Le cofondateur d’AirAsia, Tony Fernandes, a jugé la restauration de Singapore Airlines décevante, estimant que la marque Santan de son groupe faisait mieux. Une sortie qui a immédiatement suscité une pluie de réactions : si certains saluent les plats vendus à bord d’AirAsia, beaucoup rappellent que la ponctualité, les annulations et la régularité restent autrement plus déterminantes pour les passagers.
Le débat est parti d’un message publié par Tony Fernandes après un voyage avec Singapore Airlines. Le dirigeant malaisien, habitué des prises de parole décalées, y reconnaît la qualité de l’expérience générale proposée par la compagnie singapourienne, tout en ciblant précisément le contenu de son plateau-repas. « Je viens de voler avec Singapore Airlines, je n’ai pas pu prendre AirAsia. Le service était excellent, l’internet incroyable, la nourriture médiocre. Santan est bien, bien meilleur, et l’équipage l’a reconnu. Super vol, mais nous ne sommes pas loin derrière », a écrit le cofondateur d’AirAsia, en référence à la marque de restauration et de produits alimentaires développée par le groupe. Le message était accompagné d’une photo de nouilles au bœuf et légumes servies à bord, ainsi que d’un cliché de Tony Fernandes dans la cabine de Singapore Airlines.
Les internautes renvoient AirAsia à sa régularité opérationnelle
La réponse ne s’est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont largement déplacé le débat : plutôt que de comparer les recettes, nombre d’entre eux ont mis en avant la fiabilité du programme de vols, la ponctualité et la gestion des perturbations. « La nourriture de Santan est bonne, mais les retards ? On est encore loin de SQ », résume l’un des commentaires. D’autres messages ont été plus sévères, rappelant que le choix d’une compagnie dépend d’abord de sa capacité à transporter les voyageurs à destination comme prévu. « On prend l’avion, on ne va pas au restaurant pour comparer la qualité des plats. Ce qui importe aux passagers, c’est d’arriver à destination à l’heure et d’avoir un programme de vols fiable », estime ainsi un internaute cité par le quotidien hongkongais.
La distinction est importante dans un marché asiatique très concurrentiel. AirAsia s’est imposée depuis plus de vingt ans sur un modèle low cost à très grande échelle, fondé sur des tarifs d’appel, un maillage régional dense et des revenus annexes — bagages, sièges, restauration, services de voyage. Singapore Airlines évolue à l’inverse sur le segment du service complet, avec une promesse de qualité qui couvre l’offre cabine, les correspondances via Singapour-Changi, l’équipage, le divertissement, la connectivité et la restauration.
Singapore Airlines, une référence aussi en classe économique
La comparaison est d’autant plus délicate pour AirAsia que Singapore Airlines vient d’être désignée meilleure compagnie aérienne au monde 2026 par Skytrax. La compagnie a également remporté les prix de meilleure compagnie d’Asie, de meilleure classe économique et de meilleure restauration à bord en classe économique. Il s’agit de la sixième fois que Singapore Airlines reçoit la distinction principale de Skytrax.
Quelques jours avant la polémique, Singapore Airlines avait par ailleurs annoncé une refonte de son offre culinaire sous l’appellation SIA Chefs’ Selection. Plus de 100 entrées, plats principaux et desserts nouveaux ou revisités doivent être progressivement introduits dans toutes les classes de voyage, de l’Economy Class aux Suites.
Le repas, vitrine utile mais critère secondaire
La restauration n’est pas un détail dans l’industrie aérienne. Pour une compagnie traditionnelle, elle participe fortement à la différenciation du produit, surtout sur les vols long-courriers et dans les cabines premium. Chez les low cost, elle constitue aussi un relais de revenus et un moyen de valoriser l’expérience passager sans remettre en cause le principe du billet à bas coût.
Mais la séquence rappelle une hiérarchie souvent exprimée par les voyageurs : un bon repas ne compense pas un retard prolongé, une annulation ou une information insuffisante lors d’une perturbation. Les données de Cirium pour août montrent d’ailleurs Singapore Airlines en tête des transporteurs suivis en Asie du Sud-Est en matière de ponctualité, tandis qu’AirAsia affichait une ponctualité en amélioration, à 84,88%.
Tony Fernandes n’en est pas à sa première séquence virale. Longtemps incarnation très visible de la marque AirAsia, il a notamment servi des passagers en uniforme à la suite d’un pari avec Richard Branson. Mais son message souligne aussi l’écart qui sépare deux promesses aériennes : d’un côté, la démocratisation du voyage à bas prix ; de l’autre, une expérience globale dont le plateau-repas n’est qu’un des éléments.

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