Qatar Airways a décidé de ne pas verser de bonus à la quasi-totalité de ses employés cette année. Cette mesure concerne près de 60 000 salariés et intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu au Moyen-Orient.
Selon un mémo interne envoyé aux équipes cette semaine, la compagnie aérienne de Doha justifie cette décision par les perturbations majeures liées au conflit impliquant l’Iran. Les tensions ont forcé Qatar Airways à annuler des dizaines de milliers de vols et à subir des pertes de revenus se chiffrant en milliards de dollars.
« La décision prise par le groupe priorise la stabilité à long terme dans une période où l’incertitude prévaut encore », explique la direction dans le document interne. Pourtant, les résultats financiers de Qatar Airways restent solides. La compagnie aérienne qatarie a annoncé un profit net de 1,94 milliard de dollars pour l’exercice 2025/2026 clos le 31 mars 2026, avec un profit opérationnel record de 4,1 milliards de dollars. Elle a transporté 41,8 millions de passagers au cours de l’année fiscale, malgré un dernier trimestre fortement impacté par les événements géopolitiques.
Un choix prudent après plusieurs années de bonus
Les bonus, qui ont été versé successivement ces trois dernières années, étaient devenus un avantage attendu par le personnel de Qatar Airways. Ils représentaient généralement plusieurs semaines de salaire pour le personnel non-cadre et pouvaient atteindre plusieurs mois de rémunération pour les cadres et vice-présidents. En 2025 par exemple, certains employés avaient perçu l’équivalent de cinq semaines de salaire.
Leur suppression cette année marque donc un véritable tournant pour les quelque 60 000 salariés. Habitués à ce complément de revenu, de nombreux employés expriment leur déception sur les réseaux internes et les forums. Pour l’instant, à part le mémo interne envoyé aux employés, Qatar Airways n’a publié aucune déclaration officielle publique sur cette décision.
Contraste saisissant avec Emirates
Cette annonce contraste fortement avec la politique de sa concurrente émiratie, Emirates, basé à Dubaï. Cette dernière a en effet accordé à ses 131 000 salariés une prime exceptionnelle équivalente à 20 semaines de salaire, après avoir réalisé des profits records pour l’exercice clos en mars 2026. Le président d’Emirates, Ahmed bin Saeed Al Maktoum, a personnellement salué « le courage et la résilience incroyable » de ses équipes dans un message adressé à l’ensemble du personnel.
Tandis que Qatar Airways opte pour une approche prudente en gelant les bonus afin de renforcer ses réserves, Emirates choisit de récompenser généreusement ses collaborateurs malgré les mêmes défis régionaux. Cette différence de stratégie entre les deux grandes compagnies aériennes du Golfe illustre des visions distinctes face à un environnement toujours incertain.

@Air hotess/DR
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