Le salon aéronautique de Farnborough a fermé ses portes vendredi au Royaume-Uni. Boeing termine en tête du match des commandes commerciales face à Airbus. Mais les vrais gagnants de la semaine sont les motoristes.
Boeing s’impose face à Airbus
Boeing comptait sur Farnborough 2026 pour marquer son retour, après des années difficiles. Le pari est réussi. L’avionneur américain a annoncé 173 commandes fermes et options exercées. Airbus en totalise 154. Au total, le salon a enregistré 327 commandes fermes. C’est plus qu’en 2024, mais loin des 800 appareils espérés par certains analystes avant l’événement.
Le plus gros contrat vient du loueur irlandais SMBC Aviation Capital. Il a commandé 100 avions chez chaque constructeur : des 737 MAX chez Boeing, des A320neo et A321neo chez Airbus. Cette seule commande représente plus de 60 % du total des commandes fermes du salon.
Boeing a aussi séduit de nouveaux clients. Riyadh Air a exercé des options pour 28 Dreamliner 787. Philippine Airlines a commandé 15 787-10, plus cinq en option. AerCap a ajouté 15 787-9. Ouganda Airlines a choisi quatre 737 MAX-8 et quatre 787-9. Luxair a transformé des options en commandes fermes pour quatre 737 MAX-10.
Airbus n’est pas resté inactif. La compagnie saoudienne flynas a commandé 20 A321neo et cinq A330-900. BermudAir a choisi dix A220-300. Philippine Airlines a ajouté neuf A350. Riyadh Air a finalisé six A350-1000, portant son engagement total sur ce gros-porteur à 31 appareils.
Certains contrats de futurs avions restent conditionnés à leur certification par le régulateur américain FAA, en l’occurrence les 737 MAX-7 et MAX-10. Aerolíneas Argentinas a signé des baux pour huit Boeing 737 MAX-10 et six Airbus A330neo. Le responsable adjoint de la FAA, Chris Rocheleau, a précisé que l’homologation du 737 MAX-7 était « pour ainsi dire imminente », celle du 737 MAX-10 devant suivre.
Les motoristes, grands gagnants du marché
Derrière la bataille commerciale Airbus-Boeing, un autre duel se joue entre motoristes. Et cette semaine leur a été particulièrement favorable. Le plus gros contrat vient d’Inde : IndiGo a signé un protocole d’accord avec CFM International pour plus de 1 000 moteurs LEAP-1A. Ces moteurs équiperont 510 appareils de la famille A320neo. Il s’agit de la plus importante commande jamais enregistrée pour CFM, une coentreprise entre l’américain GE Aerospace et le français Safran.
D’autres loueurs ont suivi. SMBC Aviation Capital, déjà client de longue date de CFM, a choisi les LEAP-1A pour 35 A320neo. China Aircraft Leasing Group a sélectionné des LEAP-1A pour 20 avions supplémentaires. Son total de commandes auprès de CFM atteint désormais des moteurs pour 90 appareils. Jackson Square Aviation a choisi CFM pour la première fois. Le motoriste va équiper plusieurs A320neo du bailleur américain.
Même les petites compagnies aériennes participent à la dynamique, comme FlyOne Armenia qui a signé un accord pour quatre moteurs LEAP-1A destinés à deux A321neo. Jet2 a elle aussi renouvelé sa confiance à CFM. La low cost britannique a choisi les LEAP-1A pour 54 nouveaux A321neo. Sa flotte motorisée par CFM atteindra bientôt 146 appareils.
Le motoriste américain Pratt & Whitney n’est pas en reste. British Airways a choisi ses moteurs GTF pour motoriser 33 A320neo fermes, avec 30 appareils supplémentaires en option.
Au total, plus de 10 000 moteurs LEAP ont déjà été livrés dans le monde. C’est, selon CFM, la montée en cadence la plus rapide de l’histoire de l’aviation commerciale. Pratt & Whitney, de son côté, a sécurisé plus de 800 commandes et engagements de moteurs GTF depuis le début de l’année. Son carnet de commandes dépasse désormais 8 000 unités.
Pourquoi les motoristes tirent leur épingle du jeu
Ce constat confirme une tendance de fond du marché aérien. Les cellules d’avion se vendent, mais ce sont les motoristes qui captent une part croissante de la valeur. Entre commandes de moteurs et contrats de maintenance sur plusieurs décennies, ils restent les grands bénéficiaires du renouvellement des flottes mondiales.
Ce déséquilibre s’explique par un modèle économique bien différent de celui des avionneurs. Boeing et Airbus sont payés dès la livraison de leurs avions. Les motoristes, eux, vendent souvent leurs moteurs à prix cassé, parfois même à perte. Ils ne deviennent réellement rentables que plusieurs années plus tard, grâce aux réparations et aux contrats de maintenance et de pièges détachées, nettement plus lucratifs.
Ce marché de l’après-vente s’étend sur trois à quatre décennies, la durée de vie moyenne d’un moteur. Le PDG de la branche commerciale d’Airbus, Lars Wagner, y voit d’ailleurs une opportunité que les avionneurs ne veulent plus laisser filer. « Il existe probablement une opportunité unique pour rééquilibrer le modèle économique et participer aux trois ou quatre décennies de marché de l’après-vente », a-t-il déclaré à l’agence Reuters au salon de Farnborough.
Les motoristes défendent leur position. Ils rappellent qu’ils portent seuls le risque financier initial, sur des durées bien plus longues que les avionneurs. Beaucoup proposent aussi des contrats à coût fixe par heure de vol, ce qui revient, selon un analyste, à « exploiter une activité d’assurance ».
Toutefois, le patron de RTX, maison mère de Pratt & Whitney, Chris Calio, reconnaît que ce contexte favorable aux motoristes devra évoluer avec la prochaine génération de monocouloirs. « Nous sommes restés assez fermes dans notre conviction que la prochaine génération de monocouloirs, notamment côté propulsion, devra adopter un modèle économique différent », a-t-il estimé. En clair : la répartition des profits entre avionneurs et motoristes pourrait bien évoluer, mais pour l’instant, ce sont toujours les seconds qui empochent la plus grande part des gains sur le long terme.

@Farnborough Airshow
Nico a commenté :
26 juillet 2026 - 17 h 43 min
Toujours rien du côté AF…..
Ibrahim a commenté :
27 juillet 2026 - 0 h 19 min
Compagnie de deuxième zone elle ne veux pas faire face comme un jetblue
Greg6 a commenté :
27 juillet 2026 - 18 h 36 min
Jetblue ? La compagnie qui n’a pas fait un bénéfice depuis 2019, qui a 10 milliards de dette, dont le nombre de passagers transporté est resté le même entre 2022 et 2025 ? On parle bien de celle là ?
aviation a commenté :
27 juillet 2026 - 9 h 54 min
Pourquoi voulez-vous absolument qu’Air France fasse une commande ? Elle a tous les avions nécessaires à son développement actuel pour les cinq prochaines années. Si elle commande un jour, cela sera de l’A220-500 pour remplacer les A320, des gros porteurs pour remplacer les 777 dans une dizaine d’année. Donc rien d’urgent.
Doudedudi a commenté :
27 juillet 2026 - 17 h 13 min
Il aurait été surprenant qu’ils annoncent une commande pendant Farnborough. On sait d’après les déclarations de Ben Smith qu’ils travaillent sur le renouvellement des 777-300 ER. On peut s’attendre à une annonce dans les prochains mois, voire au prochain salon du Bourget.
Une annonce qui aurait de la gueule serait: sortie du 350-2000 avec AF en client de lancement 🙂
Gsb a commenté :
26 juillet 2026 - 18 h 14 min
Boeing en tête certes mais d’une très courte tête environ 20 commandes de plus qu’Airbus ce n’est pas encore un retour tonitruant. Et il faudrait voir la valeur catalogue il n’est pas impossible qu’Airbus aient vendu environ 20 cellules de moins mais des cellules plus chères (350-1000, 330neo)
Et le B777X ? a commenté :
26 juillet 2026 - 22 h 36 min
Le 777X a t’il atteint son plafond de verre au niveau des commandes ?
Aucune commande de 777X passagers…
GVA1112 a commenté :
27 juillet 2026 - 7 h 22 min
Peut être pas.
Ce sont les compagnies qui peuvent attendre de savoir ce qu’il a dans le ventre (C’est à dire, quelles seront ses vraies caractéristiques, avantages, gains, … de cet avion), qui seront, alors, les prochains clients.
CHECK LAST a commenté :
27 juillet 2026 - 13 h 07 min
Que 20 avions d écart entre les deux constructeurs ?
Mais pourtant le mytho en chef du club mickey prétend que le criminel a écrasé AIRBUS à Farnborough
Petit détail avant le salon Airbus comptait 887 commandes brutes
boingboing la moitié….
Checklist a commenté :
27 juillet 2026 - 15 h 24 min
En terme de long courrier Boeing écrase Airbus en dehors des salon et pendant les salons
En toute circonstance
Prend des Kleenex…
CHECK LAST a commenté :
28 juillet 2026 - 9 h 24 min
Le mytho ment comme d hab
Le mytho se contredit comme d hab
Le menteur essaie de se rattraper pour avoir le dernier mot comme d hab
Et en juin 20 commandes de gros porteur pour Airbus
9 pour boingboing
boingboing écrase tellement Airbus qu il est en déficit depuis plus de 10 ans face à l Européen
Airbus avant le salon avec 8042 A320/220 dans son backlog compte 31454 monocouloirs de plus que ton amerloque criminel avec ses MAX pourris de la préhistoire
Voilà ce qui s appelle écraser l autre
Arrête de mentir le mytho ça te changera
CHECK LAST a commenté :
28 juillet 2026 - 11 h 53 min
ERRATUM
“3154 monocouloirs de plus…”
atplhkt a commenté :
28 juillet 2026 - 12 h 44 min
@ CHECKLAST
Manifestement vous êtes toujours incapable de poster un commentaire sans outrance et discourtoisie envers un tiers intervenant.
C’est étrange pour quelqu’un qui s’est présenté comme un ” historien ” de sombrer sans cesse dans des formules qui relèvent plus d’une cour de récréation d’école primaire que d’une réelle analyse critique.
Hub a commenté :
31 juillet 2026 - 13 h 36 min
Donc un moteur d’avion c’est un peu comme une imprimante en fait, le vendeur se paye sur les consommables.
En ajoutant à ça la place importante occupée par les loueurs d’avions je me dis que le sujet numéro 1 pour une compagne aérienne ça doit vraiment être la structuration de son financement, les enjeux sont colossaux…
Michel a commenté :
6 août 2026 - 13 h 07 min
C’est pareil pour les avions. Quand Ryanair ou Emirates passe une grosse commande à un constructeur, les avions sont vendus à prix coûtant et le profit se fait sur les pièces pour la maintenance