AirAsia : ça coince en Indonésie et en Inde

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La compagnie aérienne low cost AirAsia doit affronter des problèmes sur deux fronts, en Indonésie d’abord où sa filiale locale fait partie des treize transporteurs menacés de retrait de licence si leur situation financière ne s’améliore pas. En Inde, son autre filiale attend pour poursuivre son développement une décision des autorités sur la règle des 5/20 – cinq ans d’existence et vingt avions avant de lancer des vols internationaux.

Basée à l’aéroport de Jakarta-Soekarno Hatta, Indonesia AirAsia est l’une des compagnies visées par le ministère des transports en raison de sa situation financière, la seule autre connue étant Batik Air, filiale de Lion Air. Les autorités craignent que des fonds insuffisants n’entrainent des économies sur la sécurité, et donc une mise en danger des passagers ; crainte alimentée par les deux accidents survenus en Indonésie en moins de six mois, celui du vol QZ8501 d’Indonesia AirAsia qui avait fait 162 morts le 28 septembre dernier, et celui d’un Lockheed C-130 de l’Armée de l’Air qui s’est écrasé près de Medan le 30 juin, faisant plus de 140 morts. Les 13 compagnies ont jusqu’au 31 juillet pour présenter des comptes en règle : une nouvelle loi oblige tout transporteur opérant des avions de plus de 70 sièges à avoir un capital d’au moins 37,5 millions de dollars, un nombre qui baisse à 22,5 millions pour les avions de moins de 30 places, et à 7,5 millions pour les compagnies cargo. Sinon, les AOC seront suspendues et les opérations arrêtées. Cette menace vient cependant d’être revue à la baisse : on ne parlerait plus que de restructuration obligatoire et d’examens poussés pour toute nouvelle route.

Tony Fernandes, PDG du groupe AirAsia, a assuré que la filiale indonésienne n’aurait aucun problème pour remplir les règles, affirmant avoir des « liquidités extrêmement fortes ». Mais des experts ont avancé une recapitalisation nécessaire de plus de 220 millions de dollars, la low cost ayant affiché des résultats en dents de scie depuis deux ans ; elle a dévoilé une perte nette de 40 millions de dollars au premier trimestre 2015, et devrait suivre le même chemin au deuxième trimestre même si elle annonce un retour dans le vert d’ici la fin de l’année. La restructuration avait déjà commencé le mois dernier, avec l’annonce du retrait de quatre Airbus A320 (elle en opère 29), une baisse des coûts et un recentrement de l’activité sur « l’alimentation » des vols long-courriers de la low cost long-courrier AirAsia X (que ce soit la filiale indonésienne, la malaisienne ou la thaïe).

air-journal_airasia india A320 closeEn Inde, la problématique est différente pour AirAsia India, lancée il y a un an et opérant cinq A320 vers onze destinations : elle a décidé de geler tous ses projets d’expansion, que ce soit le leasing d’appareils supplémentaires ou le lancement d’autres routes, en attendant des précisions du gouvernement. Celui-ci a en effet annoncé son intention de mettre fin à la règle des 5/20 (cinq ans d’existence et vingt avions avant de lancer des vols internationaux), appliquée sans exception à ses rivales comme IndiGo, GoAir ou SpiceJet ; à la place, un système de points permettrait aux compagnies d’ouvrir des lignes internationales en fonction du nombre de routes domestiques assurées. « Les promesses de clarification se font toujours attendre », expliquait il y a quinze jours le CEO d’AirAsia India Mittu Chandilya, « et je n’ai rien entendu de la part du gouvernement concernant le ciel ouvert ou la liberté des marchés ». Approuvant la suppression de la règle sur le principe, il a reçu l’appui de Vistara, autre coentreprise locale lancée en janvier par Singapore Airlines et Tata Sons ; mais les rivales indiennes insistent pour que la règle des 5/20 soit conservée « afin de protéger le secteur de l’aviation en Inde » – un point de vue soutenu également par Air India et Jet Airways.

C’est justement le moment qu’a choisi Thai AirAsia pour annoncer une nouvelle route entre la Thaïlande et l’Inde : à partir du 1er septembre, elle proposera un vol quotidien entre Bangkok-Don Mueang et BangaloreKempegowda, sa deuxième destination en Inde après Chennai (départ 21h00 pour arriver à 23h00, retour à 23h45 pour se poser le lendemain à 5h00). Seule concurrente sur cette route : Thai Airways. Le CEO de Thai AirAsia Tassapon Bijleveld a bien sûr mis en avant les correspondances possibles sur place avec le réseau d’AirAsia India, qui propose sept routes depuis Bangalore (vers Chandigarh, Delhi, Goa, Jaipur, Kochi, Pune et Visakhapatnam), mais aussi les possibilités offertes aux Indiens désireux de visiter la Thaïlande.

http://www.air-journal.fr/2015-07-14-airasia-ca-coince-en-indonesie-et-en-inde-5147243.html

Commentaire(s)

  1. En même temps, AirAsia India savait bien que la règle 5/20 existait en s’implantant dans le pays, donc je comprends pas trop quelle est l’idée de départ derrière leur plan. Donc jouer la pucelle et geler tous ces projets est un peu bizarre, sachant qu’ils peuvent toujours utiliser les autres compagnies affiliées à Air Asia pour connecter Bangalore à l’Asie du Sud-Est. En tout cas c’est une bonne nouvelle que la ligne Bangalore-Bangkok voie une nouvelle compagnie en plus de Thai Airways.

  2. Flo

    Ne jamais prendre Airasia Indo.
    3 vols intérieur en moyenne 1h de retard mais le pire et venu du dernier vol. Mon vol a été annulé la veille puis après reversement sur le vol suivant on a eu 45 min de retard sur le vol alors cas là basse j’avais prévu 4h20 résulta j’ai raté mon vol AF et Airasia n’a pris en charge qu’une nuit à l’hôtel et après une longue discutions. On a du reprendre un billet plein tarif à nos frais afin de rentrer. Une fille qui passé par KLM à eu le même problème. Donc je vous conseille une autre compagnie

  3. Flo, franchement réflechissez avant de jouer… Et relisez avant de poster…

  4. J’ai souvent pris Air Asia, (Malaisie ou Thaïlande) certains en Asie l’appellent Air delayed. Très souvent en retard. Difficile de respecter les horaires avec un turn over conséquent (si les 1ers premiers vols ont du retard…tout suit…)
    Même avec une compagnie non low cost on peut avoir du retard ou un vol annulé pour X raisons.
    Un vol annulé + un retard sur le second, c’est la faute à pas de chance !

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