Dans un rapport préliminaire remis vendredi, la Commission des Transports critique sévèrement Boeing en indiquant que le MAX est un avion « fondamentalement défectueux et dangereux », qui doit pousser à réformer la législation et les réglementations relatives à la certification des avions de ligne. De son côté, le nouveau CEO de Boeing a taclé  son prédécesseur dans une interview au New York Times.

La Commission des Transports pointe notamment la “culture de dissimulation” de Boeing et la pression financière pour précipiter le 737 MAX sur le marché, ces deux éléments ayant contribué à la défaillance fatale du système MCAS. Le rapport a révélé que la nécessité pour la compagnie de commercialiser l’avion pour concurrencer l’A320neo d’Airbus en temps opportun et à un prix compétitif  “mettait en danger la sécurité du public volant ». L’enquête a également révélé plusieurs cas où, selon Boeing, des informations cruciales ont été cachées à la Federal Aviation Administration (FAA), aux pilotes et aux compagnies aériennes.

En résumé, les cinq principales critiques sont donc les suivantes : des pressions sur les employés de Boeing pour augmenter la cadence de production du MAX au détriment de la sécurité ; des présupposés erronés sur des technologies critiques, dont le système anti-décrochage MCAS ; des dissimulations d’informations cruciales auprès de la FAA, les compagnies clientes et les pilotes ; des conflits d’intérêts ainsi que l’influence de Boeing sur la FAA. « Le fait que plusieurs erreurs de conception technique ou erreurs de certification aient été jugées conformes par la FAA illustre un besoin crucial de réformes législatives et réglementaires ». « Développer un avion commercial conforme aux règlements de la FAA mais fondamentalement défectueux et dangereux met en évidence un système de surveillance de l’aviation qui a désespérément besoin de changements », indique cette commission.

En parallèle, David Calhoun, qui a remplacé depuis le 13 janvier dernier Dennis Muilenburg à la tête de Boeing n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en critiquant la gestion de crise de son prédécesseur. Calhoun a ainsi déclaré jeudi au New York Times qu’il avait travaillé avec diligence pour réorganiser la culture interne de Boeing et rétablir les relations avec les compagnies aériennes et les régulateurs après la démission de Muilenburg en décembre dernier. « C’est plus que ce que j’imaginais, honnêtement », a déclaré M. Calhoun concernant les efforts de redressement. «Et cela témoigne des faiblesses de notre leadership » passé visant sans le nommer M. Muilenburg. Calhoun rapporte que Muilenberg a stimulé la production de l’entreprise au détriment de la qualité des avions et, plus tard, avait fait pression sur les régulateurs alors qu’il cherchait à mettre fin à son immobilisation.

MAX : le Congrès américain fustige Boeing, le nouveau CEO Calhoum charge son prédécesseur 1 Air Journal

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