A l’exemple de Ryanair, le voyagiste TUI pourrait réduire le nombre d’avions basés en Belgique. Le groupe touristique met en cause le relèvement prévu de la taxe fédérale sur les départs de passagers, tout en faisant face à une dégradation de ses résultats dans l’aérien et le voyage organisé.
Une taxe de 7 euros en cause
Dans une interview accordée à L’Echo/De Tijd, le directeur général de TUI Group, Sebastian Ebel, a qualifié l’environnement fiscal belge de défavorable. Il a estimé que les autorités devaient déterminer si elles souhaitaient préserver des vacances accessibles aux ménages aux revenus modestes.
La taxe de départ en Belgique doit passer de 5 à 7 euros par passager à compter du 1er janvier 2027. Une hausse de 40% en pourcentage, mais de 2 euros seulement par voyageur en valeur absolue. Pour une rotation opérée avec un Boeing 737 d’environ 170 sièges, le surcoût lié à ces 2 euros supplémentaires représenterait près de 340 euros au départ de Belgique. La charge peut atteindre plusieurs millions d’euros à l’échelle d’une année et de plusieurs millions de passagers.
Sebastian Ebel n’a pas détaillé le nombre d’appareils potentiellement concernés ni les aéroports belges visés. Le voyagiste allemand, qui exploite la compagnie aérienne TUI fly en Belgique, pourrait toutefois suivre une stratégie déjà employée par Ryanair : transférer de la capacité vers les marchés jugés plus compétitifs en faisant jouer la concurrence entre aéroports et fiscalités nationales.
Une explication à relativiser
La future taxe belge reste inférieure aux prélèvements appliqués dans plusieurs pays voisins où TUI est également présent. Aux Pays-Bas, elle atteint déjà 30,25 euros par passager en 2026. L’Allemagne applique de son côté une taxe de 13,03 euros sur la plupart des liaisons européennes et méditerranéennes, rappelle le site Aviation24.be.
Surtout, cette taxe passager est normalement intégrée au prix payé par le voyageur. Elle s’applique à tous les passagers au départ de Belgique, quelle que soit la base de départ de l’avion qui assure le vol. Déplacer un appareil à l’étranger ne permet donc d’éviter la taxe que si TUI réduit aussi son programme de vols de et vers la Belgique et transfère effectivement une partie des capacités vers un autre marché.
La réorganisation de l’activité belge avait par ailleurs commencé avant l’annonce de la nouvelle hausse. TUI fly Belgium a cessé ses opérations à Liège en janvier 2026 pour des raisons de rentabilité. Elle prévoit aussi de quitter Anvers le 25 mars 2027, afin de concentrer ses activités belges à Bruxelles et Ostende.
Des résultats financiers sous pression
L’avertissement de Sebastian Ebel intervient alors que TUI a publié un bénéfice d’exploitation inférieur aux attentes au troisième trimestre de son exercice 2026. Le voyagiste a dégagé 234,6 millions d’euros, contre 320,6 millions un an plus tôt, soit une baisse proche de 27%. Le groupe attribue ce recul à la baisse des réservations et au maintien de prix élevés du kérosène, dans le contexte du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Sa division « Markets + Airline », qui rassemble les compagnies aériennes, les tour-opérateurs et les activités commerciales du groupe, a enregistré une perte d’exploitation sous-jacente de 17,4 millions d’euros au troisième trimestre. Elle avait réalisé un bénéfice de 49,7 millions un an plus tôt.
En mars, TUI avait déjà réduit ses prévisions de bénéfice annuel et suspendu ses prévisions de chiffre d’affaires en raison de l’incertitude liée à cette crise et aux coûts de carburant. TUI a aussi réduit de 5% les capacités aériennes pour ses propres opérations de voyages organisés. Les réservations se font plus tardivement, la demande s’est affaiblie sur certains marchés et la concurrence reste forte sur les prix des séjours.
La possible baisse de la flotte belge s’inscrit donc dans une réflexion plus large sur la rentabilité et l’utilisation des appareils. TUI peut répartir ses avions entre la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou les pays nordiques, en fonction des rendements attendus.
Les taxes aéroportuaires et aériennes ne constituent ainsi qu’un élément de la décision. Les coûts de personnel, les redevances aéroportuaires, les frais de navigation aérienne, la productivité des appareils, le niveau de demande et les prix de vente pèsent également dans l’arbitrage.

@TUI fly Belgium
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