC sera conservé.
Cette phase est particulièrement sensible : l’intégration d’une flotte et de procédures d’exploitation ne se réduit pas à une opération de marque ou de capital. Elle impose l’harmonisation des manuels d’exploitation, de la formation des équipages, des systèmes de maintenance, de la gestion de la sécurité et des autorisations délivrées sur les réseaux internationaux.
À quatre mois de l’échéance, Korean Air et Asiana doivent maintenant démontrer qu’elles peuvent réussir l’intégration opérationnelle sans dégrader la continuité d’exploitation ni les standards de sécurité.
Six ans de négociations et de remèdes concurrentiels
Le projet remonte à novembre 2020, lorsque Korean Air avait annoncé son intention d’acquérir Asiana, alors fragilisée par les conséquences de la pandémie. Korean Air a finalement pris le contrôle d’Asiana en décembre 2024, après avoir obtenu les autorisations requises auprès des autorités de concurrence concernées.
La concentration avait cependant suscité de fortes réserves sur plusieurs marchés internationaux. L’Union européenne a notamment conditionné son accord à des mesures correctives : Korean Air a dû céder l’activité de fret d’Asiana et permettre à T’way Air de se positionner sur quatre liaisons européennes où les deux compagnies se chevauchaient. La Commission européenne avait finalement estimé que ces engagements répondaient à ses préoccupations concurrentielles.

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