Ryanair annonce son plus vaste programme hivernal à ce jour en Suède, avec 43 lignes, cinq nouveautés et un Boeing 737 supplémentaire basé à Stockholm-Arlanda. La compagnie irlandaise prévoit 4,6 millions de passagers annuels, mais conditionne la poursuite de son expansion à une baisse des coûts d’accès aux aéroports suédois.
Ryanair poursuit son offensive nordique, tout en adressant un avertissement très explicite aux autorités suédoises. La compagnie low cost a dévoilé, le 10 septembre, son programme pour l’hiver 2026-2027 en Suède : 43 liaisons au total, dont cinq nouvelles, et un avion supplémentaire basé à Stockholm-Arlanda. Ce Boeing 737 porte à huit le nombre d’appareils Ryanair basés dans le pays. La compagnie chiffre son investissement suédois à environ 700 millions d’euros et anticipe un trafic annuel de 4,6 millions de voyageurs, soit une hausse annoncée de 16%. Selon le transporteur, cette activité soutiendrait plus de 3 600 emplois. Ces chiffres, comme les projections de trafic et d’emploi, sont des estimations communiquées par Ryanair.
Cinq nouvelles liaisons, dont Rabat au départ de Stockholm
Le programme hiver 2026 de Ryanair ajoute cinq routes internationales depuis les trois principales bases suédoises de la compagnie : Stockholm-Arlanda – Rabat, au Maroc, Stockholm-Arlanda – Varsovie, en Pologne, Stockholm-Arlanda – Wrocław, en Pologne, Göteborg-Landvetter – Budapest, en Hongrie et Malmö – Londres.
La desserte de Rabat constitue la nouveauté la plus singulière de cette annonce. Elle ajoute une liaison directe entre la capitale suédoise et le Maroc, un marché déjà bien établi depuis plusieurs grandes villes européennes mais moins densément relié au départ de la Suède. Les deux liaisons polonaises renforcent de leur côté un axe d’Europe centrale où la mobilité des travailleurs, les déplacements familiaux et le tourisme urbain constituent traditionnellement une part importante de la demande low cost.
La route Malmö–Londres avait déjà été annoncée par Ryanair dans son programme de l’été 2026. Son maintien dans le dispositif hivernal confirme l’intérêt du transporteur pour une liaison entre le sud de la Suède et le marché londonien.
Arlanda au cœur de la stratégie suédoise
L’avion additionnel sera stationné à Stockholm-Arlanda, qui concentre désormais une large part de l’offre suédoise de Ryanair. Pour la saison été 2026, le groupe avait annoncé six avions basés à Arlanda et deux à Göteborg, sur un réseau de 83 routes exploitées via six aéroports suédois. Le programme d’hiver, traditionnellement plus resserré que celui de l’été, conserve donc huit appareils basés mais se limite à 43 lignes.
Ce développement est directement lié à la suppression de la taxe suédoise sur les voyages aériens, intervenue le 1er juillet 2025. Le Parlement suédois a abrogé cette taxe qui s’appliquait aux passagers au départ des aéroports du pays ; en 2025, son montant variait entre 77, 323 et 517 couronnes suédoises selon la destination finale. Ryanair présente cette décision comme le moteur de son accélération dans le pays. Eddie Wilson, directeur général de Ryanair, affirme : « Depuis la décision judicieuse du gouvernement suédois d’abolir la taxe aérienne en juillet 2025, Ryanair a répondu par une croissance accélérée, ajoutant trois avions basés, 300 millions de dollars d’investissement supplémentaire et 760 000 passagers additionnels dans six aéroports suédois. »
La bataille des redevances aéroportuaires
Derrière l’annonce commerciale se dessine toutefois un bras de fer classique entre la compagnie irlandaise et l’exploitant aéroportuaire public Swedavia. Ryanair affirme que les redevances de Swedavia ont augmenté de 22% depuis la fin de la taxe aérienne, ce qui reviendrait, selon elle, à neutraliser l’avantage compétitif recherché par Stockholm.
La compagnie met également en avant l’évolution prévue de la redevance de sûreté : celle-ci devrait, selon Ryanair, progresser de 67% à compter de mars 2027. Le transporteur demande au gouvernement suédois de ramener les redevances aéroportuaires à leur niveau de 2024 et de supprimer définitivement cette taxe de sûreté.
Il faut toutefois distinguer les éléments. Les redevances aéroportuaires relèvent de Swedavia, gestionnaire de dix aéroports suédois, dont Arlanda, Göteborg-Landvetter et Malmö. La société indique appliquer aux compagnies et assistants en escale des tarifs conformes aux règles européennes et à la législation suédoise ; elle a par ailleurs ouvert les consultations relatives aux barèmes qui doivent entrer en vigueur en 2027.
La redevance de sûreté, elle, ne fait pas partie du mécanisme tarifaire propre au réseau Swedavia. Dans sa grille 2026, Swedavia précise qu’elle est administrée et prélevée par l’Agence suédoise des transports, au titre de la réglementation européenne de sûreté aérienne et de la loi suédoise sur la sécurité de l’aviation. Elle s’applique, sauf exception, par passager au départ pour les avions de plus de dix tonnes.
Objectif : 8 millions de passagers en 2030
Ryanair fixe désormais un objectif ambitieux : doubler son trafic annuel en Suède pour atteindre 8 millions de passagers à l’horizon 2030. La compagnie évoque l’ajout de cinq avions basés supplémentaires et jusqu’à 6 000 emplois soutenus, mais présente ce scénario comme conditionnel. « Ryanair veut doubler son trafic suédois à 8 millions de passagers par an d’ici à 2030, ajouter cinq avions basés et créer jusqu’à 6 000 emplois d’ici à 2030, mais nous ne pouvons pas réaliser cette croissance sans des coûts d’accès compétitifs », a déclaré Eddie Wilson.
Cette formulation constitue autant une promesse de capacité qu’un moyen de pression à l’approche de la préparation des programmes été 2027. Les compagnies arbitrent alors la répartition de leurs avions entre les aéroports européens, en fonction de la demande, des créneaux disponibles, des incitations commerciales et des coûts d’exploitation. Ryanair rappelle ainsi que l’arrivée future de Boeing 737 MAX 10 lui donnera de nouvelles possibilités de croissance, sans garantir que les capacités concernées seront attribuées à la Suède.

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