Aéroport de Toulouse : bon début pour le partenariat franco-chinois

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Le consortium chinois Casil Europe tire un bilan positif de sa première année de gouvernance à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, où il espère porter la croissance annuelle du nombre de passagers à 4,5% dans les cinq prochaines années.

Dans son communiqué du 24 juin 2016, l’actionnaire en place depuis avril 2015 (ex-Symbiose) rappelle que l’année dernière s’est achevée avec une hausse du nombre de passagers d’environ 2%, et un EBITDA/passager de 5.42 euros. Et 2016 « a bien commencé » pour l’aéroport de la Ville Rose, grâce à « la consolidation du réseau de compagnies aériennes et l’accroissement du nombre des destinations ». Casil Europe explique que la stratégie « définie par les premiers actionnaires privés de l’aéroport » porte ses fruits, justifiant le versement d’un dividende exceptionnel prévu en 2016 malgré l’opposition des actionnaires locaux : « les bons résultats financiers, le fonds de roulement positif et les réserves permettent de rémunérer les actionnaires dès la première année », indique le consortium, selon qui la faisabilité de cette distribution de dividende a été étudiée et validée par KPMG qui a rendu son rapport au début de l’année. Mais c’est l’Assemblée générale de demain qui décidera en dernier lieu. Le projet du consortium a pour but de parvenir à une croissance moyenne annuelle du nombre de passagers de l’ordre de 4,5% dans les 5 prochaines années, accompagnée d’une hausse annuelle de l’excédent brut d’exploitation de 9% (avec un objectif d’EBITDA de 65 millions d’euros d’ici 2020), et d’une montée en gamme du service dans le même temps.

« Dans un contexte difficile pour le transport aérien en France, marqué par les enjeux de sécurité et par un climat social tendu », le travail des équipes de l’aéroport de Toulouse s’est concrétisé dès cette année avec l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes sur le tarmac de l’aéroport comme Volotea et Ryanair, et le renforcement de la présence d’easyJet qui a décidé d’accroître le nombre de ses appareils positionnés à Toulouse-Blagnac. Au cours de l’année, les projets d’agrandissement de l’aéroport proposés par Casil Europe ont eux aussi progressé. Le Conseil de surveillance de l’aéroport a voté à l’unanimité l’extension et la rénovation des terminaux, l’agrandissement des parkings et du nombre de boutiques et de restaurants, la construction d’un hôtel 4 étoiles, la diversification des infrastructures de l’aéroport, y compris le développement d’espaces de bureaux et des hangars de peinture. L’ensemble des investissements prévus pour les 5 prochaines années s’élève ainsi à 162,5 millions d’euros, contre 84 millions d’euros prévus par les actionnaires publics initialement sur la période 2014-2018. Les premiers aménagements seront visibles dès 2018.

Ces investissements pilotés par Casil Europe à Toulouse-Blagnac ont été couronnés de succès « grâce à la compétence du Conseil de surveillance et grâce à la gouvernance mise en place via l’accord de concession entre l’actionnaire chinois et l’Etat ». Ce dernier a rempli ses devoirs et ses obligations liés aux clauses de l’accord, y compris « le soutien de toutes les initiatives économiquement raisonnables » présentées par le Conseil de surveillance, souligne encore Casil Europe. L’occasion de rappeler son projet ambitieux de développement de l’aéroport, avec les partis-pris stratégiques suivant : développer le trafic aérien low-cost vers l’Europe au départ de Toulouse et les liaisons aériennes long-courrier en particulier vers la Chine et l’Asie. L’offre commerciale de l’aéroport a également été revue pour correspondre aux standards internationaux et soutenir la hausse du nombre de passagers. Par ailleurs, Casil Europe a proposé d’investir dans les infrastructures de l’aéroport pour accroître sa capacité d’accueil à hauteur de 12 millions de passagers par an (contre 9 millions actuellement).

L’ouverture du capital d’Aéroport Toulouse-Blagnac au secteur privé avait été au cœur d’un « changement majeur dans le secteur aéroportuaire français », rappelle l’actionnaire qui avait été retenu quand le gouvernement français avait vendu le 17 avril 2015 49,99% de ses parts, incluant les actifs, les passifs et les réserves de l’aéroport. L’accord entre les deux parties inclut également une option sur la vente des 10,01 % de parts encore détenues par l’Etat à Casil Europe en 2018 (le reste du capital est détenu par les collectivités locales et la CCI). Casil Europe est détenue à 51% par Shandong High Speed Group Limited et à 49% par Friedmann Pacific Asset Management Limited (FPAM). Fondé par Mike Poon en 2000, FPAM est un fond d’investissement basé à Hong-Kong, spécialisé dans les projets aéroportuaires et les projets aéronautiques à travers le monde. Son ambition est de participer à la chaîne de valeur du secteur aéronautique mondial en investissant par-delà les frontières et en connectant les économies internationales et régionales.

Prochaines privatisations des gestionnaires d’aéroports : Nice-Côte d’Azur et Lyon-Saint Exupéry.

http://www.air-journal.fr/2016-06-27-aeroport-de-toulouse-bon-debut-pour-le-partenariat-franco-chinois-5165439.html

Commentaire(s)

  1. juju
    Publié le 27 juin 2016

    il me semble que l’on évoque un versement de « dividende exceptionnel » aux chinois ! à priori les autres ne sont pas tout à fait d’accord !
    ensuite je constate que la progression de Toulouse Blagnac est dans l’ordre des progressions des autres aéroports français !
    les investissements sont également dans la routine habituelle !
    ou est l’exploit ?
    j’attend de voir la suite …

  2. Airbid
    Publié le 27 juin 2016

    La prose classique de présentation à une assemblée générale.
    Il paraît que les Chinois veulent prendre des dividendes par anticipation. On va voir comment va voter le représentant de l’Etat.

  3. juju
    Publié le 27 juin 2016

    « MAINTENANCEAERO » , je suis en effet retraité de l’Aéro ! mais je ne donne pas mon contact .

  4. Scandaleux dans le qens où le pécule de 70 millions d’euros qui servait à l’investissement s’est créé avant l’arrivée de CASIL Europe… Qu’ils ne veulent plus garder la moitié des bénéfices chaque année pour investissement, soit mais qu’on ne le fasse qu’à partir du premier exercice effectué par CASIL Europe… Trop facile de récupérer le magot amassé créé par les précédents actionnaires…

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