Après deux années de stabilisation, l’aéroport de Toulouse‑Blagnac a refermé l’année 2025 sur un trafic passagers en recul de 2,8%, à 7,62 millions de voyageurs, soit 79% seulement de son niveau d’avant‑crise. Un repli imputé à la fermeture de la base easyJet au printemps et à la hausse des taxes sur les billets, alors même que la desserte de Paris retrouve une trajectoire positive et que le fret progresse.
En 2025, Toulouse‑Blagnac a accueilli « 7 621 409 passagers commerciaux, en baisse de 2,8% par rapport à 2024 », selon les chiffres communiqués par la plateforme. Ce volume ne représente plus que 79% de l’activité de 2019, confirmant que le retour au niveau d’avant‑Covid reste encore hors de portée, malgré une quasi‑stagnation en 2024 à 7,84 millions de passagers (+0,5% sur un an). La direction de l’aéroport pointe deux facteurs structurants pour expliquer ce reflux : « la fermeture de la base easyJet en avril 2025 et l’augmentation de la fiscalité sur les billets d’avion sont les principales causes de cette baisse sur le trafic intérieur et européen ». La décision de la low‑cost britannique de retirer ses deux avions basés à Toulouse, tout en maintenant une partie de son offre en vol « en passage », a mécaniquement réduit le nombre de fréquences et la capacité offerte, en particulier sur certaines destinations européennes.
Paris repart à la hausse, mais le domestique recule encore
Paradoxalement, cette année de repli global s’accompagne d’un mieux sur la principale ligne de la plateforme : « la progression du trafic sur Paris (+1,8%) » replace la capitale en moteur du segment intérieur, même si le flux reste en deçà des volumes de 2019. Un meilleur remplissage des avions a été constaté « dès le printemps », signe que l’ajustement des capacités et la normalisation de la demande affaires‑loisirs commencent à produire leurs effets.
Pour autant, le trafic national dans son ensemble recule de 2,7% en 2025 et ne représente plus que 40% de l’activité, contre 49% en 2019, dans le prolongement de la tendance observée en 2023 et 2024. La contraction de l’offre sur plusieurs lignes de province à province, le renchérissement du billet intérieur et les alternatives ferroviaires plus compétitives sur certains axes expliquent en partie cette érosion durable du domestique au profit de l’international.
International : tassement européen, stabilité hors Europe
L’international reste la colonne vertébrale du trafic de Toulouse‑Blagnac, mais 2025 marque un coup de frein après plusieurs années de forte croissance. Le trafic international recule de 2,7%, avec un taux de reprise pourtant élevé de 96% par rapport à 2019, ce qui confirme que la quasi‑totalité de la demande internationale a été récupérée.
Ce sont les destinations européennes qui souffrent le plus, avec une baisse de 4,8%, directement liée à la réorganisation d’easyJet et à l’ajustement de certaines lignes saisonnières ou loisirs. À l’inverse, le trafic international hors Europe reste quasi stable (‑0,4%), dans le sillage des ouvertures de lignes long‑courriers des années précédentes, notamment vers Montréal et Doha, qui avaient contribué à porter l’international au niveau de 2019 dès 2023‑2024.
Les low‑cost au cœur du modèle toulousain
En 2025, les compagnies low‑cost représentent 50% du trafic de l’aéroport, contre 43% en 2019, un niveau déjà atteint en 2024. Cette montée en puissance, amorcée avant la crise sanitaire, confirme la transformation du profil de la plateforme, davantage orientée vers un mix affaires‑loisirs et des marchés très sensibles au prix. La fermeture de la base toulousaine d’easyJet, après une décennie de présence, illustre toutefois la fragilité de ce modèle lorsqu’il repose fortement sur un seul acteur. Selon la compagnie, cette décision s’explique par « un lent redémarrage post‑Covid et la situation économique actuelle », tandis que l’aéroport doit composer avec un repositionnement des appareils vers Nantes et Lyon et une offre ajustée sur plusieurs destinations.
Fret et poste : un segment en légère reprise
Si le passager recule, le fret progresse légèrement. Avec 32 429 tonnes traitées en 2025, le trafic fret et poste affiche une hausse de 1,7% par rapport à 2024 et représente désormais 47,7% du niveau de 2019. Cette progression s’inscrit dans la continuité du rebond amorcé en 2023‑2024, années au cours desquelles le tonnage avait déjà augmenté de près de 7% sur un an.
Dans un environnement marqué par la recomposition des chaînes logistiques et la montée en puissance du e‑commerce, Toulouse‑Blagnac cherche à consolider cette activité, en s’appuyant sur son écosystème aéronautique et industriel régional, ainsi que sur des capacités cargo complètes ou en soute des vols passagers
Moins de mouvements d’avions et une nuit plus calme
La contraction du trafic passagers se traduit logiquement par une baisse du nombre de mouvements. Les vols commerciaux se sont établis à 63 388 en 2025, soit une diminution de 4,8% par rapport à 2024 et un taux de reprise de 72% seulement par rapport à 2019. Ce recul s’ajoute à celui observé en 2023, confirmant une utilisation plus intensive des appareils (meilleur remplissage) plutôt qu’un maintien des fréquences.
L’année 2025 est également marquée par une « baisse significative des vols en cœur de nuit ». Entre minuit et 6 heures, tous trafics confondus, 695 mouvements ont été enregistrés contre 954 en 2024, soit une chute de 27%. Pour les seuls vols commerciaux passagers, la diminution est encore plus nette : 342 mouvements en 2025, contre 587 un an plus tôt, soit une baisse de 42%, dans un contexte de pression accrue des riverains et des pouvoirs publics pour limiter les nuisances sonores nocturnes.

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