La Federal Aviation Administration (FAA) américaine a réuni vendredi 2 octobre un comité chargé d’examiner une anomalie logicielle affectant certains Boeing 737 MAX. Le problème, susceptible de priver l’équipage d’une partie du guidage vertical automatisé dans une configuration très particulière de remise de gaz, a déjà conduit le régulateur à reporter la certification du 737 MAX 10. Boeing prépare une mise à jour logicielle, tandis que Washington assure ne pas identifier, à ce stade, de risque imposant l’immobilisation de la flotte en service.
La FAA réunit un comité de revue
La FAA a convoqué vendredi un Corrective Action Review Board (CARB), une instance interne chargée d’évaluer l’anomalie signalée par Boeing sur le système de gestion de vol de certains 737 MAX. L’examen devait notamment déterminer si le défaut présente un risque de sécurité nécessitant des mesures opérationnelles immédiates, une modification des procédures ou l’installation rapide d’un correctif. L’événement intervient alors que le constructeur américain espérait obtenir prochainement la certification du 737 MAX 10, la plus grande variante de la famille MAX. L’autorité américaine a toutefois indiqué cette semaine qu’elle suspendait cette étape tant que son analyse du problème logiciel ne serait pas achevée.
Selon Reuters, des responsables de compagnies aériennes ayant participé mercredi à une réunion avec Boeing ne s’attendaient pas à ce que le comité conclue à un problème de sécurité. Si la FAA rendait un avis favorable, la certification du MAX 10 pourrait encore intervenir au cours du mois d’octobre. Cette perspective reste néanmoins dépendante de l’analyse technique du régulateur et de l’évaluation du correctif proposé par Boeing.
Une anomalie lors d’une remise de gaz
Le scénario identifié est précis et concerne une phase de vol particulièrement exigeante : la remise de gaz, ou go-around. Cette manœuvre est engagée lorsqu’un équipage interrompt son atterrissage — en raison, par exemple, d’une piste non dégagée, d’une approche instable ou de conditions météorologiques défavorables — remet de la puissance et remonte afin de se représenter pour une nouvelle approche.
Le défaut peut se produire dans une combinaison particulière : une approche de précision effectuée avec le pilote automatique engagé, une remise de gaz, puis une modification par l’équipage de la trajectoire programmée dans le système de gestion de vol. Dans ces circonstances, la fonction de navigation verticale, ou VNAV, peut se désengager. L’avion ne perd pas pour autant toute possibilité de pilotage automatique : il bascule vers un niveau de commande en tangage moins sophistiqué, tandis que les pilotes conservent la maîtrise de l’appareil.
La difficulté soulevée par la FAA tient donc moins à une perte immédiate de contrôle qu’à la charge de travail supplémentaire imposée aux pilotes au moment où ils doivent déjà gérer puissance, trajectoire, configuration, communications avec le contrôle aérien et préparation d’une nouvelle approche. « La FAA est au courant d’un problème potentiel dans une mise à jour logicielle des ordinateurs de vol de certains Boeing 737 MAX et travaille étroitement avec Boeing et les compagnies aériennes », a indiqué le régulateur.
Boeing prépare une mise à jour logicielle
Boeing avait prévenu les exploitants le mois dernier et travaille désormais à une correction pérenne. Le constructeur a précisé que le défaut concernait certaines versions du logiciel des ordinateurs de gestion de vol, identifiées comme les versions 14 et 14.1.
Le groupe pourrait également recommander une formation complémentaire ou des ajustements de procédure pour les équipages, en attendant le déploiement du correctif. Cette éventualité n’équivaudrait pas nécessairement à une restriction d’exploitation : les pilotes de 737 sont formés aux remises de gaz et au pilotage sans guidage vertical automatisé.

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