La Transportation Security Administration (TSA) américaine a présenté sa stratégie « Horizon 25 », une feuille de route destinée à moderniser les contrôles de sécurité et de sûreté, fluidifier le parcours des passagers et renforcer la protection de l’aviation civile face aux nouvelles menaces, comme les drones. Le plan, dévoilé à l’approche du 25e anniversaire de l’agence, prévoit notamment des évolutions de TSA PreCheck, une accélération dans l’acquisition de technologies et un recours accru aux partenariats avec le secteur privé.
L’administration, créée dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, veut adapter ses points d’inspection à une double exigence : maintenir un très haut niveau de sûreté tout en évitant que les contrôles ne deviennent un frein à la croissance du trafic aérien.

Trois priorités affichées
Baptisée Horizon 25, la stratégie fixe trois grands objectifs pour les prochaines années : moderniser les postes d’inspection, améliorer l’expérience voyageur et renforcer la sûreté dans l’ensemble des modes de transport, au-delà de la seule aviation commerciale.
Concrètement, la TSA prévoit de faire évoluer ses dispositifs de filtrage dans les aéroports américains, de simplifier l’achat et le déploiement de nouvelles technologies, et de poursuivre l’amélioration du parcours des passagers. L’agence doit réunir en septembre des personnels des équipes de terrain et du siège afin d’accélérer les initiatives prévues par cette nouvelle stratégie.
La TSA rattache également cette feuille de route à sa mission dite de « zéro défaillance », dans un contexte de volumes de passagers records et de menaces en évolution constante. L’agence souligne avoir assuré la sûreté des réseaux de transport américains malgré une succession d’événements de voyage exceptionnels, des fermetures partielles de l’administration fédérale et une fréquentation record au cours de l’année écoulée.

PreCheck au cœur du parcours
Parmi les mesures citées figure le renforcement de TSA PreCheck, le programme américain de contrôle accéléré réservé aux voyageurs enregistrés. L’objectif n’est pas détaillé dans le communiqué : la TSA ne précise ni le calendrier, ni les aéroports concernés, ni les évolutions opérationnelles qui seront proposées aux passagers.
La promesse affichée reste toutefois claire : réduire les frictions au contrôle sans abaisser les exigences de sûreté. La TSA entend également améliorer l’expérience des voyageurs et accélérer l’adoption de nouveaux équipements de contrôle, un enjeu majeur pour les aéroports américains confrontés à l’augmentation durable des flux et à l’évolution des bagages, des objets électroniques et des procédures d’identification.
À ce stade, « Horizon 25 » doit donc être considéré comme une orientation stratégique plutôt que comme une liste de mesures immédiatement applicables aux voyageurs. Les détails sur les technologies retenues, les échéances de déploiement et les effets concrets sur les files d’attente ou les règles de contrôle devront être communiqués ultérieurement.

Gold+ abandonné, partenariats maintenus
La nouvelle stratégie comprend aussi un changement de cap sur l’organisation des contrôles. La TSA annonce qu’un Screening Partnership Program (SPP) « évolué » remplacera TSA Gold+, un programme récemment lancé afin d’élargir la participation du privé à certaines activités de sûreté aéroportuaire.
Le SPP existe déjà : il permet à des aéroports commerciaux de confier l’exécution des opérations de contrôle à des entreprises privées qualifiées, sous supervision fédérale et dans le respect des procédures de la TSA. Les prestataires retenus sont ainsi tenues de respecter les règles, directives opérationnelles et exigences de formation imposées par l’agence fédérale.
Le dispositif est déjà en place dans une vingtaine d’aéroports américains, parmi lesquels San Francisco International Airport, Kansas City International Airport, Orlando Sanford International Airport, Sarasota-Bradenton International Airport ou encore Atlantic City International Airport. L’opérateur aéroportuaire peut participer à l’évaluation des offres, mais la société de sûreté reste contractuellement liée à la TSA et demeure contrôlée par celle-ci.
Cette évolution ne correspond donc pas à une privatisation complète de la sûreté aéroportuaire : l’État fédéral conserve la définition des standards, le contrôle de l’exécution et la supervision des prestataires. La TSA affirme vouloir tirer davantage parti des capacités du privé afin de rendre le système « plus sûr, plus sécurisé et plus efficace ».

Drones et sécurité multimodale
« Horizon 25 » dépasse par ailleurs le seul contrôle des passagers et des bagages. La TSA prévoit d’étendre ses capacités face à la menace représentée par les systèmes aériens sans pilote, autrement dit les drones.
La multiplication des survols non autorisés à proximité des infrastructures sensibles constitue un enjeu croissant pour le transport aérien : un drone peut perturber l’exploitation d’un aéroport, obliger à suspendre temporairement des mouvements ou créer un risque de collision avec un aéronef. La TSA intègre ainsi cette problématique dans un cadre plus vaste de sûreté multimodale, qui couvre également d’autres réseaux de transport.
Pour les voyageurs, aucun changement immédiat des règles de passage au contrôle n’a été annoncé. Le plan dessine néanmoins la direction prise par l’administration Trump : davantage de technologies, des parcours plus différenciés pour les passagers préenregistrés et une coopération plus étroite avec les acteurs privés, sans renoncer au cadre fédéral de contrôle de la sûreté.

États-Unis : la TSA lance « Horizon 25 » pour moderniser les contrôles aéroportuaires 1 Air Journal

@TSA