Air France renouvelle, depuis le 1er octobre, son offre de restauration sur ses vols long-courriers au départ de Paris. La compagnie a réuni six chefs et pâtissiers français pour signer les cartes de ses cabines La Première, Business et Premium, dans une nouvelle étape de sa stratégie de montée en gamme.

À 35 000 pieds, l’assiette demeure l’un des terrains les plus visibles de la concurrence entre les compagnies aériennes, en particulier dans les cabines premium. Air France entend y renforcer sa signature française : Arnaud Lallement, Claire Heitzler, Mathieu Viannay, François Adamski, Nina Métayer et Frédéric Simonin rejoignent ou poursuivent ainsi les collaborations culinaires de la compagnie sur les départs long-courriers depuis Paris. L’offre est progressivement déployée au fil des prochains mois. Elle concerne les cabines les plus haut de gamme de la compagnie, et non la classe économique. Elle s’inscrit dans une politique plus large de valorisation de l’« art du voyage à la française », déjà mise en avant par Air France dans le renouvellement de ses salons, de sa cabine La Première et de ses prestations au sol comme en vol.

La Première : Arnaud Lallement et Claire Heitzler aux fourneaux

En cabine La Première, Air France confie les entrées et les plats chauds des premier et second services à Arnaud Lallement, chef triplement étoilé de L’Assiette Champenoise, à Reims. Le chef a conçu plus de trente recettes avec le Studio Culinaire de Servair, partenaire de restauration aérienne de la compagnie. « Pour les clients d’Air France, j’ai voulu me souvenir des saisons, laisser parler mon inconscient, comme en hypnose », déclare Arnaud Lallement, cité par Air France.

La carte alternera recettes végétariennes, poissons, viandes rouges et volailles. Parmi les propositions annoncées figure un homard cuit au court-bouillon, accompagné de pommes de terre fondantes et d’une sauce au paprika. Le chef propose également des blettes en ragoût, associées à des pois chiches et une sauce au vin jaune. Ces créations doivent naturellement être adaptées aux contraintes propres au service aérien : préparation en amont, transport, remise en température à bord et restitution des textures dans l’environnement particulier de la cabine pressurisée.

Côté sucré, Claire Heitzler poursuit sa collaboration avec Air France. La cheffe pâtissière, élue cheffe pâtissière de l’année par Gault & Millau en 2013, signera quatre desserts au cours des prochains mois. Parmi eux, Racine, associant mousse au chocolat noir Caraïbe et crème à la vanille de Madagascar, ainsi que Planifolia, conçu autour de la vanille Bourbon. « Pour Air France, j’ai imaginé des pâtisseries qui conjuguent gourmandise, saveurs et produits de nos régions. C’est une invitation au voyage, un moment de douceur offert aux passagers », explique Claire Heitzler.

Cette nouvelle carte intervient alors qu’Air France déploie sa nouvelle suite La Première sur une partie de sa flotte de Boeing 777-300ER. La liaison Paris-Charles de Gaulle–New York-JFK a notamment accueilli le premier vol commercial de cette cabine rénovée en avril 2025, avant une montée en puissance progressive sur le réseau.

En Business, une carte pensée pour les deux services

La cabine Business long-courrier accueille trois signatures. Mathieu Viannay, chef doublement étoilé de La Mère Brazier, à Lyon, signe pour la première fois les plats chauds proposés lors des premier et second services. Plus de vingt recettes doivent être introduites au fil des rotations de menu. Le chef propose notamment un crémeux de frégola à la mimolette et à la roquette, avec butternut rôtie et citron confit, ainsi qu’un saumon laqué servi avec beurre de soja citronné et lentilles vertes du Puy. « Pour Air France, j’ai imaginé des plats qui conjuguent produits de nos régions françaises et surtout gourmandise ! », souligne Mathieu Viannay.

François Adamski, Corporate Chef de Servair, Meilleur Ouvrier de France et lauréat du Bocuse d’Or, prend quant à lui en charge les petits-déjeuners et brunchs. Cette offre matinale concerne les vols au départ de Paris dont le décollage est programmé au plus tard à 9 h 30. Parmi les plats annoncés figurent des œufs farcis Chimay, avec béchamel truffonade et polenta aux champignons, ou une galette de sarrasin garnie de champignons et d’épinards, accompagnée d’une sauce Mornay et de noisettes torréfiées. « Pour ces nouvelles recettes, je me suis inspiré des codes traditionnels de la gastronomie française, tout en apportant une touche de modernité. Pour moi, les choses les plus simples sont parfois les meilleures », indique François Adamski.

Nina Métayer, sacrée meilleure pâtissière du monde en 2023 par The World’s 50 Best Restaurants, poursuit de son côté son partenariat avec Air France pour les desserts de la cabine Business. Ses nouveautés comprennent l’Instant alliance poire-chocolat et la Parenthèse mandarine-amande. « J’ai pensé ces desserts comme de véritables compagnons de voyage. J’ai travaillé sur des pâtisseries puissantes et légères afin de faire vivre une escapade sensorielle aux voyageurs, tout en évoquant le charme des destinations lointaines », confie Nina Métayer.

En Premium, Frédéric Simonin signe les plats chauds

La cabine Premium bénéficie également d’une carte renouvelée au départ de Paris. Air France en confie la création à Frédéric Simonin, chef de son restaurant parisien étoilé Michelin. Les passagers pourront choisir entre deux plats chauds régulièrement renouvelés, dont une option végétarienne. Les premières recettes citées par la compagnie comprennent des conchiglie aux girolles et à la crème d’herbes, ou encore des crevettes à la tomate, accompagnées d’un riz à l’encre de seiche. « Pour les clients d’Air France, j’ai choisi avec soin des produits afin de les sublimer avec délicatesse et justesse, et ainsi offrir un moment privilégié à chacun », précise Frédéric Simonin, selon Air France.

L’enjeu est stratégique pour Air France : la Premium Economy, positionnée entre l’Economy et la Business, est devenue un produit important sur les long-courriers, notamment pour une clientèle loisirs disposée à payer davantage pour l’espace et les services, mais aussi pour les voyageurs d’affaires dont les politiques de déplacement ne permettent plus systématiquement la Business.

Produits français et lutte contre le gaspillage

Air France assure que les six chefs ont travaillé avec Servair en privilégiant des produits frais, locaux et de saison. La compagnie met en avant l’utilisation exclusive de viandes, volailles, produits laitiers et œufs d’origine française. Les poissons doivent provenir de la pêche française ou de filières durables, tandis qu’une option végétarienne est annoncée de manière systématique.

En Business, les clients peuvent aussi présélectionner leur plat chaud jusqu’à 24 heures avant le départ. Au-delà de la garantie de recevoir le choix souhaité, Air France présente ce dispositif comme un levier de réduction du gaspillage alimentaire, en permettant d’ajuster plus finement le chargement des repas à bord.

La restauration constitue un marqueur particulièrement sensible dans le segment premium, où Air France affronte les compagnies du Golfe, les transporteurs asiatiques et plusieurs concurrentes européennes sur les liaisons intercontinentales. Les menus de chefs ne changent pas les contraintes de la cuisine embarquée, mais ils permettent à la compagnie de prolonger en vol un positionnement fondé sur la gastronomie, le service et la différenciation française.

Air France met six grands noms de la gastronomie aux commandes de ses menus long-courriers 1 Air Journal

©Air France/La Premiere-Arnaud Lallement