Le projet de contrat de régulation économique conclu entre l’État et Groupe ADP pour la période 2027-2034 ravive le débat sur la croissance de Paris-Charles-de-Gaulle. Alors que l’aéroport doit renforcer ses capacités sans construire de nouveau terminal, Transport & Environment, le Réseau Action Climat et Rester sur Terre jugent cette trajectoire incompatible avec les objectifs climatiques français et réclament une stratégie touristique davantage tournée vers la France et l’Europe.
CDG : un programme de 8,2 milliards d’euros jusqu’en 2034
Roissy-Charles-de-Gaulle n’aura pas de Terminal 4, abandonné par le gouvernement en 2021, mais il se prépare néanmoins à une profonde transformation. L’État et Groupe ADP ont annoncé, le 29 juillet, un accord sur un projet de contrat de régulation économique (CRE) couvrant 2027-2034. Il prévoit 8,2 milliards d’euros d’investissements régulés, en euros constants de 2025, pour les aéroports parisiens. Le texte doit encore recevoir l’avis conforme de l’Autorité de régulation des transports (ART) avant une signature envisagée d’ici à la fin de l’année, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
Pour Groupe ADP, l’objectif est de renforcer la compétitivité du système aéroportuaire parisien, en particulier celle du hub de Roissy. Philippe Pascal, PDG du groupe, y voit « le programme d’investissements le plus ambitieux jamais entrepris à Paris », destiné à soutenir « la compétitivité des aéroports parisiens » et l’attractivité de la France.
Le projet ne repose pas sur la construction d’une nouvelle aérogare géante, mais sur une montée en capacité progressive : nouvelles portes d’embarquement, modernisation des installations existantes, amélioration des parcours passagers, des contrôles et de l’intermodalité. À l’horizon 2035, ADP vise environ 88 millions de passagers annuels à CDG, avec une croissance moyenne anticipée de 1,9% par an.
Des capacités accrues pour les gros-porteurs
Selon les éléments avancés par les associations, la première phase du programme pourrait permettre d’accueillir 14 millions de passagers supplémentaires par an dès 2035. À plus long terme, le réaménagement envisagé jusqu’en 2050 conduirait à une hausse de 19% des mouvements d’avions et de 38% du trafic passagers par rapport à 2019, soit environ 29 millions de voyageurs supplémentaires.
La recomposition des postes avions est au cœur du débat. Le projet privilégierait les positions de contact adaptées aux appareils moyens et gros-porteurs, tout en réduisant certaines capacités dédiées aux petits-porteurs. Une évolution qui répond à la logique de hub d’Air France et de ses partenaires, mais qui, pour les ONG, revient aussi à favoriser le développement de l’offre long-courrier.
Les ONG contestent la cohérence climatique
Transport & Environment (T&E), le Réseau Action Climat (RAC) et Rester sur Terre demandent à l’État de renoncer à cette extension de capacité. « Arrêter ce projet, c’est possible », a déclaré Jérôme du Boucher, responsable aviation de T&E France. « Le gouvernement a annulé, pour des raisons environnementales, le précédent projet de l’aéroport de Roissy, qui était le projet du Terminal 4. Ces raisons environnementales n’ont pas disparu. »
Dans son analyse, T&E estime que les émissions associées à l’activité de Paris-CDG pourraient dépasser 6 millions de tonnes de CO2 par an en 2050 dans le scénario d’extension, soit 28% de plus qu’en l’absence du projet. L’organisation rapproche ce chiffre du budget indicatif de la future Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), qui prévoit 3 millions de tonnes de CO2 pour les trajets internationaux en 2050, dont environ 2,4 millions attribuables à l’aérien. Les associations soulignent également que le Haut Conseil pour le climat a alerté sur les besoins considérables en biomasse nécessaires aux carburants d’aviation durables, plaidant selon elles pour une stabilisation du secteur plutôt que pour de nouvelles capacités aéroportuaires.
Tourisme : privilégier la France et l’Europe
Le RAC déplace enfin le débat sur le terrain touristique. D’après les données qu’il cite, 62% du trafic aérien français correspondrait à des résidents français partant à l’étranger, contre 38% liés à l’arrivée de visiteurs étrangers. Entre 2024 et 2025, le trafic « émetteur » aurait progressé de 4,1%, contre 3% pour le trafic récepteur.
Les ONG en concluent qu’augmenter la capacité aérienne ne garantit pas mécaniquement un meilleur bilan touristique pour la France. Elles appellent à développer davantage le tourisme domestique, à favoriser les clientèles européennes proches et à renforcer les liaisons ferroviaires internationales. Leur revendication dépasse ainsi Roissy : elle pose la question du modèle de croissance assigné au premier aéroport français, qui concentre près de 40% du trafic aérien national.

Kyle a commenté :
15 septembre 2026 - 9 h 28 min
De toute manière ils detestent l’aérien,
A part des vols vers Cuba, la Corée du Nord, la Chine et l’Iran, rien n’a de grâce à leurs yeux.
Par contre quand Greta Thumberg voyage avion avec ses amis au retour de leur croisière sur leur yatch, rien à redire.
Les mêmes qui voudraient un couvre feu à CDG la nuit.
Avec toutes les consequences pour l’economie (plus qu’en berne) les finances publiques (en état catastrophiques) et l’emploi (il semble que nous sommes assez loin du plein emploi…).
Charlie Golf a commenté :
15 septembre 2026 - 12 h 15 min
Ridicule, simpliste et puéril !
Les enjeux environnementaux, climatiques nous impactent tous.
Le transport aérien doit prendre sa part.
Localement la santé de plus d’ 1 millions de Franciliens est impactées. ( vous n’êtes sans doute pas concerné!)
L’état par ailleurs ne tient pas ses engagements sur ce dossier.
L’arrêt des vols de nuits serait un 1er pas… comme cela se pratique en Allemagne , et à Orly , etc, …
… mais le lobby du fret aérien est puissant. Les exigences des consommateurs qui exigent de recevoir leur colis chinois en 48h, ne sont plus en phase avec les enjeux climatiques qui sans compter sur l’IA, mettent en jeu la survie meme de l’Homme sur la planète….
lomnava a commenté :
15 septembre 2026 - 13 h 24 min
L’aérien n’a pas attendu la crise climatique pour faire des efforts. Décennie après décennie, les nouveaux avions consomment moins que les générations précédentes. Que doit-il encore faire pour convaincre les écologistes qu’il agit depuis longtemps ?
Faut arrêter de prendre les gens pour des gogos a commenté :
15 septembre 2026 - 19 h 35 min
La flotte mondiale d’avions commerciaux croît beaucoup plus vite que les réductions de consommation d’une génération d’avions à une autre. Faut arrêter la démagogie et sortir les vrais arguments.
Lavé du cerveau a commenté :
15 septembre 2026 - 13 h 46 min
Pauvre France ! Avec un tel récit vous montrez que le lavage du cerveau fonctionne vraiment !
Arrêtez de respirez! Ça fera du co2 en moins et ça sera votre contribution à l’écologie !
Mamadou DIALLO a commenté :
16 septembre 2026 - 12 h 23 min
Vous portez bien votre nom, monsieur Lavé du Cerveau.
Bubu a commenté :
15 septembre 2026 - 14 h 40 min
En dehors du fait que je suis contre cette extension de CDG qui est un affront à l’aménagement du territoire et donc une attaque contre les autres grands aéroports hexagonaux, il n’est pas sot d’avoir des mots contre ces individus qui crient haro sur l’aérien,sous prétexte que l’avion ça entraîne de la pollution et que ça participe au réchauffement climatique.Ces militants pour un monde sain font totalement l’impasse sur les progrès accomplis par les constructeurs et les motoristes ainsi que par les fournisseurs de carburants. On va vers des avions qui n’emettront qu’une quantité négligeable de CO2.Voire plus de CO2 du tout,grâce au eFuel.
Alphonse a commenté :
15 septembre 2026 - 23 h 02 min
C’est normal que l’État que ne tienne pas ses engagements. L’Etat n’a plus d’ARGENT. Si il en a sauf cet argent sert non pas à rembourser la dette mais les intérêts de celle ci.. tout ce qui rentre va au remboursement des intérêts sinon on ne nous prêtera plus.
JePense a commenté :
16 septembre 2026 - 4 h 35 min
CDG a été construit dans les champs LOIN de la population (bien qu’il y ait quelques villages aux alentours).
Les gens se sont installés aux abords de l’aéroport en connaissance de cause. Il ne doit y avoir aucune adaptation de l’aéroport qui leur paye déjà la rénovation phonique. La plupart ont profité d’un loyer réduit ou d une achat à prix reduit. Ils profitent également, au travers de leurs communautés de communes, de toutes les taxes, payer par ce même aéroport.
Dans ce pays, il est grand temps de remettre l’église au centre du village, car il y en a marre de toutes ces aberrations et de l’escrologie.
Mamadou DIALLO a commenté :
16 septembre 2026 - 12 h 26 min
Chaque fois que je vois des mots comme “escrologie” ou “escololo”dans un post, je sais qu’il est inutile d’aller plus loin dans la lecture et que l’auteur est une personne intellectuellement déficiente.
Dugland a commenté :
16 septembre 2026 - 13 h 25 min
Ce qui est dommage, c’est que ça vient à la fin de son texte, on aurait pu en économiser la lecture..
fkego a commenté :
15 septembre 2026 - 15 h 34 min
L’aéroport de « PARIS-ROISSY-CDG » n’existe pas.
L’aéroport se nomme Paris-Charles de Gaulle.
Le nom de Roissy, village insignifiant ou une partie des installations sont située n’a rien à faire dans l’appellation officielle. L’utilisation de « Roissy » ne fait que semer la confusion dans l’esprit des passagers internationaux.
yoyoa380 a commenté :
15 septembre 2026 - 16 h 16 min
Les ONG oublient aussi que derrière la France, il y aussi les voyageurs venant de la Corse et des départements et collectivités d’outre-mer qui, du fait de leur insularité, n’ont pas d’autres moyens que l’avion.
Et puis l’écologie est faite de trop d’injonctions contradictoires.
On veut réduire l’aérien mais on veut s’opposer aux nouvelles LGV comme Bordeaux-Toulouse…
Tant qu’on sera dans cette posture qui consiste à vouloir tout et son contraire, je n’adhèrerais à ces positions
beurk a commenté :
16 septembre 2026 - 10 h 36 min
L’erreur a été, une fois de plus, de céder à la pression démente des écologistes en abandonnant sans raison la création du T4 qui aurait lancé CDG dans l’avenir pour les 35 prochaines années. ADP a donc décidé, lâchement, d’essayer de pousser les murs en parlant de “densification”, doux euphémisme pour dire qu’on rajoute des bouts de terminaux à des bouts de terminaux et qu’on essaie tant bien que mal d’améliorer l’existant. C’est un très mauvais choix, car il s’agit là d’un cautère sur une jambe de bois, car on ne fait pas du fonctionnel et du pratique à partir d’infrastructures ingérables, et ADP ne s’est pas pour autant allié les écologistes qui continue et continueront toujours à tirer à boulets rouges sur la moindre volonté de croissance….
Michel Sallat a commenté :
16 septembre 2026 - 23 h 08 min
Le dessous des cartes est à Schipol et ses 6 pistes le second hub d’Air France qui s’alimentent mutuellement par 14 vols en naverttes jour et nuit .Schipol a reduit la voilure à cause du bruit “vendu” aux 55 communes ,les taxes sur les mouvements étant reparties en % de la nuisance subie au point que 7000 maisons acquises en viager par l’aeroport sont detruites au decès des credit rentiers .Chez nous il y aurait 170.000 maisons invendables ni même insonorisées au point que l’Etat a siphonné 42 M € des caisses de la TNSA faute de demandes d’isolation .