Placée sous la protection du Chapitre 11 américain depuis le 14 septembre, airBaltic a obtenu du tribunal des faillites du district sud de New York l’autorisation d’utiliser immédiatement 140 millions d’euros d’un financement total de 350 millions d’euros. La compagnie lettone assure que ses vols, ses réservations, ses remboursements et le paiement de ses salariés se poursuivent normalement, tandis qu’elle ouvre une profonde restructuration financière censée aboutir vers juin 2027.
AirBaltic franchit une première étape décisive dans sa réorganisation financière. La compagnie nationale lettone a annoncé, le 16 septembre, avoir reçu l’autorisation du tribunal américain des faillites du district sud de New York d’accéder à une première tranche de 140 millions d’euros, soit environ 162 millions de dollars. Cette somme est prélevée sur une facilité de financement de 350 millions d’euros — environ 405 millions de dollars — mise en place dans le cadre de la procédure de Chapitre 11 engagée volontairement par la compagnie le 14 septembre.
Ce financement dit DIP (debtor-in-possession), ou financement du débiteur en possession, est conçu pour fournir la trésorerie nécessaire à une entreprise qui poursuit son activité tout en négociant la restructuration de son endettement. Dans un Chapter 11, la société reste généralement aux commandes de ses actifs et de son exploitation, mais sous le contrôle de la juridiction américaine et avec des obligations renforcées envers ses créanciers.
Les vols, billets et remboursements maintenus
Pour les passagers, airBaltic insiste sur une continuité d’exploitation. Les décisions dites de « premier jour » prises par le tribunal permettent à la compagnie de maintenir son programme de vols, de poursuivre son activité commerciale et de régler les dépenses courantes indispensables à son fonctionnement.
La compagnie est notamment autorisée à maintenir son programme de vols sans interruption ; à verser les salaires, traitements et avantages sociaux de ses employés ; à honorer les billets, réservations, bons d’achat, remboursements et points de fidélité existants ; à régler certaines obligations vis-à-vis des fournisseurs essentiels, agences de voyages et partenaires de distribution ; et enfin à payer, dans les conditions normales, les prestations et fournitures reçues depuis le 14 septembre, ainsi que les taxes, primes d’assurance et redevances réglementaires courantes.
« Il n’y a aucun impact pour les passagers et les opérations se poursuivent normalement », a déclaré airBaltic. La compagnie ajoute que « les remboursements, bons d’achat, cartes-cadeaux et avoirs liés aux bagages ou aux réclamations de service continueront d’être traités conformément aux politiques existantes » et que les voyageurs ayant un départ programmé « n’ont aucune démarche à effectuer ».
Un financement de 350 millions d’euros pour traverser la restructuration
La ligne de financement de 350 millions d’euros a été arrangée par Strategic Value Partners. Barclays, Hayfin Capital Management, Morgan Stanley, Oaktree Capital Management et Strategic Value Partners figurent parmi les financeurs du dispositif. Selon les informations publiées dans la presse lettone, cette dette de restructuration serait rémunérée à un taux de SOFR + 8%, soit environ 12% aux conditions actuelles. Un coût élevé, qui reflète le risque associé à un financement accordé dans un contexte de procédure collective, mais qui offre à la compagnie le temps et les liquidités nécessaires pour poursuivre ses opérations.
Le dirigeant d’airBaltic, Erno Hildén, a qualifié la décision du tribunal de « première étape importante de notre réorganisation financière ». « L’approbation de notre financement DIP apporte une stabilité financière supplémentaire alors que nous travaillons à bâtir une airBaltic plus forte et plus durable », a-t-il déclaré. « Pour nos passagers, nos employés et nos partenaires, notre priorité ne change pas : nous continuons de voler et de servir nos clients normalement. »
Un Chapter 11 pour renégocier dette, flotte et coûts
La procédure américaine vise à donner à airBaltic une période de protection et de négociation avec ses créanciers. Elle devrait notamment concerner les détenteurs d’obligations, les bailleurs d’avions et les autres partenaires financiers de la compagnie. À l’issue de ce processus, un plan de réorganisation devra être soumis aux créanciers concernés puis validé par le tribunal.
La procédure intervient alors que la compagnie, majoritairement détenue par l’État letton, cherche à alléger sa dette et à stabiliser son modèle économique. Le groupe prévoit d’aboutir vers juin 2027, avec une flotte réduite et une structure de coûts abaissée dans son plan de long terme.

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