Le copilote du vol Flydubai FZ1073, reliant Dubaï à Tel-Aviv le 30 septembre, est soupçonné d’avoir voulu faire s’écraser le Boeing 737 MAX sur l’aéroport Ben Gourion ou sur un bâtiment de Tel-Aviv. L’enquête, pilotée par les Émirats arabes unis, a déjà établi qu’il avait agressé le commandant de bord à la hache de secours du cockpit et tenté de prendre les commandes. Les mobiles, les éventuels soutiens et l’ampleur de la préparation restent toutefois à établir officiellement.
Le scénario qui se dessine autour du vol Flydubai FZ1073 est celui d’un acte préparé, dont l’issue aurait pu être catastrophique. Mercredi 30 septembre, le Boeing 737 MAX de la compagnie émiratie avait décollé de Dubaï à destination de Tel-Aviv avec 182 personnes à bord, dont huit membres d’équipage. En vol, le copilote a agressé le commandant de bord, l’Indien Smit Machchhar, puis tenté de prendre le contrôle de l’appareil. L’avion a finalement été dérouté vers Tabuk, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite. Le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi, a qualifié les faits de tentative d’« acte terroriste ». L’agence officielle WAM précise que le copilote a commencé à exécuter son plan pendant le vol en attaquant le commandant « à l’intérieur du poste de pilotage à l’aide d’une hache de secours », avant de tenter de s’emparer des commandes.
Un projet présumé contre Ben Gourion ou Tel-Aviv
Selon des sources israéliennes citées par plusieurs médias, dont The Times of Israel, le suspect aurait expliqué aux enquêteurs qu’il envisageait, après avoir neutralisé le commandant, de poursuivre le vol de façon apparemment normale jusqu’à l’entrée dans l’espace aérien israélien. Il aurait alors cherché à obtenir les autorisations d’approche et d’atterrissage à l’aéroport Ben Gourion, avant de provoquer l’écrasement de l’appareil au dernier moment, sur une infrastructure aéroportuaire, un avion au sol ou un immeuble de Tel-Aviv. Ni les autorités émiraties ni les services israéliens n’ont encore publié de compte rendu détaillé confirmant le choix exact d’une cible.
Le récit publié dans la presse israélienne évoque un mode opératoire conçu pour retarder la détection de l’attaque : conserver une trajectoire et des échanges radio ordinaires aussi longtemps que possible, puis passer à l’acte lors de l’approche. Une telle méthode aurait visé à exploiter la confiance accordée à un équipage professionnel, détenteur des codes, des procédures et de l’accès aux commandes d’un avion de ligne.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que le copilote avait été soumis à un « endoctrinement islamiste radical ». Il a salué l’action du commandant, des passagers et des membres d’équipage, estimant qu’ils avaient empêché « une catastrophe du 11-Septembre ». Cette appréciation politique intervient alors que la dimension terroriste est formellement étudiée par les enquêteurs émiratis.
Une hache de secours, et non un couteau
Les premiers récits avaient fait état d’une agression à l’arme blanche. Les autorités des Émirats arabes unis ont ensuite levé l’ambiguïté : l’arme utilisée était une “crash axe”, une hache d’intervention d’urgence habituellement conservée dans le poste de pilotage. Cet équipement réglementaire n’est pas destiné à la défense personnelle. Il sert notamment à ouvrir des panneaux, accéder à des zones techniques ou dégager une issue lors d’un incendie ou après un accident. Une telle hache est typiquement maintenue dans le cockpit pour répondre à des situations d’urgence, y compris après un impact.
La présence de cet outil souligne une vulnérabilité particulière : les mesures de sûreté instaurées après les attentats du 11 septembre 2001 ont considérablement renforcé les portes de cockpit contre les intrusions extérieures, mais elles ne peuvent, par définition, empêcher qu’un membre habilité de l’équipage utilise les équipements auxquels il a légalement accès. Selon les éléments recueillis, le commandant, grièvement blessé, a néanmoins réussi à déverrouiller la porte du cockpit. Des passagers et des membres d’équipage ont alors pu intervenir, maîtriser le copilote et stabiliser la situation. Des pilotes voyageant hors service se trouvaient également à bord et ont contribué à ramener l’avion au sol en sécurité à Tabuk.
Les données de suivi de Flightradar24 indiquent que l’appareil a perdu environ 16 625 pieds, soit près de 5 070 mètres, en un peu plus de trente secondes au-dessus de l’Arabie saoudite. La violence de cette descente explique l’ampleur du danger couru par les occupants du 737 MAX.
Un parcours professionnel sous examen
Le copilote a été identifié comme étant Hamam al-Hammami, de nationalité omanaise. Son parcours professionnel est désormais au centre de l’enquête. Il aurait notamment été écarté des fonctions de vol chez Oman Air en raison d’inquiétudes liées à des opinions extrémistes, puis affecté à un poste administratif. Il aurait ensuite été recruté par Flydubai après avoir passé des contrôles de sûreté standard. Les sources interrogées par l’agence Associated Press soulignent que ces vérifications semblent avoir principalement porté sur l’existence d’éventuelles condamnations pénales, sans enquête approfondie sur un possible processus de radicalisation. Royal Air Maroc a par ailleurs confirmé qu’il avait suivi, en 2025, une formation théorique de trois mois dans le cadre d’un processus de pré-recrutement, sans être finalement retenu par la compagnie.
D’après les informations relayées par la presse israélienne, le copilote aurait effectué plusieurs rotations vers Tel-Aviv au cours des derniers mois, ce qui lui aurait permis de repérer les lieux. Il aurait aussi envisagé une première action en juillet, avant d’y renoncer. The Times of Israel rapporte notamment qu’il aurait déclaré : « J’ai cherché quelle compagnie aérienne vole vers Tel-Aviv. C’est pourquoi j’ai choisi Flydubai. Je l’avais prévu avant même d’être accepté. » L’Australie examine également d’éventuels liens avec le pays, où l’intéressé aurait étudié entre 2015 et 2017, selon la BBC.
Les failles de sûreté interrogées
L’affaire pose plusieurs questions lourdes pour Flydubai, les autorités émiraties et les dispositifs de contrôle associés aux vols internationaux vers Israël. Israël et Oman n’entretenant pas de relations diplomatiques formelles, les autorités israéliennes indiquent que des accords visent à empêcher des pilotes issus de pays sans relations diplomatiques avec l’État hébreu d’opérer des vols vers Tel-Aviv. La présence du copilote omanais sur cette rotation fait donc l’objet d’interrogations.
Les Émirats arabes unis, où Flydubai est basée et dont le gouvernement de Dubaï est propriétaire de la compagnie, conduisent l’enquête. Celle-ci doit déterminer les circonstances précises de l’agression, le degré de préméditation, les motivations idéologiques éventuelles, ainsi que d’éventuels contacts ou soutiens. Le procureur général a annoncé que les résultats définitifs seraient rendus publics à l’issue des procédures et des expertises, y compris l’analyse des preuves matérielles et numériques.
À ce stade, les éléments disponibles pointent plutôt vers l’hypothèse d’un auteur isolé. Des sources citées par AP indiquent qu’aucun lien avec une organisation armée n’avait été établi à ce stade des investigations. Cette absence de preuve de complicité ne clôt toutefois pas la question : les autorités examinent encore les relations du suspect, ses déplacements, ses communications et la chronologie de son recrutement.

NDR a commenté :
6 octobre 2026 - 13 h 01 min
il voulait rejoindre au plus ses 60 milles vierges d’après ce qu’il croyait croire (..) et ben c’est raté il n’aurait que des moustachus autour..