À partir de ce dimanche 8 février 2026, les États-Unis pourront demander aux voyageurs souhaitant entrer sur son territoire dans le cadre de la procédure ESTA à fournir les identifiants de leurs comptes sur les réseaux sociaux utilisés au cours des cinq dernières années. Cette nouvelle exigence inquiète les professionnels du tourisme qui craignent une nouvelle baisse de demande pour les Etats-Unis.
Si le nouveau règlement publié par l’agence américaine des douanes et de la protection des frontières (U.S. Customs & Border Protection) est mis en application à la lettre, les voyageurs exemptés de visa et passant par l’autorisation de voyage ESTA auront à fournir jusqu’à cinq ans d’historique de leurs comptes de réseaux sociaux. Concrètement, les ressortissants des 42 pays du programme d’exemption de visa – dont la France et la plupart des États européens – devront lister l’ensemble de leurs identifiants sur les principales plateformes (X/Twitter, Facebook, Instagram, TikTok, etc.) ainsi que tous les pseudos utilisés au cours des cinq dernières années.
Le nouveau règlement pourrait aller plus loin en réclamant également jusqu’à dix ans d’adresses e‑mail, les numéros de téléphone utilisés sur les cinq dernières années, des informations détaillées sur les membres de la famille, et, dans certains cas, des données biométriques et des métadonnées associées aux photos. Pour les autorités américaines, ces nouvelles exigences s’inscrivent dans la logique des décrets présidentiels visant à « renforcer le contrôle des personnes entrant sur le territoire afin de réduire les risques sécuritaires ». Selon un document de travail cité par le site VisaHQ, les autorités américaines envisagent en outre d’allonger les délais de traitement de l’ESTA, ce qui pourrait compliquer les voyages décidés à la dernière minute, y compris pour les déplacements professionnels.
Un risque de nouvelle chute de la fréquentation en 2026
L’Association américaine du voyage (U.S. Travel Association) met en garde contre un possible « effet dissuasif » sur les visiteurs étrangers, estimant que la mesure risque de donner l’image d’un pays « suspicieux et peu accueillant ». Une étude citée par CNN évoque, dans le scénario le plus défavorable, jusqu’à 4,7 millions de visiteurs internationaux en moins, soit une baisse potentielle d’environ 23 % des arrivées dans certaines catégories de touristes. Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (World Travel & Tourism Council, WTTC) dénonce une « accumulation de barrières administratives, de hausse des coûts et de contrôles numériques intrusifs » qui pourrait détourner les voyageurs vers d’autres destinations, au moment même où la concurrence internationale se renforce.
2025, une année déjà difficile pour le tourisme américain
Ces inquiétudes se greffent sur une situation déjà dégradée. D’après différentes données, les arrivées internationales aux États‑Unis auraient reculé d’environ 6 % à 7% en 2025, à rebours de la tendance mondiale où la plupart des grandes destinations ont retrouvé voire dépassé leurs niveaux de fréquentation d’avant‑Covid. Le total des touristes internationaux serait proche de 70 millions, contre 77 millions initialement anticipés. Selon l’Office national du Voyage et du Tourisme des Etats-Unis (National Travel and Tourism Office, NTTO), le nombre de visiteurs en décembre 2025, période des fêtes de fin d’année, n’atteignait que 3,2 millions, soit une baisse de 8 % par rapport à des niveaux des années précédentes déjà jugés modestes.
Les Français et les Européens de plus en plus hésitants
Les touristes français et européens figurent parmi les publics les plus sensibles à ces évolutions. Une étude du cabinet Ipsos réalisée fin 2025 indique que, parmi les Français qui envisageaient un voyage aux États‑Unis en 2026, 57 % hésitent désormais à le maintenir, en raison du durcissement des conditions d’entrée, des inquiétudes liées à la sécurité et du coût global du séjour.
Les difficultés ne concernent pas seulement la France : le site Travel and Tour World rapporte une baisse marquée des réservations en provenance du Canada, du Royaume‑Uni, de l’Allemagne et d’autres grands marchés européens et nord‑américains, à mesure que les nouvelles règles d’entrée et les contrôles digitaux se mettent en place. Pour plusieurs voyagistes interrogés, la combinaison des hausses de prix, de la complexité administrative et de la perspective de voir leurs profils en ligne scrutés par les autorités américaines « pousse de plus en plus de clients à se tourner vers d’autres destinations longues distances, comme le Canada, le Japon ou certains pays d’Amérique latine ». Un professionnel du secteur résume : « Les États‑Unis sont passés du statut de destination de rêve à celui de destination compliquée, voire décourageante, pour une partie des voyageurs européens ».
Alors que les États‑Unis s’apprêtent à accueillir de grands événements comme la Coupe du monde de football en 2026, le débat reste ouvert entre impératifs de sécurité et attractivité touristique. La question n’est plus seulement « peut‑on entrer aux États‑Unis ? », mais « a‑t‑on encore envie d’y aller à ce prix‑là, en données personnelles comme en euros ? »

@Esta-USA
Ah Bon ? a commenté :
8 février 2026 - 16 h 11 min
Si j’ai une vidéo de Trump transformé en singe, je suppose que ça passe ?
hoblar a commenté :
8 février 2026 - 16 h 16 min
Tout comme les USA sont libres de demander des infos à quiconque veut entrer sur leur territoire, chacun est libre d’y aller ou non. Point barre.
nom a commenté :
8 février 2026 - 16 h 44 min
Tout à fait d’accord . Donc j’irai pas . Le seul problème est pour les vols vers Papeete qui passent par LAX !!!!
hoblar a commenté :
8 février 2026 - 18 h 25 min
comme on est dans un monde interconnecté, il y a l’option Est Paris-Tokyo-Papeete mais plus long avec deux compagnies.
Arito a commenté :
9 février 2026 - 9 h 29 min
Je suis tout à fait d’accord. Air France et ATN doivent mettre en place au moins une connexion par semaine via Vancouver ! Plus possible pour bcp d’entre nous de nous rendre à PPT via LAX
Shôgun a commenté :
9 février 2026 - 17 h 15 min
Je ne comprends pas la revendication de certains voyageurs pour transférer l’escale des vols AF vers la Polynésie Française à Vancouver.
Le Canada, c’est beaucoup trop au Nord pour être une alternative rationnelle. Pourquoi ne pas transférer l’escale plutôt en Amérique Centrale ou du Sud, par exemple à Mexico, Panama, Bogota, Lima ou Santiago du Chili ?
Sinon, il reste l’option de transiter par l’Est, avec escale au Japon, par exemple.
Jean Neymar a commenté :
9 février 2026 - 20 h 41 min
Importante clientèle américaine en Polynésie. Vancouver peut être une bonne alternative.
Joshua a commenté :
9 février 2026 - 13 h 55 min
Commentaire un peu facile car même si on fourni tout ce qu’ils demandent, on est pas sûr d’entrer aux US car les critères d’acceptation sont flous. Enormément d’européens se sont déjà fait refuser le droit d’entrée depuis un an, et donc avant ces nouvelles mesures. On peut supposer que ce n’est pas seulement ce qui est dit sur le Monsieur Orange qui dérange mais aussi vos opinions sur la guerre en Ukraine, le Vénézuéla, Israël, ICE et sur d’autres sujets politiques du moment.
Les agences de tourisme et compagnies US commencent à paniquer mais pas seulement.
Côté AF, ATN ou French Bee, il est temps de mettre l’escale des vols Paris – PPT à Vancouver. Après ils peuvent garder les vols LAX-PPT ou SFO-PPT pour garder la clientèle US s’ils veulent.
Après je ne sais pas si c’est possible, mais ils peuvent aussi laisser les passagers qui continuent vers PPT dans l’avion, comme ça, pas besoin de passer l’immigration US.
On attend les résultats des mid-terms en fin d’année en espérant que cet autocrate se prenne une veste 🙂
Félix Maltchinski a commenté :
9 février 2026 - 6 h 39 min
D’autres pays pourraient aussi y suivre.
Manfou a commenté :
9 février 2026 - 8 h 37 min
La France par exemple après la prochaine présidentielle
Jean Neymar a commenté :
9 février 2026 - 10 h 05 min
Ravi d’y être allé une trentaine de fois. Le monde est vaste……….
Clovys a commenté :
9 février 2026 - 14 h 25 min
De toute façon que vous donnez ou vous donnez pas vos identifiants, quand ils veulent avoir les infos ils n’ont pas besoin de nous demander nos identifiants, ils le savent. Ils disent juste tout haut ce que d’autres pourraient faire tout bas.
!!! De plus je viens de consulter le site officiel ESTA CDB, aucune modification au 8/02 ??? Avant de lancer un article vérifier ca prend 10 secondes
joshua a commenté :
9 février 2026 - 21 h 27 min
Avez-vous fait une demande d’ESTA sur ce site car les questions sont au step 5 …
Alors, avant de faire un commentaire négatif, vérifiez vos informations, ça prend aussi pas plus de 10 secondes 🙂
Clovys a commenté :
17 février 2026 - 13 h 02 min
Si vous avez déjà rempli un ESTA vous savez qu’il n’a pas changé. Comme je l’ai signalé cette amendement n’est pas encore passé…. Donc qui de nous deux raconte des bêtises sans vérifier ???!!!!
Traveller a commenté :
9 février 2026 - 15 h 55 min
“À partir de ce dimanche 8 février 2026, les voyageurs souhaitant entrer aux États-Unis dans le cadre de la procédure ESTA devront obligatoirement fournir les identifiants de leurs comptes sur les réseaux sociaux utilisés au cours des cinq dernières années.”
La période de discussion s’achève le 8, mais ce que vous écrivez est factuellement faux. Pour le moment ce n’est pas mis en oeuvre, ce le sera, peut-être, dans quelques semaines ou mois.
John a commenté :
9 février 2026 - 21 h 33 min
C’est vous qui avez faux Monsieur je sais tout !
Ce que l’on peut lire, c’est :
L’ordonnance du ministère américain de la sécurité intérieure du 10 décembre prévoyait un délai d’opposition de 60 jours. Si la nouvelle réglementation n’est pas contestée juridiquement d’ici là, elle s’appliquera automatiquement.
Donc avez-vous une preuve qu’il y a eu une contestation officielle du congrès ou autre ?
Non ? Alors circulez !
Traveller a commenté :
10 février 2026 - 7 h 00 min
Ce n’est pas ce dont témoignent les passagers qui ont renouvelé ou obtenu leur ESTA ces tout derniers jours.
Il ne s’agit pas d’un délai d’opposition mais de consultation.
Traveller a commenté :
10 février 2026 - 7 h 02 min
Aux États-Unis, une proposed rule ne devient jamais applicable automatiquement faute d’opposition.
La période de commentaires n’est pas un “délai de contestation”, et l’absence de recours ou d’intervention du Congrès ne vaut pas validation.
Pour qu’une obligation s’applique, l’agence doit publier une Final Rule distincte dans le Federal Register, avec une date d’entrée en vigueur explicite.
Tant que cette Final Rule n’est pas publiée, il n’existe juridiquement aucune obligation applicable — il n’y a donc rien à “bloquer” ou à “contester”.
John a commenté :
10 février 2026 - 14 h 13 min
Tout les agences, compagnies aériennes et autres organismes disent que c’est applicable mais vous, vous savez mieux que tout le monde, vous connaissez le droit américain, vous connaissez des gens qui ont fait des demandes, bref, un vrai génie.
Présentez vous l’année prochaine aux élections, on a besoin d’érudits pour sortir le pays de ses tourments 🙂
Shôgun a commenté :
9 février 2026 - 17 h 21 min
Il y a beaucoup de pays au moins aussi intéressants que les États-Unis d’Amérique à découvrir dans le monde, sans avoir à payer un ESTA et à rendre compte de ses opinions et de sa vie à la police politique du milliardaire putschiste complice de Poutine, sans même être sûr de pouvoir entrer sur le territoire à l’arrivée.