La compagnie espagnole Vueling, filiale du groupe IAG, se rapproche de l’introduction d’un revêtement innovant inspiré de la peau de requin sur ses Airbus A320. Le récent investissement du groupe dans la start-up australienne MAKO vise à accélérer la certification et le déploiement de cette technologie prometteuse, censée réduire la consommation de carburant et les émissions de CO₂.
Un investissement stratégique pour accélérer la certification
Le groupe International Airlines Group (IAG), maison mère de Vueling, a participé à une levée de fonds de 28 millions de dollars australiens (environ 20 millions USD) au profit de la start-up MAKO, anciennement MicroTau. Ce tour de table, mené par Virescent Ventures, inclut également plusieurs investisseurs spécialisés dans l’innovation technologique. Cet apport financier doit permettre à MAKO de franchir une étape clé : la certification de sa technologie « Flightfilm » sur plusieurs marchés majeurs, notamment en Europe auprès de l’EASA, mais aussi aux États-Unis et en Australie. Selon l’entreprise, « la certification du Flightfilm sur Airbus A320 est attendue dans l’année, ainsi que les approbations industrielles nécessaires à la fourniture de pièces certifiées aux compagnies aériennes ».
Vueling en première ligne en Europe
Vueling s’était positionnée dès 2025 en signant une lettre d’intention avec MicroTau pour tester cette technologie. L’objectif affiché : devenir la première compagnie européenne à exploiter un avion équipé de ce revêtement biomimétique. Le projet prévoit une installation sur la famille Airbus A320, sous réserve de l’obtention d’un certificat de type supplémentaire (STC), indispensable pour toute modification d’un appareil en service. À l’époque, Franc Sanmartí, directeur du développement durable de Vueling, déclarait : « Cette innovation soutient non seulement notre objectif d’amélioration de l’efficacité énergétique, mais renforce également notre engagement à réduire nos émissions de CO₂ grâce à des solutions innovantes ».
Une technologie inspirée du vivant
Le Flightfilm repose sur un principe biomimétique : reproduire à l’échelle microscopique la texture de la peau de requin. Celle-ci est composée de fines rainures (riblets) qui permettent de réduire les turbulences au contact de la surface. Appliqué sous forme de film adhésif sur le fuselage, ce revêtement agit directement sur la traînée de frottement. MAKO explique dans sa fiche technique que « les turbulences proches de la surface sont soulevées vers les sommets des microstructures, ce qui limite leur interaction directe avec la paroi et réduit la friction ». Résultat attendu : une diminution mesurable de la consommation de carburant, sans modification structurelle de l’avion.
Un levier économique et environnemental
Dans un contexte de volatilité des prix du kérosène — deuxième poste de coûts des compagnies après le personnel — ce type d’innovation suscite un intérêt croissant. Même si MAKO ne communique pas officiellement de gain précis pour l’A320, des technologies similaires testées par Lufthansa Technik ou BASF ont montré des réductions de consommation de l’ordre de 1% à 2%, ce qui représente des économies significatives à l’échelle d’une flotte.
Pour IAG, l’enjeu est multiple comme l’indique Raza Ali, Managing Partner de IAGi Ventures : « Nous pensons que cette technologie peut améliorer l’efficacité opérationnelle, générer des économies substantielles et réduire les émissions, tout en s’inscrivant dans notre stratégie d’innovation ». Autre avantage clé : l’installation du film ne nécessite pas de modification structurelle lourde. Elle peut être réalisée lors des visites de maintenance programmées, ce qui limite l’immobilisation des appareils.
Si la certification est confirmée en 2026, Vueling pourrait ainsi devenir un laboratoire grandeur nature pour cette technologie en Europe — avec, à terme, un déploiement potentiel à l’ensemble des compagnies du groupe IAG (British Airways, Iberia, Aer Lingus).

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