Scandinavian Airlines (SAS) discute avec Airbus d’une commande de 15 à 20 gros-porteurs, mélange d’A350 et d’A330neo, qui marquerait la première grande décision de flotte long-courrier de la compagnie depuis sa sortie de la protection du Chapitre 11 en 2024.
D’après des sources proches du dossier citées par Bloomberg, SAS envisagerait une commande comprise entre 15 et 20 Airbus A350 et A330neo, avec une finalisation possible « dans les prochaines semaines ». « La compagnie cherche à verrouiller des créneaux de livraison et à soutenir l’expansion de son réseau long-courrier », indique Bloomberg, citant des personnes au fait des négociations. Cette perspective de commande intervient moins de deux ans après l’issue de la restructuration financière de SAS, menée sous la protection du Chapitre 11 aux États-Unis et dans le cadre d’une réorganisation en Suède. La compagnie a officiellement émergé de ces procédures à l’été 2024, allégée de plus de 2 milliards de dollars de dettes et recapitalisée à hauteur de 1,2 milliard de dollars par un consortium mené par Air France-KLM, Castlelake, Lind Invest et l’État danois.
Air France-KLM détient actuellement près de 20 % du capital de SAS, avec la possibilité, à terme, de monter au contrôle majoritaire sous réserve des feu verts réglementaires et de la performance financière du transporteur scandinave. Le projet de renouvellement de la flotte long-courrier s’inscrit ainsi dans une phase de « nouvelle ère » annoncée par la direction après la restructuration, avec un recentrage sur le hub de Copenhague et une montée en gamme du produit long-courrier.
A330neo pour remplacer, A350 pour croître
La flotte long-courrier actuelle de SAS repose sur six Airbus A350‑900 et huit Airbus A330‑300. Les A350-900, livrés à partir de 2020, affichent un âge moyen d’environ 3 à 4 ans, alors que les A330-300 tournent autour d’une quinzaine d’années en moyenne, certains exemplaires dépassant les 20 ans de service. Dans ce contexte, l’A330-900 apparaît comme le successeur naturel de l’A330-300, en capitalisant sur une continuité opérationnelle tout en offrant un saut de performance.
L’A330-900 (A330neo) reprend en effet l’architecture éprouvée de l’A330, mais avec des moteurs de nouvelle génération Rolls‑Royce Trent 7000, une voilure optimisée et une cabine Airspace, permettant des gains de consommation annoncés de l’ordre de 25 % par siège par rapport aux premières générations d’A330. L’A350-900, déjà en service chez SAS, offre pour sa part un rayon d’action supérieur et une capacité accrue, positionnée sur les lignes les plus longues et les plus denses, notamment vers l’Asie et l’Amérique du Nord.
Une commande combinant A330neo et A350 permettrait à SAS de structurer une flotte long-courrier autour d’une double famille Airbus optimisée : l’A330-900 pour les marchés transatlantiques ou moyen-long rayon d’action, l’A350-900 pour les routes ultra-long-courriers ou à fort potentiel premium. Cette homogénéité autour d’un seul constructeur simplifierait la formation, la maintenance et la gestion des pièces détachées, tout en réduisant le coût unitaire par siège grâce à des densités cabine et des performances carburant accrues.
De la compétition Airbus/Boeing à l’arbitrage stratégique
Ce projet d’accord avec Airbus s’inscrit dans la continuité de discussions plus larges menées par SAS avec les deux grands avionneurs. Début 2026, le directeur général Anko van der Werff avait confirmé être en pourparlers avec Boeing et Airbus « au sujet d’une commande importante de gros-porteurs », la compagnie étudiant alors les familles Boeing 787 et 777X, ainsi que les Airbus A350 et A330neo.
Selon Reuters et Bloomberg, SAS cherche à capter la reprise de la demande long-courrier au départ de Copenhague, son principal hub, en particulier vers l’Amérique du Nord, l’Asie et le Moyen-Orient. La flotte gros-porteur est aujourd’hui dimensionnée de manière prudente après la crise du Covid‑19 et la restructuration, avec seulement six A350-900 et huit A330-300 en service, soit une dizaine de pour cent du parc global de SAS.
Le rapprochement capitalistique avec Air France-KLM et l’intégration progressive dans l’écosystème SkyTeam redessinent également la carte des alliances pour SAS, historiquement pilier de Star Alliance. Air France-KLM a déjà annoncé la mise en place d’une « large coopération commerciale » via des accords de partage de codes et des synergies de réseau dès 2024, avec l’objectif de faire de SAS un membre stratégique de SkyTeam. Dans ce cadre, la standardisation de la flotte long-courrier autour d’Airbus, constructeur déjà massivement présent au sein du groupe franco-néerlandais, renforcerait les effets d’échelle en matière de maintenance, de formation et d’achats.

blups a commenté :
8 juin 2026 - 12 h 08 min
Pour le moment, on ne voit pas vraiment de synergie entre AF-KLM et SAS… Alors que de nombreuses destinatations (courtes ou longs-courrier) sont automatiquement proposées via le hub de KLM, aucune n’est proposée via Copenhague… Il n’a pas de “navette” (ou équivalent) entre Paris et le hub de SAS, et donc pas de réelles synergies entre les trois hubs. Question : qu’est ce que AF-KLM pour les créer ?
Bibou a commenté :
8 juin 2026 - 13 h 10 min
Pour créer des synergies il faudrait que airfrance KLM soit propriétaire de scandinavian et comme d ailleurs cet article le rappel ce n est pas le cas pour le moment
Donald Trump a commenté :
8 juin 2026 - 14 h 13 min
Jamais dans l’anticipation Ben Smith. AFKL est le seul groupe ou les synergies c’est pas leur truc. Aucune stratégie d’achat groupée aucune vison à long termes et avec ça en plus ils veulent racheter TAP qui vas elle aussi placer une petite commande et payer plus chères ses avions !! Continuez comme ça vous êtes les meilleurs ….. du pire