Groupe ADP a accueilli 36,6 millions de passagers sur son réseau aéroportuaire en juillet 2026, soit une progression limitée à 0,3% sur un an. À Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, le trafic a reculé de 1%, à 10,1 millions de voyageurs, malgré un effet de comparaison favorable lié aux grèves de juillet 2025.
Les réductions de programmes liées au conflit au Moyen-Orient, le renchérissement du carburant et plusieurs contraintes opérationnelles continuent de peser sur l’activité.
Groupe ADP : le trafic de Paris-CDG et Paris-Orly recule en juillet
L’été n’a pas suffi à effacer les turbulences du printemps. En juillet 2026, Paris Aéroport — qui réunit Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly — a accueilli 10,12 millions de passagers, en baisse de 1% par rapport à juillet 2025. Roissy-CDG a enregistré 6,80 millions de voyageurs (-0,5%) et Orly 3,32 millions (-1,9%). Dans le même temps, les mouvements d’avions ont légèrement progressé, de 0,2%, à 63 553 décollages et atterrissages.
La lecture est d’autant plus défavorable que juillet 2026 bénéficiait d’une base de comparaison allégée : des grèves avaient affecté les plateformes parisiennes les 3 et 4 juillet 2025. « En excluant cet effet, la variation du trafic à Paris s’établit à -2,2% », souligne Groupe ADP dans son communiqué.
Le niveau de trafic de Paris Aéroport demeure à 96% de celui de juillet 2019. CDG, qui concentre l’essentiel des flux long-courriers et de correspondance, s’établit à 91,5% de son activité pré-Covid ; Orly la dépasse nettement, à 106,8%, mais avec une baisse mensuelle plus prononcée.
Moyen-Orient : une baisse toujours marquée
Le faisceau Moyen-Orient est resté le plus directement exposé aux perturbations géopolitiques. En juillet, il a reculé de 8% sur un an à Paris Aéroport et ne représentait plus que 4,5% du trafic total. Sur les sept premiers mois de l’année, le recul atteint 15%, avec un trafic encore limité à 82,8% de son niveau de 2019. Le gestionnaire explique que « le trafic du groupe reste affecté par des réductions des programmes de vols liées au conflit au Moyen-Orient, à la hausse des prix des carburants, ainsi qu’à diverses contraintes opérationnelles sur certaines plateformes du groupe ».
Cette vulnérabilité ne concerne pas uniquement les lignes entre Paris et le Golfe ou le Levant. Les restrictions d’accès à certains espaces aériens, les allongements de route et la hausse du coût du kérosène peuvent conduire les compagnies à revoir leurs capacités, leurs fréquences ou leurs dessertes. Au premier trimestre, ADP rappelait que le Moyen-Orient représentait 5% du trafic de Paris Aéroport en 2025, mais aussi 11,5% du chiffre d’affaires des boutiques en zone réservée, ce qui donne à cette baisse une portée commerciale supérieure à son seul poids en passagers.
Les autres marchés internationaux ont également fléchi en juillet : Amérique du Nord (-3,7%), Amérique latine (-3,4%), Afrique (-1,9%) et Asie-Pacifique (-1,9%). Le trafic européen, qui représente près de 45% des passagers parisiens, est demeuré stable.
Un réseau international qui limite le recul
À l’échelle du groupe, Groupe ADP a néanmoins préservé une croissance, même marginale : 36,60 millions de passagers ont transité par ses plateformes en juillet, soit +0,3% sur un an. Depuis janvier, le groupe totalise 215,84 millions de passagers, également en hausse de 0,2%. Son trafic global dépasse désormais de 4,9% le niveau de 2019, grâce notamment à ses activités internationales.
Les plateformes exploitées par TAV Airports ont joué un rôle d’amortisseur, avec 13,82 millions de passagers en juillet (+3,5%). Les hausses sont notamment sensibles à Almaty (+9,2%), Ankara (+9,2%), Bodrum (+9,3%), Izmir (+5,9%) et dans les aéroports géorgiens (+10,2%). À l’inverse, Antalya, important aéroport touristique du réseau, a reculé de 1,5%.
Le portefeuille indien de GMR Airports affiche un recul de 1,9% dans le périmètre consolidé d’ADP, à 9,31 millions de passagers. Delhi reste toutefois dynamique avec 6,03 millions de voyageurs (+3,7%), tandis qu’Hyderabad décroche de 9,6%, Goa de 21,8% et Medan de 11,6%. GMR attribue notamment la faible progression du trafic international aux perturbations liées à l’instabilité géopolitique en Asie occidentale et le recul de Medan à des contraintes de flotte affectant le marché indonésien.
Nagpur entre dans le périmètre du groupe
Le communiqué de juillet marque aussi l’entrée de l’aéroport indien de Nagpur dans le trafic consolidé de Groupe ADP, après la prise en concession de la plateforme par GMR Airports à la fin juin. Nagpur a accueilli 212 262 passagers en juillet, en recul de 3,8% sur un an. ADP précise que les comparaisons sont néanmoins calculées à périmètre comparable, en intégrant les données historiques de l’aéroport.
Cette évolution illustre le poids désormais déterminant du partenariat avec GMR Airports dans l’exposition d’ADP au marché indien. Le réseau GMR, hors Cebu, a accueilli 9,3 millions de passagers en juillet selon son propre bilan, avec une progression de 0,4% selon son périmètre de consolidation. L’écart avec les chiffres présentés par ADP s’explique par les modalités de périmètre et de consolidation retenues par les deux groupes.
Prévisions 2026 déjà revues à la baisse
Ce mois de juillet confirme le changement de ton intervenu au cours de l’été. Alors qu’il envisageait encore au printemps une croissance annuelle comprise entre 1,5% et 2,5% à Paris, Groupe ADP vise désormais une hausse du trafic « autour de 0,5% » pour l’ensemble de 2026.
Sur les sept premiers mois de l’année, Paris Aéroport conserve une courte progression de 0,3%, à 61,72 millions de passagers. Mais le trafic reste inférieur de 1,8% à celui de la même période de 2019, avec un taux de correspondance de 20,2%, encore en retrait de 2,2 points par rapport à l’avant-crise sanitaire.

Kyle a commenté :
18 août 2026 - 8 h 25 min
Peut on aussi mettre en avant les taxes et impôts pénalisant fortement le transport aérien en France ?
(Dont de nombreuses ont été fortement augmentées récemment).
(Dont de nombreux politiques / associatifs appellent à un renforcement).
Il me semble également avoir lu dans un autre article de cet excellent site web que Paris Aeroport allait augmenter ses tarifs plus que l’inflation.
Encore un moyen de ne pas rendre le transport aérien très attractif…
Mais comme ADP Turquie et ADP Inde se portent bien, tout va très bien, Madame la Marquise, tout va très bien.
Serge13 a commenté :
18 août 2026 - 12 h 18 min
Perso vous me faites rire de brandir l’excuse des taxes.
Londres Heathrow vient de publier ses résultats ils en encore fait des records malgré la taxe d’entrée au RU. Vous voulez qu’on parle de Bali? Une taxe d’arrivée inventée après la pandémie. Records sur records. L’Égypte a augmenté son droit d’entrée deux fois en 1 an. Record de fréquentation au caire.
Non le souci n’est pas les taxes.
C’est la perspective de AF meilleur client de ADP qui narrive pas à générer des passagers.
Partout où AF est en position dominante le trafic n’a pas retrouvé son activité de 2019. Toulouse Lyon. Ailleurs le trafic a largement été dépassé. Nice Beauvais Marseille EAP…Moralité ce que vous écrivez est faux
Latige a commenté :
18 août 2026 - 15 h 52 min
AF gnagnagni, AF gnagnagna… À ce stade, votre obsession pour Air France relève presque de la vocation. Votre neutralité est remarquable : elle n’a d’égale que la pertinence abyssale de vos réflexions.
Aviation a commenté :
19 août 2026 - 9 h 01 min
Ah le grand donneur de leçon anti air France. Bali taxe pour 9€, Le Caire pour 3€, Londres 15 à 106 livres et CDG 22.55€ à 55€. mais bien sûr c’est de la faute à Air France.
Aviation a commenté :
19 août 2026 - 9 h 12 min
Et comme Monsieur Serge est le grand spécialiste de l’information au doigt mouillé et du on m’a dit, voici les chiffres des 4 grands aéroports provinciaux en 2019 et 2025 concernant les parts de marché AF sur ces aéroports.
Année LYS TLS MRS NCE
2019. 35. 32. 30. 28.
2025. 23. 23. 22. 15.
Encore du grand n’importe quoi !
Pour nous faire des vacances, vous pouvez aller vivre définitivement à Bali ou au Caire et ne plus vous occuper de la France
N'importe quoi... a commenté :
21 août 2026 - 15 h 41 min
L’analyse portant sur la part de marché d’AF dans les grands aéroports de province est tout à fait erronée : de nombreux vols ont été transférés d’AF en propre à Transavia (groupe AF).
Donc cette analyse de recul de la PdM d’AF est juste une ineptie…
Ben Voyons a commenté :
18 août 2026 - 18 h 43 min
ADP à Paris est complètement dans les choux et le déclassement de la place de Paris en Europe et dans le monde continue. Paris est une des rares villes qui n’a pas encore égalée voire dépassée le trafic pré-Covid, ce qui n’est franchement pas un exploit. Une des erreurs d’ADP a été sa frilosité à anticiper le trafic et à accroitre l’offre. L’offre crée la demande, et la mort du Terminal T4 (qui a été abandonné lors de la Covid sous la pression des écologistes, encore eux), a sonné le début du déclassement de Paris. Les ultra-timides ambitions de croissance de Paris (1% par an) ont pour conséquence des extensions d’extensions qui ne sont que des cautères sur des jambes de bois et n’attirerons ni les compagnies aériennes, ni les passagers. A cela vous ajouter une “spécialité” française (dont on se passerait bien), une inflation de taxes et d’impôts qui commencent à faire son oeuvre: la décroissance du trafic qui va se traduire bien évidemment par un moindre emploi, un moindre trafic, moins de création de richesse, bref… une crise. On pourra remercier Macron qui n’aura eu de cesse que de mettre des batons dans les roues des industries françaises qui réussissent. Après avoir torpillé la filière nucléaire, puis la filière automobile, arrive maintenant la fin annoncée – ou tout du moins l’attrition – du secteur de l’aéronautique civile… Ca promet !
Yoann a commenté :
19 août 2026 - 8 h 41 min
Votre obsession d’un prétendu “déclassement” est pathologique, psychiatrique même. De même que votre haine contre Emmanuel Macron ou EELV. Soignez-vous.
Bienot a commenté :
19 août 2026 - 11 h 04 min
Les chiffres et les faits sont têtus les résultats d’ADP à Paris sont mauvais. Les sur-taxes et impôts dont souffrent le transport aérien français ne sont pas non plus une invention. C’est un fait et cela participe à la perte de compétitivité de la France et de la place de Paris. Tous les PDG des compagnies aériennes françaises ne cessent de l’évoquer. Ce qui est plutôt pathologique c’est en effet cette volonté – en l’occurrence – Macroniste de « flinguer » les industries qui fonctionnent, quand il ne les vend pas aux EU. Vôtre réaction sans aucun argument au post de « Ben Voyons » est pathologique et votre énervement très palpable n’est en aucun cas un raisonnement réfléchi et argumenté. Essayez de vous détendre et de chercher – si vous y arrivez – quelques arguments entendables. Personnellement je ne me réjouis pas de la situation apocalyptique de nos finances, de notre économie, de notre crédibilité aux yeux du monde qui n’est plus, et je partage l’avis que la situation que vit ADP en France n’est pas bonne et ne semble pas prête de s’arranger. Quand, face à la concurrence, on stagne ou pire on décroche, on perd des parts de marché et on fragilise tout un secteur économique… il ne s’agit ici que d’une réalité, certes triste, économique ! Et dans la vie, ce sont toujours ceux qui sont aux manettes qui sont responsables et coupables… visiblement les vérités semblent vous vexer. Pour ma part, je suis persuadé qu’ADP est un géant aux pieds d’argile et constitue un frein au développement d’AF en dépit de l’image communiquée par les deux sociétés qui, en coulisses, bataillent beaucoup car ayant des objectifs différents, voire s’opposant. D’un côté le souhait d’avoir une plateforme concentré, fluide, pensée sur le très long terme, moderne… de l’autre la nécessité de faire d’une plateforme aérienne une boîte à cash en se concentrant sur toutes les possibles sources de profit hors aérien telles que boutiques, parkings, taxes aéroportuaires délirantes (compte tenu des services offerts), concessions, etc. Donc calmez vous svp !
gladis a commenté :
19 août 2026 - 20 h 28 min
Pète un coup, ça ira mieux après !
Raisonnable a commenté :
23 août 2026 - 11 h 15 min
Il serait raisonnable de recueillir l’opinion et les explications de Philippe PASCAL à ce sujet, plutôt que celles de braves innocents en la matière … !