Airbus a suspendu son projet de limiter le télétravail à un jour par semaine pour une partie de ses salariés. La mesure, qui devait entrer en vigueur le 1er septembre, a été mise en pause après une forte mobilisation en Espagne et des rassemblements en France.
La direction d’Airbus voulait imposer quatre jours de présence sur site par semaine à ses salariés des fonctions administratives, d’ingénierie, d’informatique et de support. Elle justifiait cette orientation par le besoin de renforcer le travail collectif, le partage des connaissances et la rapidité des décisions. À ce jour, la règle applicable reste, dans les faits, une moyenne de deux jours de télétravail par semaine pour les salariés éligibles à temps plein. Elle ne s’applique donc pas de manière identique aux métiers de production, d’assemblage, de maintenance ou à d’autres fonctions devant être exercées sur site.
Le projet de réduction du télétravail a déclenché une contestation sociale, particulièrement sur les sites en Espagne. L’avionneur européen y emploie environ 14 000 personnes. Des syndicats ont organisé plusieurs grèves tournantes depuis juillet pour dénoncer la réduction du télétravail et réclamer le maintien d’une organisation hybride. La mobilisation a réuni près de 40% des effectifs espagnols. Les arrêts de travail n’ont pas affecté la production à ce stade, mais ils ont poussé la direction à revoir son calendrier.

Deux jours de télétravail maintenus
D’après les informations de Reuters, Airbus renonce à appliquer dès septembre la limitation à un seul jour de télétravail par semaine. Les salariés concernés devraient conserver, à ce stade, une moyenne de deux jours de travail à distance hebdomadaires. La direction a confirmé vouloir encourager une présence plus importante sur les sites, tout en indiquant que l’évolution serait déployée progressivement, après discussions avec les salariés. Le projet initial n’est donc pas nécessairement abandonné sur le long terme.

Les syndicats français restent vigilants
En France, sur les sites de production de Toulouse et Labège, des salariés s’étaient également rassemblés en juin contre le projet. Les syndicats demandaient le maintien de deux jours de télétravail par semaine et rappelaient l’existence d’un accord d’entreprise signé en 2024, prévu jusqu’en 2028.
Les représentants du personnel accueillent la suspension avec prudence. Ils attendent de connaître les règles qui seront appliquées à partir de septembre et craignent qu’une réduction du télétravail soit introduite progressivement. La mobilisation espagnole a donc permis de repousser l’application immédiate de la mesure. Mais le désaccord entre Airbus et les syndicats sur l’équilibre entre présence sur site et télétravail reste ouvert.

Conflit social : Airbus suspend la réduction du télétravail après les grèves soutenues en Espagne 1 Air Journal

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