Air France-KLM va mieux, pour l’instant ?

air-journal_air france klm

Le groupe Air France-KLM a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 480 millions d’euros, transportant sur la période 25,897 millions de passagers (+7,4%). Des résultats à relativiser en raison de l’impact de la grève des pilotes d’Air France pendant la même période l’année dernière, et pas suffisants selon le PDG du groupe, qui appelle les syndicats à une reprise rapide des négociations sur Perform 2020.

Dans son communiqué du 28 octobre 2015, le groupe franco-néerlandais met en avant un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros, en hausse de +10,8% mais en baisse de -2,4% à données comparables (à change constant et hors impact de la grève des pilotes de septembre 2014 ; hors grève, il est en hausse de +4,2% principalement grâce à un effet change important). Le résultat d’exploitation est de 898 millions d’euros (record historique depuis la création d’Air France-KLM en 2004), en hausse de 321 millions d’euros hors grève et de 304 millions d’euros à données comparables, tandis que le coût unitaire est en recul de -0,9% à données comparables ; la marge d’exploitation atteint 12,1%, en progrès de 8,4 points. Le trafic passager d’Air France-KLM a gagné +7,4% à 25,897 millions de passagers, sur des capacités en ESKO en hausse de +5,8% – des progressions ne tenant pas compte de la grève des pilotes d’Air France en septembre 2014. Mais sur les neuf premiers mois de l’année, le résultat net reste négatif à -158 millions d’euros (en amélioration tout de même de 375 millions par rapport à la même période en 2014). Le PDG du groupe Alexandre de Juniac a déclaré : « Un environnement favorable, principalement marqué par la baisse du prix du carburant et par une forte demande à l’été, conduit à une amélioration des résultats d’Air France-KLM au cours du troisième trimestre et des neuf premiers mois de 2015. Ces facteurs conjoncturels viennent s’ajouter aux effets positifs du plan Transform 2015 engagé depuis 2012. Cette progression ne permet cependant ni de combler le différentiel de compétitivité avec nos concurrents, ni de disposer des moyens de financer la croissance du Groupe. La mise en œuvre du plan Perform 2020 est donc indispensable car la baisse des coûts unitaires est le principal levier dont Air France-KLM dispose pour trouver une croissance rentable dans un environnement concurrentiel. La reprise rapide des négociations avec les organisations professionnelles, à laquelle la direction de l’entreprise les invite, est un élément essentiel de la réussite de ce plan ».

Perspectives pour l’année 2015 : Le déséquilibre entre l’offre et la demande se poursuit sur plusieurs marchés importants, se traduisant par une pression durable sur les recettes unitaires. Ainsi, comme constaté au cours des 9 premiers mois de l’exercice et en dépit de l’amélioration observée pendant la période de pointe de l’été, la grande majorité des économies attendues en 2015 sur la facture carburant pourrait être absorbée par la baisse des recettes unitaires et l’effet change négatif. En raison de la révision à la baisse de la croissance des capacités sur le quatrième trimestre, du retard pris dans l’application des dernières mesures du plan Transform 2015, et de l’absence de contribution significative des nouvelles mesures Perform 2020 chez Air France, le Groupe ajuste son objectif de baisse du coût unitaire sur l’année 2015, qui est maintenant attendue entre 0,5% et 0,7% (contre 1% à 1,3% précédemment). Il maintient son objectif de dette nette à fin 2015, à environ 4,4 milliards d’euros, en baisse de près d’un milliard d’euros par rapport à la fin 2014

Résultats financiers :

Au troisième trimestre 2015, le chiffre d’affaires s’est établi à 7,4 milliards d’euros, contre 6,7 milliards d’euros au troisième trimestre 2014, en hausse de 10,8%. Hors grève, le chiffre d’affaires était en hausse de 4,2% principalement grâce à effet change important. A données comparables, il était en baisse de 2,4%. Au cours du troisième trimestre 2015, l’effet change sur les coûts a atteint 471 millions d’euros. Il était plus faible qu’au deuxième trimestre car le dollar US s’est moins renforcé contre l’euro au cours de la période. En raison du poids relativement plus important des recettes en dollars au cours du troisième trimestre, et de l’appréciation des autres devises, l’effet change a eu un impact positif plus élevé sur le chiffre d’affaires, atteignant 488 millions d’euros. Ainsi, pour la première fois depuis le premier trimestre 2013, l’impact net des devises a été positif sur le résultat d’exploitation, à +17 millions d’euros. Les charges d’exploitation ont augmenté de 1,1% mais ont baissé de 7,0% à données comparables. Hors carburant, elles ont augmenté de 2,7% et de 0,5% à données comparables. Le coût unitaire par ESKO a baissé de 0,9% à change, prix du carburant et charges liées aux retraites constants, pour une production mesurée en ESKO stable (+0,4%). La facture carburant s’est élevée à 1 679 millions d’euros, en baisse de 3,3% à données publiées et en baisse de 23,3% à données comparables. Sur la base des courbes à termes au 16 octobre 2015, la facture carburant de l’année 2015 devrait atteindre 6,2 milliards d’euros. Selon la même courbe à terme, la facture de carburant pourrait s‘élever à 5,1 milliards d’euros pour l’année 2016. Les coûts totaux de personnel (y compris intérimaires) ont augmenté de 1,9% à 1 939 millions d’euros. Ils incorporent une hausse (non cash) de 28 millions d’euros des charges liées aux retraites enregistrée chez KLM en raison des nouvelles hypothèses actuarielles (baisse du taux d’actualisation). A charge de retraite et périmètre constants, ils étaient en baisse de 0,6%. L’EBITDAR s’est établi à 1 605 millions d’euros, en hausse de 707 millions d’euros. A données comparables, l’EBITDAR était en hausse de 314 millions d’euros, tiré par une bonne dynamique commerciale au cours de la période de pointe de l’été.

Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2015, le chiffre d’affaires s’est établi à 19,7 milliards d’euros, contre 18,7 milliards d’euros, en hausse de +5,4% mais en baisse de -3,1% à données comparables. La facture carburant s’est élevée à 4820 millions d’euros, en baisse de 2,2% à données publiées, et en baisse de 20,0% à données comparables. Sur les neuf premiers mois de l’année, près de 75% de l’économie obtenue sur la facture carburant (1 184 millions d’euros hors change) a été absorbée par la pression sur les recettes unitaires (770 millions d’euros hors change) et l’effet change négatif (118 millions d’euros). Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2015, l’EBITDA s’est établi à 1896 millions d’euros, en hausse de 388 millions d’euros à données comparables, principalement grâce à la bonne performance de l’activité Passage réseaux, en amélioration de 382 millions d’euros à données comparables. Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2015, à données comparables, l’EBITDA a progressé de 257 millions d’euros chez Air France et de 117 millions d’euros chez KLM. La marge d’EBITDA a gagné 1,2 point au sein de chaque compagnie pour atteindre 9,2% chez Air France et 9,9% chez KLM. Le résultat d’exploitation s’est établi à 666 millions d’euros, contre 40 millions d’euros en 2014, en amélioration de 626 millions d’euros. A données comparables, le résultat d’exploitation était en hausse de 415 millions d’euros, principalement grâce à la bonne performance de l’activité Passage réseaux, en amélioration de 396 millions d’euros (voir ci-dessous). Le résultat net, part du groupe s’élevait à -158 millions d’euros contre -533 millions d’euros un an plus tôt. Il intégrait notamment le résultat non récurrent lié à la plus-value sur la vente d’actions Amadeus (+218 millions d’euros), compensé par l’évolution de la valeur du portefeuille de couvertures carburant (-225 millions d’euros), l’impact de la perte de change non réalisée (-320 millions d’euros) et des charges de restructuration d’un montant de 134 millions d’euros. Sur une base retraitée, le résultat net part du groupe s’est établi à 197 millions d’euros contre -233 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2014, enregistrant ainsi une amélioration de 430 millions d’euros.

Activité Passage réseaux (Air France, HOP!, KLM) :

air-journal_Air France KLM bisAu troisième trimestre 2015, le chiffre d’affaires de l’activité Passage réseaux s’est élevé à 5895 millions d’euros, en hausse de 4,9% hors grève, mais en baisse de 1,5% à données comparables. Le résultat d’exploitation de l’activité Passage réseaux s’est établi à 798 millions d’euros, comparé à 211 millions d’euros au troisième trimestre 2014. A données comparables, le résultat d’exploitation était en hausse de 266 millions d’euros. Le Groupe a maintenu sa gestion stricte des capacités, n’augmentant ses capacités que de 1,2% sur le
trimestre. La recette unitaire au siège-kilomètre offert (RSKO) est restée volatile, en baisse de 2,7% à données comparable. Cette évolution était néanmoins en amélioration par rapport au deuxième trimestre en raison d’une bonne dynamique commerciale au cours de la pointe été. Sur le réseau long-courrier, la recette unitaire a traduit les équilibres attendus d’offre-demande, accrue par la chute de la demande au départ du Brésil et du Japon. De plus, plusieurs lignes ont été affectées par les réductions de budget de voyages mises en œuvre par les clients liés au secteur pétrolier, en particulier en Afrique. Comme prévu, les capacités court- et moyen-courrier point-à-point (hors des hubs de Paris et d’Amsterdam) ont été encore ajustées à la baisse (-12,7%), avec un effet positif significatif sur la recette unitaire (+8,2% à données comparables). Sur les hubs, l’activité court et moyen-courrier a également bénéficié de la bonne dynamique commerciale, avec une recette unitaire stable à données
comparables. Sur les neuf premiers mois de 2015, le chiffre d’affaires de l’activité Passage réseaux s’est élevé à 15,558 milliards d’euros, en hausse de 3,0% hors grève, mais en baisse de 2,6% à données comparables. Le résultat d’exploitation de l’activité Passage réseaux s’est établi à 686 millions d’euros, comparé à 88 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2014, en amélioration de 598 millions d’euros à données publiées et de 396 millions d’euros à données comparables. Considérant la pression sur les recettes unitaires observées sur certaines zones, le Groupe a ajusté son programme de vols pour la saison hiver 2015-16, en particulier sur les lignes les plus faibles à destination du Brésil et du Japon. Dans son programme hiver 2015-16, le Groupe prévoit ainsi une légère croissance des capacités sur long-courrier (+1,7%) et une poursuite de la réduction des capacités court et moyen-courrier (-1,8%).

Transavia :

©Studio-Dumbar

©Studio-Dumbar

Au troisième trimestre 2015, les capacités de Transavia ont augmenté de +3,4%, traduisant le développement accéléré en France (capacités en hausse de 20,1%) et la réduction des capacités dans l’activité charter aux Pays-Bas. Le trafic a augmenté de +3,7% et le coefficient d’occupation est resté élevé (92,0%). La recette unitaire par SKO était en baisse plus faible que le coût unitaire (-0,8% contre -4,2%), impliquant une amélioration de 15 millions d’euros du résultat d’exploitation. Sur les neuf premiers mois de 2015, le chiffre d’affaires de Transavia s’est élevé à 892 millions d’euros, en hausse de 3,4%. Le résultat d’exploitation s’est établi à 2 millions d’euros, en légère amélioration par rapport à l’an dernier (+4 millions d’euros). Le développement rapide de Transavia va se poursuivre à la saison hiver 2015-16, avec une croissance prévue des capacités de +9,1%.

Activité Cargo :

Le Groupe a poursuivi la restructuration de son activité tout-cargo pour s’adapter à la faiblesse du commerce mondial et à la situation de surcapacité structurelle dans le secteur du cargo aérien. Au cours du troisième trimestre 2015, les capacités tout-cargo ont ainsi été réduites de 30%, tandis que les capacités soutes étaient stables (+0,2%), amenant en conséquence une baisse des capacités totales de 7,4%. La recette unitaire à la Tonne-Kilomètre Offerte (RTKO) a néanmoins baissé de 11,5% à données comparables, reflétant la demande toujours faible dans le secteur. Le coût unitaire cargo était en baisse de 11,6% à données comparables, bénéficiant de la baisse du prix du carburant et de la bonne performance sur les coûts unitaires hors change hors prix du carburant, en baisse en dépit de la réduction des capacités. Les pertes de l’activité tout-cargo ont ainsi été sensiblement réduites. Le résultat d’exploitation s’est établi à -81 millions d’euros, en amélioration de 21 millions d’euros à données comparables. Sur les neuf premiers mois de 2015, le chiffre d’affaires de l’activité cargo s’est élevé à 1 813 millions d’euros, en baisse de 9,0% hors grève, et de 16,7% à données comparables. A -222 millions d’euros, le résultat d’exploitation était en baisse de 23 millions d’euros à données comparables.
Dans le cadre de Perform 2020, le Groupe a sorti 3 Boeing 747 de la flotte à la saison hiver 2014-15, et sortira tous les MD11 d’ici juin 2016. Le Groupe prévoit d’opérer seulement 5 avions tout-cargo d’ici la fin 2016. Cette réduction devrait permettre à l’activité tout-cargo de retrouver l’équilibre d’exploitation en 2017 (contre -95 millions d’euros de pertes en 2014, hors grève).

Activité Maintenance :

Au troisième trimestre 2015, le chiffre d’affaires externe de la maintenance s’est élevé à 371 millions d’euros, en hausse de +16,6% et en baisse de -2,4% à données comparables. Cette baisse s’explique par la volatilité de l’activité d’entretien moteur, qui avait bénéficié d’une base de comparaison favorable au premier semestre. Le résultat d’exploitation s’est établi à 81 millions d’euros, en hausse de 20 millions d’euros par rapport au troisième trimestre 2014, et en baisse de 12 millions d’euros à données comparables. Sur les neuf premiers mois de 2015, le chiffre d’affaires externe de la maintenance était en hausse de 28,3%, et de 7,8% à données comparables. A 167 millions d’euros, le résultat d’exploitation était en amélioration de 54 millions d’euros, bénéficiant du renforcement du dollar par rapport à l’euro.
Au cours de la période, le carnet de commande a enregistré une hausse de 12% pour atteindre 8,4 milliards de dollars, incluant notamment plusieurs contrats de support équipement sur B787. Le Groupe a poursuivi le développement de son portefeuille de service, avec un investissement dans une société américaine de trading de pièces moteur.

Autres activités : Catering

Au troisième trimestre 2015, l’activité Catering a réalisé un chiffre d’affaires externe de 110 millions d’euros, en hausse de 31,0% principalement grâce à la consolidation de plusieurs filiales. Le résultat d’exploitation s’est établi à 21 million d’euros, en hausse de 10 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2015, l’activité Catering a réalisé un chiffre d’affaires externe de 270 millions d’euros, en hausse de 15,4%, tirée par une bonne dynamique commerciale en France comme à l’international et à la consolidation de plusieurs filiales. Le résultat d’exploitation s’est établi à 26 millions d’euros, en hausse de 14 millions d’euros.

L’intégralité du rapport d’Air France-KLM est disponible ici.

air-journal_KLM Air France Chili 2

 

http://www.air-journal.fr/2015-10-30-air-france-klm-va-mieux-pour-linstant-5152734.html

Commentaire(s)

  1. Bon ben rassurez vous , ca va pas durer vu les grèves qui s’annoncent .

  2. Les fainéants et les bon à rien , comme vous avez l’habitude de le dire … Vous saluent ! Résultat positif en ayant temboursé 1.1 milliards d’euros aux banques.

  3. Franck DELAWARE

    Et moi qui croyais qu’on était au bord du gouffre…. Et que si les pilotes n’acceptaient pas de travailler 2 mois gratuitement tous les ans, AF risquait de disparaître !

    • Serpico

      Visiblement Delaware, est soit incapable de comprendre un rapport financier du fait de son incompétence soit il démontre une capacité de manipulation hors norme.
      1) Effets de change positif
      2) Cours du pétrole favorable sur la charge carburant
      3) Effet grève (camarade pilotes syndiqués)
      Sans diminution sensible des coûts et ou amélioration significative de la recette, AF annoncera des pertes cette années, et de nouvelles pertes l’année prochaine.
      Merci pour cette brillante analyse monsieur le PNT, retournez donc à votre guidon!

    • Vincent

      SERPICO a parfaitement raison.

      Ce petit bénéfice ne peut effacer une dette abyssale.

  4. et toujours aucune donnée détaillée par compagnie: AF, HOP, Transavia,KLM…

  5. FRED LE CORSE

    serpico toi par contre t’es un bon bulot de base….. en fait ça te fait chier…. et oui AF repart et le tout sans aucunes aides de l’etat, bien au contraire, on a toujour la meme concurrence deloyale, les charges les memes taxes….. mais nos avions sont blindés…. les faits sont là….. allez c’est pas grave d’avoir loupé les concours AF t’avais pas le niveau… nous si!!!

    • Serpico

      Bulot ! Tu ne sais même pas lire un rapport financier, alors blindés tes avions avec des charges qui continuent à augmenter y compris avec la baisse des cours du pétrole et un effet positif de change, une recette en baisse, on en reparle à la consolidation des comptes fin décembre… Plus C.. que toi, c’est impensable.. Pour ton info DXB risque de fermer, c’est vrai AF se porte vraiment mieux !

    • Concurrence déloyale des arabes ??
      ADP ??
      Le gouvernement ??
      Et… Les syndicats ?? On en parle pas ?

      AFKLM en a marre des taxes françaises ( Chirac ), elle n’a qu’à se délocaliser à Amsterdam et donc de quitter le dynamisme du CAC40 pour la bourse locale.

      AFKLM en a marre de ADP, de ses redevances, elle n’a qu’à quitter les plate-fortes parisiennes.

      AFKLM en a marre de la concurrence, bah là elle pourra faire faillite et envoyer tous ses fainéants chez Pôle Emploi.

      @Fred : American ferait-elle de la concurrence déloyale ?? Etihad ferait-elle de la concurrence déloyale ?? Ryanair et EasyJet feraient-elles de la concurrence déloyale ?? Attention toute la communauté aéronautique attend son avis

Les commentaires sont fermés. Continuez la discussion sur le forum