À peine la Coupe du monde de football 2026 s’est-elle achevée que l’heure est déjà au bilan pour les États-Unis, principal organisateur de la compétition aux côtés du Canada et du Mexique. Les retombées économiques d’un grand événement sportif restent complexes à quantifier : le retour sur investissement se mesure sur le long terme et s’entremêle avec l’image perçue du pays et son « soft power ».

Soft power et attractivité : une conjoncture difficile
Les prévisions initiales misaient sur un fort afflux de visiteurs internationaux. Or, les données disponibles montrent un impact plus modeste que prévu. Selon le fournisseur de données Tourism Economics, les arrivées internationales devraient croître d’environ 2,4 à 3,9% en 2026, portées en partie par la compétition, mais les chiffres de juin 2026 indiquent que les arrivées d’outre-mer n’ont pas connu le boom anticipé. Les hôtels des villes hôtes ont surtout tiré parti de hausses de tarifs des nuitées plutôt que d’une forte progression de l’occupation. Tourism Economics estime à environ 680 millions de dollars les revenus additionnels de chambres dans les onze villes américaines hôtes pendant les semaines de matchs. Les prix élevés pendant la Coupe du monde ont dissuadé une partie de la clientèle touristique « classique ».

Les mois qui suivent un grand événement sont rarement propices à une expansion immédiate des arrivées. L’exemple de Paris après les Jeux olympiques de 2024 montre cependant qu’un narratif positif — celui d’une nation ouverte et accueillante — peut, à terme, relancer l’attractivité. Pour les États-Unis, la démonstration d’infrastructures modernes a été saluée, mais la forte mercantilisation de l’événement et les obstacles d’accès, entre visas et perceptions, ont limité l’effet de « soft power » espéré.

L’Ouest américain et les grands espaces séduisent
« En matière d’activités de plein air et d’expériences d’exploration, peu d’endroits sur Terre peuvent rivaliser avec la variété, la qualité et l’ampleur de ce que l’on trouve aux États-Unis », insiste Fred Dixon, président de l’agence de promotion touristique Brand USA. Road trips dans l’Ouest américain, immersion dans les canyons, forêts de séquoias ou déserts de roche rouge : de plus en plus de voyageurs français se tournent vers les grands espaces et les parcs nationaux plutôt que vers les seules métropoles. Les voyagistes spécialisés multiplient ainsi les offres de voyages sur mesure aux États-Unis, en formule liberté, accompagnée ou en petit groupe. Parmi eux, USA en Liberté byNativ, agence locale basée aux États-Unis, propose des autotours personnalisés à travers l’East Coast, le Grand Ouest, la Floride ou encore Seattle et les Grands Lacs. Son expertise terrain permet d’adapter les itinéraires aux envies de chaque voyageur, qu’il s’agisse d’un road trip familial, d’un circuit nature ou d’une découverte urbaine.

Le voyagiste Allibert Trekking met également en avant des circuits de randonnée et des voyages en van dans les parcs mythiques de Yellowstone, du Grand Canyon, de Zion ou de Bryce Canyon. Nomade Aventure, Cercle des Voyages, Evaneos et Authentik USA proposent aussi des itinéraires nature, des road trips et des expériences hors des sentiers battus. Ces formules facilitent la logistique et permettent de construire des voyages authentiques aux USA, sur un territoire aux distances considérables. 

Des perspectives de reprise progressive
Les prévisions de la National Travel and Tourism Office (NTTO) anticipent une croissance progressive des arrivées internationales, pouvant atteindre environ 70,5 millions en 2026, puis davantage les années suivantes, soutenue par la demande mondiale. Les dépenses des visiteurs internationaux en juin 2026 ont d’ailleurs progressé de 2,3% sur un an, à plus de 21 milliards de dollars. Pour les Français, le pays reste accessible et riche en expériences variées. Un voyage sur mesure aux USA offre la possibilité de dépasser les clichés médiatiques et politiques, de découvrir un pays nuancé et de tisser des liens entre les peuples. Le recours à une agence locale ou à un spécialiste doté d’une solide expertise terrain peut aussi rassurer les voyageurs face aux formalités, aux distances et à la diversité des régions à explorer.

L’effet post-Coupe du monde pourrait se faire sentir progressivement dans les mois et années à venir, à condition que l’image d’accueil se consolide. Lors de la compétition, l’ambiance dans les stades et les fan-zones a souvent été décrite comme chaleureuse. Des supporters américains ont largement partagé leur fierté d’accueillir le monde entier. Les fans de l’équipe de France présents sur place ont rapporté une popularité notable des Bleus, notamment à Boston, Philadelphie ou New York. Le 4 juillet, jour de l’Indépendance, des supporters américains ont même repris des symboles liés à La Fayette, rappelant les liens historiques entre les deux pays. Ces moments illustrent une relation franco-américaine qui résiste aux désaccords politiques. Les voyageurs français restent souvent fascinés par les États-Unis : New York, rivalisant dans l’imaginaire avec Paris ; Boston et son effervescence intellectuelle ; la Californie et le Grand Ouest, de la Route 66 à la Pacific Coast Highway ; la Floride, de Miami à l’Overseas Highway vers Key West ; ou encore la Louisiane et son héritage cadien et jazz.

En 2025, les États-Unis ont enregistré une baisse d’environ 5,5 à 5,7% des visiteurs internationaux, à 68,3 millions, alors que le tourisme mondial progressait. Le fournisseur de données Tourism Economics et d’autres sources estiment des pertes de revenus touristiques de plusieurs milliards de dollars en 2025 et 2026 par rapport aux trajectoires antérieures. Une chute de la fréquentation touristique causée par l’« effet Trump ». Cette tendance négative est largement attribuée, selon plusieurs analyses, aux politiques et à la rhétorique de l’administration Trump : guerre commerciale, durcissement des contrôles frontaliers et tensions diplomatiques. « La Coupe du monde a réintroduit l’Amérique au monde. Le défi, désormais, est de garder le pied sur l’accélérateur — et non de créer des obstacles qui dissuadent les visiteurs que nous souhaitons attirer », résume Geoff Freeman, président de la U.S. Travel Association.

L’après-Coupe du monde aux États-Unis : « soft power » en berne, mais les parcs nationaux séduisent toujours 1 Air Journal

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