Rolls-Royce assure avoir « effectivement éliminé » les cas d’aircraft on ground (AOG) dans son activité civile au premier semestre 2026, grâce à une montée en cadence de son réseau de maintenance et à une chaîne d’approvisionnement plus stable.

Le motoriste britannique, qui a aussi relevé ses objectifs annuels, met en avant une amélioration nette de la disponibilité des moteurs Trent, longtemps pénalisés par des délais de maintenance et de remise en état sur certains gros-porteurs.

Rolls-Royce revendique un tournant opérationnel

Dans son communiqué semestriel publié le 30 juillet, Rolls-Royce a affirmé que sa division Civil Aerospace avait « effectivement éliminé les cas aircraft on ground », une formule forte dans un secteur où la disponibilité moteur reste un sujet stratégique. Son PDG, Tufan Erginbilgic, a expliqué que cette évolution apportait « un avantage opérationnel significatif » aux clients du groupe.

Concrètement, un cas AOG survient lorsqu’une compagnie ne peut pas exploiter un avion faute de moteur, de pièce de rechange ou de créneau de maintenance. Sur des flottes long-courrier très dépendantes des turboréacteurs à fort taux d’utilisation, l’impact peut être immédiat : immobilisations, rotation perturbée, baisse de capacité et coûts d’exploitation supplémentaires.

MRO renforcé et chaîne apaisée

Rolls-Royce attribue cette amélioration à plusieurs leviers. Le groupe dit avoir restructuré ses activités de services et maintenance après‑vente pour rendre son réseau de maintenance, réparation et révision (MRO) plus résilient, tout en améliorant la planification industrielle et la performance de la chaîne d’approvisionnement. Il souligne aussi ses investissements dans la capacité MRO mondiale, avec des extensions en Allemagne, au Royaume-Uni, à Singapour et un nouveau centre en projet à Istanbul avec Turkish Technic.

Le motoriste explique que cette montée en puissance vise à réduire les délais de retour en service, un enjeu clé après plusieurs années de tension sur les moteurs Trent, notamment sur les gros-porteurs Airbus A330neo, A350 et Boeing 787 selon les flottes. Rolls-Royce indique d’ailleurs avoir augmenté sa production de grandes maintenances de 13% sur un an au premier semestre et ses grandes rénovations de 35%.

Les chiffres qui comptent

Sur les six premiers mois de 2026, la division Civil Aerospace a réalisé 712 visites atelier sous contrats de service long terme, soit 2% de plus qu’un an plus tôt. Les visites sur gros moteurs sont passées de 217 à 294, tandis que les livraisons de moteurs civils neufs ont progressé de 18%, à 279 unités.

Sur le plan financier, la division a vu son chiffre d’affaires grimper de 29% à 6,19 milliards de livres, avec un bénéfice opérationnel en hausse de 31% à 1,57 milliard de livres et une marge opérationnelle de 25,3%. Le groupe a dans le même temps relevé ses objectifs 2026, visant désormais 4,7 à 4,9 milliards de livres de bénéfice opérationnel sous-jacent.

Des Trent plus durables

Au-delà de la capacité atelier, Rolls-Royce insiste sur les progrès de durabilité de ses moteurs. Le groupe dit avoir équipé près de la moitié de la flotte Trent 1000 TEN de nouvelles aubes de turbine haute pression, les rapprochant du standard Trent 1000 XE, et affirme que la quasi-totalité de la flotte Trent 7000 a reçu la même amélioration. Selon le motoriste, ces modifications doublent d’abord le temps sous aile, puis ajoutent encore 30% de durée de vie en service, avec un potentiel total pouvant aller jusqu’à un triplement de l’intervalle initial selon l’exploitation.

Sur le Trent XWB-97, qui équipe l’A350-1000 et le projet Project Sunrise de Qantas, Rolls-Royce met aussi en avant des progrès de durabilité et de fiabilité. Le programme est crucial pour le constructeur, car il s’agit du moteur de référence pour les très longues distances, et donc d’un vitrine technique autant que commerciale.

Un signal, pas une fin d’histoire

L’annonce est importante, mais elle doit être lue avec prudence. Rolls-Royce parle d’une élimination “effective” des AOG dans sa branche civile au premier semestre, ce qui décrit un niveau de performance opérationnelle très élevé, mais ne signifie pas nécessairement la disparition définitive de tout incident lié à la chaîne moteur. Dans le transport aérien, la fiabilité se juge sur la durée, à l’échelle de plusieurs trimestres et de plusieurs flottes, et non sur une seule fenêtre de résultats.

Rolls-Royce dit avoir quasiment éradiqué les immobilisations d’avions liées aux moteurs Trent 1 Air Journal

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