Boeing et American Airlines ont annoncé avoir mené à bien le premier échange de trains d’atterrissage sur un 737 MAX. Cette opération marque l’extension au moyen-courrier de nouvelle génération du programme de Boeing consistant à fournir aux compagnies des ensembles de trains révisés, certifiés et prêts à être posés, afin de raccourcir les immobilisations et de limiter les besoins en pièces de rechange coûteuses.

Boeing Global Services et American Airlines ont finalisé, le 14 septembre, le premier remplacement par échange des trains d’atterrissage — principaux et avant — d’un Boeing 737 MAX. L’opération fait entrer la famille MAX dans le Landing Gear Exchange Program, un dispositif déjà proposé par l’avionneur pour d’autres programmes, notamment les 737 de génération antérieure, 747, 777 et 787. Pour cette première opération, Boeing a fourni à la compagnie américaine des ensembles de train principal et de train avant entièrement révisés et certifiés par le constructeur, accompagnés des kits nécessaires à leur installation. Les roues, pneumatiques et freins ne faisaient pas partie de la fourniture.

Un échange plutôt qu’une révision sur l’avion

Le principe repose sur une logique industrielle classique dans la maintenance aéronautique : plutôt que d’immobiliser l’avion durant la révision complète de ses propres trains, l’opérateur reçoit des ensembles déjà entretenus, documentés et prêts à installer. Les éléments déposés peuvent ensuite être pris en charge par Boeing pour leur révision avant de réintégrer le circuit d’échange.

Cette formule est conçue pour réduire le temps passé par l’appareil au sol — le fameux aircraft on ground ou AOG — et pour éviter aux compagnies de devoir acheter puis entreposer des trains d’atterrissage de rechange particulièrement onéreux. Boeing assure de son côté la révision technique, la certification, l’intégration des bulletins de service applicables ainsi que la coordination avec ses fournisseurs.

« Cette étape confirme ce que nos clients savent depuis des années : la capacité de Boeing en matière d’échange de trains d’atterrissage permet d’obtenir des résultats prévisibles, sûrs et économiquement efficaces », a déclaré William Ampofo, vice-président senior Parts & Distribution and Supply Chain de Boeing Global Services. « L’extension du programme au 737 MAX donne aux opérateurs un outil éprouvé supplémentaire pour réduire les immobilisations, maîtriser leurs coûts et adapter les grandes opérations de maintenance à leurs besoins opérationnels. »

Le 737 MAX entre dans la maturité de maintenance

Au-delà de l’annonce commerciale, cette première opération illustre la progression du 737 MAX dans son cycle de vie. Entré en service commercial en 2017, le monocouloir voit désormais une part croissante de sa flotte approcher les premières grandes échéances de maintenance de composants, dont les trains d’atterrissage.

Les trains constituent des ensembles mécaniques complexes et fortement sollicités : ils assurent le roulage, le décollage, l’atterrissage et l’absorption de l’énergie lors du contact avec la piste. Leur entretien périodique implique des opérations lourdes de démontage, d’inspection, de traitement de corrosion, de contrôle des éléments structuraux et hydrauliques, puis de remontage et d’essais. Disposer d’un ensemble de remplacement disponible réduit le risque qu’une visite planifiée se transforme en immobilisation prolongée à cause d’un délai d’approvisionnement ou d’une réparation imprévue.

Boeing affirme que l’opération avec American Airlines a permis de valider toute la chaîne : révision technique, documentation de navigabilité, certification, logistique et livraison. Le constructeur estime ainsi avoir démontré que son modèle d’échange peut être appliqué de manière reproductible à la flotte de 737 MAX.

Boeing veut élargir l’offre mondiale

L’avionneur américain prévoit désormais d’augmenter ses capacités mondiales de révision et de s’appuyer sur des partenaires MRO — maintenance, réparation et révision — certifiés. Les priorités annoncées sont l’augmentation du stock d’ensembles compatibles 737 MAX, l’ouverture de créneaux d’échange anticipés au plus près des bases d’exploitation des clients et le suivi des résultats opérationnels afin de mesurer les gains réels en matière de disponibilité et de coûts.

Pour les compagnies, le modèle peut améliorer la prévisibilité de la maintenance. Au lieu d’immobiliser un capital important dans plusieurs jeux de trains de secours, elles peuvent réserver un créneau d’échange auprès du fournisseur. Boeing conserve alors une partie du risque associé à la disponibilité des stocks et à l’obsolescence des pièces, un enjeu important alors que les flottes de 737 MAX continuent de gagner en volume chez de nombreux opérateurs.

American Airlines devient ainsi le premier opérateur à recourir à ce programme spécifiquement pour le 737 MAX. Boeing n’a toutefois pas précisé dans son communiqué l’immatriculation de l’avion concerné ni le site exact ayant réalisé l’opération.

737 MAX : Boeing inaugure avec American Airlines son programme d’échange de trains 1 Air Journal

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