Embraer a présenté, le 6 mars 2026, ses résultats 2025 et ses objectifs pour l’année en cours, en misant sur une nouvelle hausse de ses livraisons comme de ses revenus. Le groupe prévoit de livrer entre 80 et 85 avions commerciaux en 2026 et 160 à 170 jets d’affaires, soit jusqu’à 255 appareils au total, contre 244 en 2025.
Sur le plan financier, le constructeur vise un chiffre d’affaires compris entre 8,2 et 8,5 milliards de dollars en 2026, après avoir atteint un record d’environ 7,6 milliards en 2025, au‑delà de la fourchette de 7,0 à 7,5 milliards qu’il s’était initialement fixée. L’avionneur anticipe une marge d’EBIT ajusté comprise entre 8,7 % et 9,3 % et un flux de trésorerie disponible d’au moins 200 millions de dollars, en intégrant l’hypothèse du maintien des droits de douane américains à 10 % sur ses appareils.
Un carnet de commandes record dopé par les E‑Jets
Le moteur de cette trajectoire reste le carnet de commandes ferme, qui a atteint 31,6 milliards de dollars à fin 2025, un niveau sans précédent et en hausse d’un peu plus de 20 % sur un an. Cette dynamique reflète autant le rebond du transport régional que l’appétit des opérateurs pour des appareils plus sobres, comme les E‑Jets E2, adaptés aux marchés de taille moyenne.
En 2025, Embraer avait déjà livré 78 avions commerciaux, dont 34 E175, 6 E190‑E2 et 38 E195‑E2, confirmant la montée en cadence progressive de sa nouvelle génération E2. Ces avions occupent un créneau laissé relativement libre par les monocouloirs de plus grande capacité d’Airbus et de Boeing, et bénéficient des commandes passées notamment par Avelo Airlines et le groupe LATAM, qui ont choisi l’E195‑E2 pour densifier leurs réseaux.
Production 2025 : un palier avant une nouvelle marche
Au total, Embraer a livré 244 appareils en 2025, en hausse de 18 % par rapport aux 206 unités remises en 2024, toutes activités confondues. Le quatrième trimestre 2025 a été particulièrement chargé, avec 91 avions livrés, dont 32 commerciaux et 53 jets d’affaires, pour un chiffre d’affaires trimestriel de l’ordre de 2,6 milliards de dollars.
L’EBIT ajusté 2025 s’est établi à 656,8 millions de dollars, pour une marge de 8,7 %, en progression par rapport à 2024 une fois exclu l’effet des accords passés avec Boeing, mais légèrement en retrait en valeur absolue par rapport au pic atteint l’année précédente. Embraer a également dû absorber 54 millions de dollars de droits de douane américains sur l’ensemble de l’exercice, une charge qu’il intègre désormais dans sa planification financière.
Les services et le support (maintenance, pièces, modifications cabine, contrats de services à long terme) représentent un autre pilier de revenus récurrents, avec un carnet de commandes de 4,9 milliards de dollars, en hausse de 40 % sur un an, qui renforce la visibilité du groupe sur le moyen terme.
Enjeux : saisir le rebond régional face aux géants
En misant sur une hausse de ses livraisons de près de 9,4 % en 2026, Embraer entend consolider le rebond engagé depuis 2021, porté par le retour de la demande pour les avions régionaux et les jets d’affaires. L’industriel se positionne comme une alternative crédible aux monocouloirs d’Airbus et Boeing sur le segment 70‑150 sièges, alors que de nombreuses compagnies cherchent à ajuster finement leurs capacités post‑pandémie.
Reste à composer avec plusieurs défis : maintien des droits de douane américains, pressions sur les chaînes d’approvisionnement, concurrence des CRJ d’occasion et, plus largement, arbitrages des compagnies entre renouvellement de flotte et désendettement. La solidité du carnet de commandes et les marges visées pour 2026 montrent néanmoins qu’Embraer se projette avec une relative confiance sur un marché régional en pleine recomposition.

Pierre a commenté :
6 mars 2026 - 16 h 09 min
Un bon vecteur ces E-Jet.
Le 195 est bien mieux placé que le 220 bien plus onéreux.