Bombardier supprime 1 000 postes et abandonne le Learjet 85

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L’avionneur canadien a suspendu le programme de développement de son jet d’affaires Learjet 85, entraînant le licenciement de 1000 salariés. Bombardier annonce vouloir se concentrer sur les programmes du nouvel avion de ligne CSeries et des jets d’affaires Global 7000 et 8000.

Le programme du Learjet 85, destiné à  concurrencer le jet d’affaires Falcon 5X (dont le vol inaugural est prévu au cours de ce premier trimestre 2015 pour une mise en service en 2017) de Dassault Aviation, est donc suspendu en raison de ventes insuffisantes. La décision entraîne 1 00 licenciements sur les usines Bombardier de Querétaro au Mexique où devaient être produits des éléments en matériaux composite du Learjet 85 et de Wichita au Kansas aux Etats-Unis, où il devait être assemblé.

Le constructeur avait déjà  annoncé en juillet dernier un plan de réorganisation, pour diminuer ses coûts,  entraînant la suppression de 1 800 postes dans des fonctions indirectes et non liés à la production. Et en décembre 2014, elle annonçait la suppression de 1 700 postes dans la division aéronautique, principalement dans son usine de Mirabel, au nord de Montréal, en raison du retard du programme CSeries.

Le projet Learjet 85 est certes suspendu, mais pourrait reprendre à une date non décidée, en attendant des jours meilleurs pour les jets d’affaires. « Bombardier surveille en permanence sa stratégie sur ses produits et les priorités de développement », explique Pierre Beaudoin, président et chef de la direction de Bombardier Inc.. « Compte tenu de la faiblesse du marché, nous avons pris la décision difficile de mettre en pause aujourd’hui le programme Learjet 85. Nous allons concentrer nos ressources sur nos deux autres programmes d’avions en développement,  le CSeries (mise en service fin 2015 n.d.l.r.) et les Global 7000 et 8000 (entrées en services respectivement en 2016 et 2017 n.d.l.r.), pour lesquels nous voyons un marché potentiel énorme. Les deux programmes sont en bonne voie », a-t-il ajouté.

Air-journal-cseries-hiverLe CSeries veut pénétrer le marché, laissé vacant par Airbus et Boeing, des sièges de 100 à 150 places (entre 108 et 130 sièges en deux classes pour le CSeries). L’avionneur vient justement de terminer avec succès ses tests de certification du Cseries par température glaciale (- 28 ° C), a-t-elle annoncé jeudi 15 janvier. Mais ce programme a connu des déboires l’année dernière, avec des tests arrêtés 4 mois, suite à une explosion réacteur lors d’un test moteur. Ces problèmes ont de même entraîné le départ de trois hauts dirigeants de ce programme CSeries, et la désaffection successive de deux compagnies aériennes prévues pour lancer le nouveau modèle. L’avionneur a révélé le mois dernier avoir trouver un nouveau (et troisième transporteur de lancement), dont l’identité n’a pas été révélée.  Son carnet de commandes reste encore modeste avec 243 commandes fermes (63 pour le CS100, le plus petit modèle et 180 pour le CS300).  Parmi les clients du programme figurent Swiss (30 CS100 fermes), Republic Airways (40 CS100 fermes), Gulf Air (10 CS100 fermes) et Odyssey Airlines (10 CS100 fermes pour la future compagnie britannique), tandis que le CS300 a séduit Republic Airways encore, Korean Air ou airBaltic entre autres.

http://www.air-journal.fr/2015-01-18-bombardier-supprime-1-000-postes-et-abandonne-le-learjet-85-5133710.html

Commentaire(s)

  1. TIM

    Carnet Modeste mais constitué de commandes valables. avec le C Series ces 1 000 emplois seront vite recréés!

  2. Erik de Nice

    Il y a quand même bien des chances qu’une importante Compagnie Low Cost Nord Américaine, Européenne ou Asiatique s’intéresse de près à la version haute densité du CS300 mais il va falloir pratiquer des prix très serrés parce que les 737 Max et autres 320’s NEO ne sont que des versions re-motorisées de modèles Archi-rentabilisés chez les deux principaux constructeurs. Ceux-ci peuvent donc, sans vraiment grever leur finance, pratiquer de très importantes remises pour décrocher de nouvelles commandes.
    Ce n’est pas vraiment le cas de Bombardier dont la situation financière aurait réellement à en souffrir si la direction commerciale décidait de s’aligner sur les taux de remise pratiqués par les deux géants.
    Va falloir jouer serré pour faire réellement décoller le programme CSeries..

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