La recapitalisation d’Air Austral approuvée par l’Europe

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La Commission Européenne a conclu que la recapitalisation de la compagnie aérienne Air Austral, réalisée par la Sematra en juillet 2012, ne révèle l’existence d’aucune aide d’État. Les demandes d’annulation de cette opération par Corsair International sont donc rejetées.

Dans sa décision rendue le 15 mars 2016 et rendue publique hier par Air Austral, la Commission Européenne a mis fin à l’examen de la plainte déposée par Corsair International le 27 août 2013, et d’une procédure à laquelle Air Austral « a participé en apportant tout élément sollicité ». Bruxelles confirme donc que la Sematra, principal actionnaire d’Air Austral, « s’est comportée en tant qu’investisseur avisé, comme le fait tout actionnaire privé en économie de marché ». La Commission vient par ailleurs confirmer le caractère non fondé de la série de recours lancés par la compagnie Corsair, d’abord rejetés par le Tribunal Administratif, en référé comme sur le fond, puis finalement par la Commission Européenne.

« Cette décision vient renforcer et approuver la solidité de notre business plan, élément fondateur de la recapitalisation d’Air Austral par la Sematra », a déclaré Marie Joseph Malé – PDG d’Air Austral. « Ses effets l’ont conduite en moins de 2 ans, d’abord à un retour à l’équilibre financier, puis au lancement d’un plan de développement tant ambitieux que raisonné (…) C’est désormais en toute sérénité qu’avec mon équipe, nous poursuivons avec ténacité, passion et inventivité, le développement de notre compagnie ».

Air Austral rappelle que sa recapitalisation est intervenue le 6 juillet 2012 par la Sematra, sur la base d’un « business plan crédible et réaliste proposé dans le cadre de la restructuration de la compagnie, alors en situation de quasi dépôt de bilan ». Cette recapitalisation s’est vue contestée par Corsair, et quatre procédures ont été lancées pour examiner la légalité de l’opération de recapitalisation d’Air Austral « au regard du droit des aides d’État ». Deux ont été engagées devant le Tribunal Administratif de Saint-Denis de la Réunion (rejetées respectivement le 24 aout 2012 puis le 4 juillet 2014) et deux devant la Commission Européenne (enquête préliminaire terminée en mars 2013, examen de la plainte rejetée donc la semaine dernière).

Air Austral explique aussi que la Commission européenne, « comme le Tribunal administratif a pu le faire », considère que la Sematra s’est comportée comme un investisseur avisé en économie de marché, « sur la base d’éléments économiques et financiers crédibles et réalistes s’inscrivant dans le cadre d’un plan global de restructuration » et, par suite, que la qualification d’aide d’Etat est exclue dans la mesure où la Sematra a diligenté les études préalables requises pour toute opération de recapitalisation avant de prendre sa décision ; ces études se sont fondées sur des hypothèses et des mesures de restructuration réalistes permettant d’espérer un niveau de rentabilité satisfaisant ; et les conditions du soutien en liquidité, apporté par la Sematra pour laisse le temps à la société de poser les bases de la restructuration, ont été conformes à celles d’un actionnaire privé.

http://www.air-journal.fr/2016-03-22-la-recapitalisation-dair-austral-approuvee-par-leurope-5159987.html

Commentaire(s)

  1. Vincent
    Publié le 22 mars 2016

    Sont actionnaires de la SEMATRA l’Etat (Caisse des Dépôts et Consignations) et le Conseil Régional : est-ce de leur ressort d’être au commande d’une compagnie aérienne, surtout lorsque l’on connait l’incurie et l’incompétence de leurs dirigeants ?

    Le recours de CORSAIR était parfaitement justifié, mais d’un combat avec un Etat tout puissant et d’une Commission aux ordres décidant de tout, on ne sort évidemment jamais gagnant.

  2. Publié le 22 mars 2016

    C’est ce qu’on appelle les participations indirectes ,mais la ficelle est un peu grosse.

  3. Cette recapitalisation ne servira pas à grand chose tant que les politiciens réunionnais continuerons à se mêler de la gestion d’Air Austral ou en l’invitant à embaucher des gens incompétents. Cette compagnie devrait complètement être privée sans aucun actionnaire publique (Pareils pour Tahiti Nui ou Air Calédonie International).

    Aux Antilles françaises, les politiciens ont compris tôt (en 2000) qu’ils n’étaient pas compétentes pour gérer des compagnies (Air Martinique et Air Guadeloupe) continuellement déficitaires en les vendant au Groupe Dubreuil. Et ils ont bien fait. Maintenant, Air Caraïbes est un exemple de compagnie bien gérée qui ne cesse de s’agrandir.

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