La low cost Ryanair, première compagnie aérienne européenne en nombre de passagers, a signé un protocole d’accord avec CFM pour un accord pluriannuel de services en matériaux moteurs d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Le contrat, qui couvre l’intégralité des pièces de rechange des moteurs CFM56‑7B et LEAP‑1B équipant les Boeing 737 NG et MAX de la compagnie, doit accompagner la montée en puissance d’une flotte appelée à atteindre 800 appareils et près de 2 000 moteurs à l’horizon 2034.

Le protocole d’accord (MoU) signé à Paris entre Ryanair et CFM – coentreprise à 50/50 entre Safran Aircraft Engines et GE Aerospace – porte sur un accord pluriannuel de services en matériaux moteurs d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Dans ce cadre, la low‑cost irlandaise s’engage à acheter l’ensemble de ses pièces détachées moteurs directement auprès de CFM pour soutenir sa flotte actuelle et future de Boeing 737.

L’accord couvre les moteurs CFM56‑7B, qui propulsent les 737 NG de Ryanair, ainsi que les LEAP‑1B, qui équipent la flotte de 737 MAX 8‑200 et les futurs 737 MAX 10 commandés par la compagnie. Ryanair prévoit de faire croître sa flotte jusqu’à 800 avions de la famille 737 à l’horizon 2034, ce qui représente un parc de près de 2 000 moteurs CFM56 et LEAP‑1B à entretenir et à alimenter en pièces de rechange.

Internalisation progressive de la maintenance moteurs à partir de 2029

Au‑delà du seul approvisionnement en pièces, l’accord s’inscrit dans une évolution majeure de la stratégie de maintenance de Ryanair. CFM doit accompagner l’ouverture de deux ateliers de maintenance, réparation et révision (MRO) moteurs en Europe, que la compagnie prévoit de mettre en service à partir de 2029. « Depuis 30 ans, CFM assure la maintenance de tous les moteurs CFM56 de Ryanair dans le cadre d’un contrat de type “power by the hour”. Toutefois, à partir de 2029, Ryanair prévoit d’internaliser la maintenance de ses moteurs, et nous sommes ravis de le faire avec l’aide et le soutien de notre partenaire CFM », a déclaré Michael O’Leary, CEO du groupe Ryanair. L’accord prévoit que CFM continue à assurer des services MRO durant la phase de montée en puissance des futurs ateliers de la compagnie, afin de garantir la continuité opérationnelle.

Sur la durée du contrat, Ryanair prévoit de s’engager à acheter plus de 1 milliard de dollars par an en pièces détachées moteurs directement auprès de CFM, notamment pour constituer les stocks initiaux nécessaires à l’ouverture des deux ateliers. « Lorsque Ryanair reprendra l’ensemble de la maintenance en interne, nous estimons que ce contrat représentera plus d’un milliard de dollars par an pour CFM en moteurs et pièces de rechange », a précisé Michael O’Leary.

Une relation stratégique Safran–GE–Ryanair consolidée

Pour Safran comme pour GE Aerospace, cet accord reconfirme le rôle central de Ryanair dans la clientèle européenne de CFM. « Cette nouvelle étape majeure renforce encore davantage la relation stratégique que nous avons construite avec Ryanair au cours des trois dernières décennies, et nous sommes fiers d’accompagner leur croissance continue grâce à cette offre complète de services MRO », a souligné Olivier Andriès, CEO de Safran.

Le dirigeant met en avant la construction d’un réseau mondial de maintenance dans un « écosystème ouvert et compétitif », qui s’appuie à la fois sur le succès durable du CFM56 – best‑seller des moteurs monocouloirs – et sur la croissance rapide de la flotte LEAP. De son côté, Larry Culp, Chairman et CEO de GE Aerospace, insiste sur la dimension opérationnelle de l’accord : « Ryanair est l’un de nos plus importants clients et nous apprécions l’opportunité de travailler avec eux sur des solutions visant à accroître la capacité et à réduire les temps de rotation. Ce MoU illustre notre engagement en faveur d’un écosystème MRO ouvert, capable de répondre à une demande croissante tout en réduisant les coûts de possession. »

La mise en place de deux ateliers MRO moteurs en propre doit permettre à Ryanair de mieux maîtriser ses coûts, ses délais d’immobilisation et sa résilience opérationnelle, dans un contexte où les chaînes de maintenance mondiales sont sous tension et où la disponibilité des moteurs est devenue un facteur stratégique pour les compagnies. 

Un choix cohérent avec la stratégie de flotte et de coûts de Ryanair

L’accord moteur s’inscrit dans la stratégie de long terme de Ryanair, qui a engagé une vaste modernisation de flotte autour du Boeing 737 MAX. La compagnie exploite aujourd’hui environ 650 avions, dont 410 Boeing 737 NG équipés de CFM56 et 210 737 MAX 8‑200 motorisés par des LEAP‑1B, et anticipe une flotte de 800 appareils en 2034 grâce notamment à la commande de 300 737 MAX 10 (150 fermes et 150 options).

Cette montée en puissance doit permettre au groupe d’augmenter son trafic annuel jusqu’à 300 millions de passagers à l’horizon 2034, tout en maintenant une structure de coûts très compétitive face aux autres transporteurs européens. Le LEAP‑1B affiche jusqu’à 15 à 20% de réduction de consommation de carburant et d’émissions de CO2 par siège par rapport au CFM56, tout en étant nettement plus silencieux, ce qui contribue à l’avantage de coût unitaire de Ryanair et à ses objectifs environnementaux.

Ryanair sécurise ses moteurs CFM avec un méga‑contrat pluriannuel de pièces détachées 1 Air Journal

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