La low cost indienne SpiceJet prépare une remontée en puissance aussi rapide que fragile. Après avoir perdu ses derniers Boeing 737 MAX 8, rendus à leurs bailleurs dans un contexte de fortes contraintes financières et de disponibilité réduite de la flotte, la compagnie va faire entrer 20 avions loués entre la mi-octobre et la mi-novembre. Elle espère ainsi assurer jusqu’à 200 vols par jour durant la saison hiver et les grands pics de déplacements en Inde.
SpiceJet loue 20 avions pour l’hiver
SpiceJet a finalisé des accords avec trois opérateurs afin d’intégrer 20 appareils supplémentaires : 15 Boeing et cinq Airbus. Les avions arriveront progressivement entre la mi-octobre et la mi-novembre, à temps pour la saison hivernale indienne, qui commence avec les déplacements liés notamment à Durga Puja puis se prolonge avec les fêtes de fin d’année.
Les appareils seront exploités sous des contrats de wet lease et de damp lease. Dans le premier cas, le bailleur fournit l’avion, les équipages, la maintenance et l’assurance ; dans le second, il apporte généralement l’avion, les pilotes et le soutien de maintenance, tandis que la compagnie locataire fournit son personnel de cabine. Cette formule permet de remettre rapidement de la capacité sur le marché, sans attendre le recrutement et la formation de nouveaux équipages ou une livraison d’avions neufs. « Notre objectif est d’atteindre environ 200 vols quotidiens cet hiver, tout en continuant à développer nos opérations de manière mesurée et durable », a déclaré SpiceJet.
Des Airbus A321 dans une flotte hétérogène
La composition précise du lot n’a pas été détaillée. SpiceJet a toutefois confirmé l’arrivée de 15 avions Boeing et de cinq Airbus, tandis que plusieurs sources font état de la présence d’Airbus A321, capables d’offrir davantage de sièges que les monocouloirs habituellement exploités par la compagnie.
Ce choix tranche avec la structure traditionnelle de SpiceJet, longtemps fondée sur les Boeing 737 et les turbopropulseurs De Havilland Canada Dash 8-400. Il ajoute aussi une couche de complexité opérationnelle : différents types d’appareils, équipages provenant de plusieurs partenaires et prestations de maintenance externalisées. Mais, pour une compagnie en manque d’avions immédiatement disponibles, la priorité est d’abord de rétablir fréquences et dessertes.
Selon les informations disponibles, les 20 avions loués pourraient rester chez SpiceJet jusqu’à la saison été suivante. La flotte active passerait alors d’environ 11 appareils à quelque 31 unités, si toutes les mises en service se déroulent comme prévu.
Les derniers 737 MAX quittent la scène
Cette offensive intervient juste après l’arrêt des opérations commerciales en Boeing 737 MAX 8. Les trois derniers exemplaires actifs ont été restitués à leurs bailleurs. Le retrait ne résulte pas d’un nouvel événement de sécurité concernant le MAX, mais de contraintes financières, contractuelles et locatives pesant sur la compagnie. Financial Express indique que tous les 737 MAX de SpiceJet ont fait l’objet de procédures de déradiation dans le cadre du mécanisme IDERA, qui facilite la récupération et l’exportation d’un avion par son créancier ou son bailleur.
SpiceJet avait pourtant tenté de remettre ce type en ligne : un 737 MAX avait repris les vols commerciaux en juin, après des accords annoncés en 2025 avec CFM International et StandardAero pour remettre en état plusieurs avions immobilisés. Cet effort n’a pas suffi à stabiliser durablement l’exploitation de la flotte.
Une relance sous contrainte
Avant cette nouvelle campagne de location, SpiceJet ne disposait plus que d’une flotte active très réduite, notamment composée de Boeing 737 de génération précédente, de Dash 8-400 et de trois Airbus A320 loués à la compagnie cambodgienne Sky Angkor Airways. Ces A320 avaient été introduits sur des contrats de six mois avec équipages et soutien de maintenance.
L’arrivée des 20 appareils doit permettre à SpiceJet de renforcer les fréquences sur les lignes les plus demandées et de mieux couvrir son réseau intérieur comme certaines liaisons internationales. La manœuvre offre une réponse rapide à la demande saisonnière, mais elle aura un coût : les locations avec équipages sont généralement plus onéreuses qu’une location classique sans équipage, et ne règlent pas les difficultés financières structurelles d’un transporteur longtemps confronté aux litiges avec les bailleurs, aux avions immobilisés et à des tensions de trésorerie.
Pour SpiceJet, l’hiver sera donc un test grandeur nature : transformer une capacité louée et temporaire en programme de vols fiable, tout en démontrant que le redémarrage peut s’inscrire au-delà des seuls pics saisonniers.

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