IndiGo, première compagnie aérienne indienne, a écopé d’une amende record et d’un plan de réforme sous supervision du régulateur après le chaos opérationnel de décembre 2025, qui a cloué au sol des centaines de milliers de passagers dans tout le pays.
Dans une décision rendue le 17 janvier 2026, la DGCA a infligé à IndiGo une pénalité de 220 millions de roupies (environ 2,6 à 2,7 millions de dollars), pour les perturbations massives survenues entre le 3 et le 10 décembre 2025. Plus de 300 000 passagers ont été concernés par ces annulations et retards en chaîne, durant l’une des périodes les plus chargées du calendrier domestique indien. La Direction générale de l’aviation civile (DGCA) entend faire de ce dossier un signal fort à l’ensemble du secteur sur la gestion des plannings, la protection des équipages et les droits des voyageurs.
Le régulateur ne s’est pas limité à une sanction financière. Il a officiellement « mis en garde » le directeur général d’IndiGo, Pieter Elbers, et adressé des avertissements à plusieurs cadres dirigeants, dont le directeur des opérations et le responsable du centre de contrôle des opérations (OCC), ce dernier devant quitter ses fonctions. La DGCA estime que les défaillances constatées relèvent autant de choix de gestion que de difficultés conjoncturelles
Un plan de réforme sous supervision de la DGCA
Au‑delà de l’amende, IndiGo doit déposer 500 millions de roupies auprès de la DGCA (environ 4,8 millions d’euros) dans le cadre d’un dispositif baptisé « IndiGo Systemic Reform Assurance Scheme » (ISRAS). Cette somme, structurée sous forme de garantie bancaire, sera restituée par étapes à mesure que la compagnie mettra en œuvre, et fera vérifier, une série de mesures visant à renforcer sa résilience opérationnelle. Un comité de quatre membres, mandaté par la DGCA, a conclu qu’IndiGo avait « sur‑optimisé » son programme de vols hivernal, avec des marges de manœuvre insuffisantes entre les rotations d’équipages et d’appareils. Le rapport pointe aussi des moyens humains et technologiques jugés inadaptés au volume d’activité planifié, ainsi que des lacunes dans le logiciel de planification et la gestion de crise.
Nouveaux plafonds FDTL et annulations en série
À l’origine du chaos, plus de 1 500 à 2 500 vols annulés en quelques jours, auxquels se sont ajoutés près de 1 900 retards importants, avec des effets en cascade sur l’ensemble du réseau domestique. Ces annulations massives sont largement imputées à une mauvaise adaptation d’IndiGo aux nouvelles règles de « Flight Duty Time Limitations » (FDTL), c’est‑à‑dire les limitations de temps de vol et de temps de service des équipages.
Entrée en vigueur en deux phases en 2025, la réforme FDTL impose des périodes de repos plus longues et limite les nuits consécutives ainsi que le nombre d’atterrissages de nuit par semaine, afin de réduire la fatigue des pilotes. IndiGo avait obtenu une approbation de programme d’hiver en hausse, avec davantage de vols que la saison précédente, sans disposer réellement des équipages nécessaires pour opérer ce réseau dans le cadre des nouvelles règles.
En plus des remboursements et indemnisations auxquels les passagers ont droit, la DGCA exige qu’IndiGo verse un bon de 10 000 roupies (environ 100 dollars) à chaque client ayant subi un retard supérieur à trois heures durant cet épisode. Ce bon, valable douze mois, s’ajoute aux règles d’indemnisation habituelles et vise à compenser plus largement ceux qui ont été les plus lourdement touchés par la désorganisation.
IndiGo promet de corriger le tir
La DGCA reconnaît néanmoins que, une fois la crise déclenchée, la réaction de la compagnie a été jugée « rapide », ce qui a permis de stabiliser la situation en quelques jours. Après la publication de la décision, IndiGo a indiqué dans un communiqué avoir pris acte de l’ordonnance et s’est engagée à appliquer les mesures demandées, tout en menant un examen interne afin de « corriger toute insuffisance de processus et renforcer [sa] robustesse opérationnelle ».

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