Airbus affiche au premier semestre 2022 un chiffre d’affaires stable mais une baisse de 15% de ses bénéfices, à 1,9 milliards d’euros. Il réduit de 20 appareils ses prévisions de livraisons à 700 avions commerciaux pour l’année en cours, et modère la hausse du rythme de production de ses monocouloirs A320neo à 65 par mois début 2024, en raison des problèmes de la chaîne d’approvisionnement rencontrés par les sous-traitants.  

Les résultats financiers présentés le 28 juillet 2022 par le groupe européen montrent un chiffre d’affaires de 24,81 milliards d’euros, en légère hausse de 200 millions par rapport au premier semestre 2021. Pour la seule branche Avions Commerciaux, les revenus ont baissé de 2% à 17,53 milliards d’euros, les secteurs Helicopters et Denfence and Space affichant eux des progressions respectivement de 6% et 11%

Le résultat net du groupe recule en revanche de 2,23 milliards à 1,90 milliards d’euros, soit un recul de 15% – comme celui du bénéfice par action, tombé à 2,42 euros. Le flux de trésorerie disponible s’établit à 1,66 milliards d’euros, en baisse de 18%. Au 30 juin, Airbus avait une trésorerie nette de 7,21 milliards d’euros, contre 7,74 à la fin décembre 2021.

Airbus a livré durant les six premiers mois de l’année un total de 297 avions commerciaux, exactement comme au S1 2021, dont 25 A220, 230 avions de la Famille A320, 13 A330 et 29 A350. Et il a enregistré 442 commandes brutes d’avions commerciaux (S1 2021 : 165 avions) et 259 commandes nettes après annulations (S1 2021 : 38 avions).

L’avionneur a déclaré mercredi avoir toujours pour objectif de produire 75 A320neo par mois d’ici 2025, mais le rythme de montée en puissance va être ajusté d’ici là : le rythme de 65 monocouloirs par mois ne sera atteint que début 2024, six mois plus tard qu’auparavant anticipé, en raison des difficultés rencontrées par les sous-traitants, y compris les motoristes. Quant à l’entrée en service de l’A321XLR, on sait déjà qu’elle a été repoussée à début 2024. Une éventuelle hausse de la production des familles A330 et A350 « dépendra de la chaîne d’approvisionnement ».

Lors de la présentation aux analystes de ces résultats, le président exécutif Guillaume Faury a déclaré qu’Airbus a « atteint une solide performance financière au premier semestre dans un environnement opérationnel complexe, la situation géopolitique et économique générant de nouvelles incertitudes dans le secteur. Les défis de la supply chain nous obligent à ajuster les étapes de montée en cadence de la famille A320 en 2022 et 2023, et nous visons désormais un rythme mensuel de 65 appareils début 2024. Nous avons par conséquent actualisé nos objectifs de livraisons pour 2022. Nous avons maintenu nos prévisions en matière de bénéfices et de trésorerie, soutenues par la solide performance financière du premier semestre ».

La demande d’A320 « reste forte » a-t-il ajouté, et les 26 « planeurs » attendant leurs moteurs dans les FAL du groupe devraient avoir été réduits à zéro d’ici la fin de l’année. Et bien qu’encore faible, la demande « commence à se redresser » pour l’A330neo et l’A350. Le backlog à fin juin affichait  7046 avions commerciaux, en hausse de 2% par rapport à fin juin 2021 (6925).

Airbus prévoit de livrer environ 700 avions commerciaux en 2022. Et maintient son objectif d’EBIT ajusté à 5,5 milliards d’euros, et de flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements-clients, à 3,5 milliards d’euros.

Airbus au S1 : baisse du profit et des prévisions de livraisons 1 Air Journal

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