Air New Zealand vient de ramener en service son dernier Boeing 787‑9 Dreamliner stocké à Alice Springs, en Australie, mettant un terme à une longue période de contraintes de flotte liées à la pénurie mondiale de moteurs Rolls‑Royce Trent 1000.
La compagnie néo‑zélandaise n’a désormais plus aucun gros‑porteur immobilisé, ce qui lui permet d’augmenter sa capacité long‑courrier et de lancer de nouvelles liaisons saisonnières au départ de Christchurch vers Singapour, Tokyo‑Narita et Perth.
La flotte Dreamliner enfin entièrement opérationnelle
Pour la première fois depuis que la pénurie mondiale de moteurs Rolls‑Royce Trent 1000 a perturbé la disponibilité des appareils, Air New Zealand ne compte plus aucun gros‑porteur en stockage. Au plus fort de la crise des Trent 1000, cinq des quatorze Boeing 787‑9 de la compagnie étaient cloués au sol.
Selon Baden Smith, directeur général flotte d’Air New Zealand, ce jalon marque une étape supplémentaire vers le retour complet des Dreamliner. « Avec la finalisation de notre programme de retrofit et la livraison de deux nouveaux Boeing 787‑9 d’ici la fin de l’année, nous verrons une croissance ciblée de notre capacité long‑courrier sur les deux prochaines années », explique le dirigeant, en rappelant que tous les 787 existants doivent recevoir la nouvelle cabine d’ici fin 2026. « Chaque appareil que nous réintégrons dans la flotte renforce notre capacité à connecter les personnes, soutenir le commerce et développer le tourisme », ajoute‑t‑il, insistant sur le rôle de transporteur national de la compagnie.
Le dernier 787‑9 stocké, immatriculé ZK‑NZD, avait été convoyé en septembre 2025 vers Asia Pacific Aircraft Storage à Alice Springs pour y être préservé pendant la durée des travaux sur ses moteurs. L’appareil a quitté Alice Springs le 28 juin 2026 pour rejoindre Auckland, avant de reprendre les vols commerciaux le 30 juin, notamment vers San Francisco, puis vers des destinations régionales comme Rarotonga, Nadi, Brisbane et Perth.
Un programme de stockage et de maintenance complexe
Pour Robert Cox, responsable du projet flotte chez Air New Zealand, ce retour en service est le résultat d’un programme de travaux complexe et finement coordonné. « Le défi n’était pas seulement de trouver un endroit où stocker les appareils. Nous devions les maintenir, protéger la condition de la flotte et poursuivre le programme de révision des moteurs afin de remettre ces avions en service pour nos clients le plus rapidement possible », explique‑t‑il.
Le parking de long-terme pour les gros‑porteurs étant limité à Auckland, et le climat néo‑zélandais peu adapté au stockage prolongé, Air New Zealand a privilégié Alice Springs, dans le désert australien, pour ses Dreamliner immobilisés. « Le stationnement de longue durée des avions est limité à Auckland et le climat de la Nouvelle‑Zélande n’est pas idéal pour un stockage prolongé, donc Alice Springs est devenu l’emplacement privilégié pour les Dreamliner immobilisés », détaille Cox.
Sur place, la compagnie a travaillé avec ses partenaires pour effectuer sur site les changements de moteurs Trent 1000, permettant de déposer les propulseurs et de les expédier en atelier de révision tout en laissant les avions en stockage sécurisé. « Réaliser les changements de moteurs à Alice Springs a représenté un défi logistique significatif, mais cela nous a permis d’acheminer les moteurs en atelier au moins six mois plus tôt que s’ils étaient restés sur les appareils », souligne le responsable flotte.
Contexte : la crise mondiale des Trent 1000
La pénurie de moteurs Rolls‑Royce Trent 1000 qui a frappé le marché au milieu des années 2010 et au début des années 2020 a affecté plusieurs opérateurs de Boeing 787 dans le monde, contraints de procéder à des inspections renforcées, à des remplacements de modules et parfois à la mise en stockage de long‑courriers pendant de longs mois. Air New Zealand n’a pas fait exception, avec jusqu’à cinq 787‑9 immobilisés simultanément, ce qui a pesé sur sa capacité transpacifique et sur certaines liaisons vers l’Asie.
Nouvelles liaisons depuis Christchurch vers l’Asie et l’Australie
Le retour en ligne des 787‑9 et l’arrivée de deux nouveaux appareils s’inscrivent directement dans la stratégie de développement du réseau international au départ de Christchurch, principal aéroport du South Island. En mai 2026, Air New Zealand a annoncé trois nouvelles liaisons saisonnières sans escale vers Singapour (à partir du 28 octobre 2026), Tokyo‑Narita (à partir du 28 novembre 2026) et Perth (à partir du 30 novembre 2026), opérées en Dreamliner et rendues possibles par la disponibilité renforcée de la flotte long‑courrier.
Si le segment long‑courrier voit la situation se normaliser, Air New Zealand reste encore confrontée à des contraintes sur sa flotte moyen‑courrier. La compagnie indique que seuls deux Airbus A320neo sont actuellement immobilisés en raison de difficultés liées aux moteurs Pratt & Whitney, contre six appareils au plus fort de la perturbation.

Aucun commentaire !