La compagnie lettone airBaltic a obtenu l’accord de ses porteurs d’obligations pour assouplir temporairement les conditions de sa dette de 380 millions d’euros, rémunérée à 14,5% et échéant en 2029.
Cette décision lui évite, à très court terme, de décaisser les coupons d’août et de novembre, mais ne règle pas l’équation centrale : trouver des financements d’urgence et mener à bien une profonde restructuration de son activité autour de Riga et de sa flotte d’Airbus A220-300.
AirBaltic obtient un sursis sur sa dette obligataire
AirBaltic a obtenu l’accord des porteurs de ses obligations de 380 millions d’euros, à 14,5% et échéant en 2029, pour modifier temporairement leurs conditions. Les intérêts dus en août et novembre 2026 seront capitalisés, c’est-à-dire ajoutés au montant de la dette plutôt que versés, afin de préserver la trésorerie de la compagnie. Le directeur financier de la compagnie, Erno Hildén, a qualifié cette approbation d’« étape importante », estimant qu’elle apporte « une flexibilité supplémentaire », aide à « préserver la liquidité » et permet de poursuivre le déploiement du plan d’affaires révisé. Il a toutefois rappelé qu’il ne s’agissait que d’« une pièce du puzzle ».
De même, les créanciers ont accordé à airBaltic, jusqu’au 14 novembre 2026, une dérogation temporaire à certaines exigences de liquidité et de réserve de service de la dette. Les règles de convocation et de quorum des prochaines réunions obligataires sont également assouplies. Cette décision offre un répit financier à la compagnie, sans régler son besoin de recapitalisation ni son financement à long terme.
225 millions d’euros de financement-relais recherchés
La priorité immédiate d’airBaltic reste la recherche de 225 millions d’euros de financement intermédiaire, destiné à couvrir ses besoins de trésorerie dans l’attente d’une solution permanente. À plus long terme, le schéma envisagé associe jusqu’à 225 millions d’euros de nouvelle dette et 100 millions d’euros de fonds propres nouveaux. Le plan prévoit aussi une conversion partielle des obligations 2029 en capital. La partie non convertie pourrait être remplacée par une nouvelle dette réduite, d’un montant pouvant aller jusqu’à 125 millions d’euros.
Une flotte A220 fortement réduite autour de Riga
Cette restructuration financière s’accompagne d’un virage opérationnel majeur. AirBaltic doit renoncer à son ancienne trajectoire de croissance rapide : la compagnie, qui exploite actuellement 54 Airbus A220-300, prévoit de ramener sa flotte à environ 36 appareils d’ici à la fin de 2026, avant une remontée graduelle vers 40 à 41 avions en 2031.
Le précédent scénario envisageait à terme une flotte de 100 A220. L’écart est considérable et traduit l’abandon d’une stratégie d’expansion ambitieuse au profit d’un modèle plus resserré, centré sur le hub de Riga.
La compagnie entend réduire ses coûts d’exploitation d’environ 45 millions d’euros par an, grâce notamment à une utilisation plus efficace des appareils et à un ajustement de son dispositif commercial et opérationnel. Le programme prévoit aussi un recul marqué de l’activité ACMI — location d’avions avec équipage, maintenance et assurance — qui constitue une part importante des opérations réalisées notamment pour le groupe Lufthansa.
AirBaltic veut néanmoins privilégier les contrats ACMI plus réguliers et moins dépendants des pics saisonniers, tout en conservant l’Airbus A220-300 comme unique type d’appareil.
Un répit financier, pas encore un sauvetage
L’approbation obtenue le 17 août permet à airBaltic d’éviter une aggravation immédiate de sa crise de liquidité. Elle ne préjuge toutefois ni de la capacité du transporteur à réunir les 225 millions d’euros de financement-relais, ni de l’acceptation ultérieure d’une conversion de dette en capital.

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