Les transporteurs iraniens ne peuvent plus assurer de vols à destination ou au départ des Émirats arabes unis depuis le 24 septembre. Abou Dhabi invoque les sanctions américaines renforcées depuis le 8 septembre 2026. Une interdiction de survol visant en retour les avions émiratis est évoquée par plusieurs médias, sans confirmation officielle établie à ce stade.

Une suspension qui dépasse Dubaï

Ce n’est pas seulement Dubai International qui est concerné. La décision de l’Autorité générale de l’aviation civile des Émirats (GCAA) s’applique aux vols exploités par des compagnies iraniennes vers et depuis l’ensemble du pays, « jusqu’à nouvel ordre ». L’autorité explique avoir pris cette mesure à la lumière des restrictions américaines visant l’accès de ces transporteurs aux aéroports étrangers. Son communiqué ne prononce pas, en revanche, une fermeture générale des liaisons entre les deux pays ni de l’espace aérien émirati.  Pour les passagers, l’effet a été immédiat. Selon l’agence ISNA, les vols des compagnies iraniennes vers les Émirats arabes unis étaient annulés dès la nuit du 23 au 24 septembre. La durée de l’interruption reste inconnue : la GCAA n’a fixé aucune date de reprise et recommande de s’en remettre aux informations officielles.

Les sanctions américaines gagnent les escales

Washington cherche à tarir les services indispensables aux compagnies iraniennes hors de leurs frontières : ravitaillement, assistance au sol, fret ou commercialisation. Le 8 septembre, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dépendant du département américain du Trésor, a sanctionné 36 cibles liées au secteur aérien iranien, dont 27 entités aéroportuaires et aériennes encore actives qui n’étaient pas déjà visées par les précédentes mesures. L’administration américaine accuse l’aviation commerciale iranienne d’être utilisée pour le transport d’armes, de personnels et de cargaisons illicites, ainsi que pour l’acquisition d’avions, de pièces et de technologies d’origine occidentale par l’intermédiaire de sociétés écrans. Il avertit que des entreprises et établissements financiers étrangers travaillant avec des entités sanctionnées s’exposent, selon les transactions en cause, à des mesures américaines. Il accuse notamment Mahan Air de contribuer aux opérations des Gardiens de la révolution.

La pression ne se limite plus aux Émirats arabes unis. Reuters rapporte que les vols de compagnies iraniennes étaient également empêchés vers Oman le 24 septembre ; l’agence iranienne Tasnim faisait état de perturbations vers la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Irak. Pour les transporteurs iraniens, perdre une escale signifie aussi perdre l’accès aux prestations qui rendent possible une rotation internationale.

La Chine défie-t-elle les sanctions américaines ?
Malgré les sanctions américaines, le vol IRM093 de Mahan Air, opéré par un Airbus A340-313 immatriculé EP-MMD, en provenance de Téhéran a atterri à Guangzhou le 23 septembre 2026, selon les données de Flightradar24. Pékin rejette ces mesures, mais la poursuite régulière des liaisons Iran–Chine reste à confirmer.

Sur le plan politique, Pékin rejette ouvertement les sanctions américaines. Interrogé sur l’accueil de vols iraniens, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la Chine s’opposait aux sanctions unilatérales qu’elle juge dépourvues de fondement en droit international et de mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. Il n’a toutefois pas confirmé, dans ces réponses, quelles prestations seraient fournies aux avions iraniens.

Sanctions américaines : les compagnies aériennes iraniennes privées d’aéroports aux Émirats arabes unis 1 Air Journal

©Anna Zvereva