En marge du Singapore Airshow, Boeing a annoncé son plus important contrat d’échange de trains d’atterrissage avec le groupe Singapore Airlines, tout en célébrant la 100e livraison d’un train d’atterrissage de 787 en échange auprès d’All Nippon Airways (ANA). Ces deux accords illustrent la montée en puissance des services après‑vente du constructeur américain en Asie‑Pacifique, sur fond de montée en cadence des programmes 737 MAX et 787.

Un méga-contrat avec le groupe Singapore Airlines

À Singapour, Boeing a annoncé la signature du plus grand contrat d’échange de trains d’atterrissage de son histoire avec le groupe Singapore Airlines (SIA), qui regroupe Singapore Airlines et sa filiale low cost Scoot. L’accord couvre plus de 75 appareils des familles 737 MAX et 787 opérés par le groupe, essentiellement sur le réseau régional et moyen‑courrier asiatique.  Le programme d’échange de trains d’atterrissage (Landing Gear Exchange, LGE) permet aux compagnies de remplacer un train complet par un ensemble déjà révisé, fourni par Boeing, en l’échange du train démonté qui repart en atelier pour overhaul. Le dispositif offre une « flexibilité dans la planification des visites de trains, optimisant la durée de vie des équipements tout en minimisant l’immobilisation des avions », souligne Boeing.

« Notre relation avec le groupe SIA est fondée sur la fourniture de solutions fiables », explique William Ampofo, senior vice president, Parts & Distribution and Supply Chain, Boeing Global Services. « En combinant notre inventaire mondial et nos capacités de distribution rapide avec la planification de maintenance du transporteur, cet accord permet de livrer les pièces plus vite et au plus près des opérations – réduisant les immobilisations et soutenant un service régulier et fiable. »

Optimiser la disponibilité des 737 MAX et 787 de SIA

Le groupe Singapore Airlines, engagé dans un profond renouvellement de sa flotte, s’appuie fortement sur ses 737-8 MAX et 787-10 pour ses liaisons régionales et moyen‑courrier. La compagnie a progressivement retiré ses derniers 737‑800 NG, remplacés par une flotte de 737 MAX configurés avec une cabine premium, incluant des sièges-lits en classe affaires, afin de se positionner sur un segment régional haut de gamme. La la compagnie prévoit d’atteindre à court terme près de 29 737‑8 MAX, tandis que sa flotte de 787‑10 doit dépasser la vingtaine d’exemplaires, avec un total commandé de 31 appareils. Sur ce socle, la réduction des immobilisations pour maintenance lourde des trains devient un enjeu clé de la disponibilité opérationnelle, en particulier sur des réseaux très denses en Asie du Sud‑Est.

ANA, première opératrice de 787 et cliente historique du programme

En parallèle de l’annonce avec Singapore Airlines, Boeing a indiqué avoir livré son 100e train d’atterrissage de 787 dans le cadre de son programme d’échange, une livraison marquante reçue par All Nippon Airways. ANA, basée à Tokyo, est le plus grand opérateur mondial de 787, avec un parc d’environ 80 à 90 appareils toutes versions confondues, et vise à porter ce total à environ 120 exemplaires dans la prochaine décennie.

« Le programme d’échange des trains d’atterrissage a été déterminant pour optimiser nos opérations de maintenance et garantir les plus hauts niveaux de sécurité pendant les voyages de nos passagers », souligne Yukifumi Ueda, vice president and general manager, Engine, Component & Supply Chain, ANA. « Cette dernière livraison illustre notre solide partenariat avec Boeing et notre engagement à fournir un service exceptionnel et fluide à nos clients. »

ANA a déjà installé des trains d’atterrissage issus du programme d’échange sur 30 de ses 787, ce qui en fait un client de référence de Boeing sur ce segment. Pour soutenir cette demande, « nous investissons et développons également notre capacité de pool d’échange afin de répondre aux besoins croissants de nos clients alors qu’ils entament le cycle de grande visite de leurs 787‑9 », précise William Ampofo.

Un pilier stratégique du Boeing Global Services

Lancé il y a une vingtaine d’années, le programme LGE  de Boeing est devenu la solution privilégiée pour de nombreux opérateurs de 787 dans le monde, avec plus de 480 appareils couverts par des contrats d’échange auprès de 34 compagnies, dont ANA et plusieurs clients non dévoilés pour un total récent de 65 échanges supplémentaires. Le programme LGE permet aux compagnies de ne pas immobiliser de coûteux trains d’atterrissage en stock ni de gérer elles‑mêmes des processus de révision complexes et réglementés. En pratique, l’échange se traduit par un temps d’arrêt réduit lors des grandes visites de maintenance, avec un impact direct sur la ponctualité, la robustesse du programme de vols et, in fine, la rentabilité des lignes.

Dans un contexte où la chaîne d’approvisionnement aéronautique demeure sous tension et où les cadences de production de monocouloirs comme de gros‑porteurs restent délicates à stabiliser, les services après‑vente constituent un levier majeur de revenus récurrents pour les avionneurs. Pour Boeing, la consolidation de partenariats de long terme avec des acteurs de poids comme le groupe Singapore Airlines et ANA renforce sa position sur un marché de l’après‑vente particulièrement convoité par les motoristes, les équipementiers et les grands MRO indépendants.

Singapore Airlines et ANA, fers de lance du programme d’échange de trains d’atterrissage de Boeing 1 Air Journal

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