Confronté à une flambée durable des prix du carburant et à des tensions sociales persistantes, le groupe Lufthansa accélère la transformation de sa flotte. Les Airbus A340-600 seront retirés dès l’automne 2026, tandis que les Boeing 747-400 entament leur sortie progressive. Une décision emblématique d’un basculement accéléré vers des avions plus économes.
Fin programmée pour les Airbus A340-600
Lufthansa s’apprête à tourner définitivement la page de l’Airbus A340-600. Les quatre derniers exemplaires encore en service quitteront la flotte à la fin du programme été 2026, marquant la fin de plus de deux décennies d’exploitation de cet appareil emblématique.
Cette décision s’inscrit dans un plan global de réduction des coûts, annoncé par le groupe allemand et confirmé dans un communiqué officiel. Lufthansa justifie ce choix par l’explosion du prix du kérosène, désormais « plus du double des niveaux observés avant le conflit avec l’Iran », rendant les avions quadriréacteurs particulièrement pénalisants sur le plan économique.
Longtemps apprécié pour ses performances sur les routes long-courriers à forte capacité, l’A340-600 est aujourd’hui dépassé face aux biréacteurs modernes comme l’Airbus A350-900 ou le Boeing 787, nettement plus sobres.
Les Boeing 747-400 entrent dans leur dernière phase
Sur le segment des très gros porteurs, Lufthansa adopte une approche progressive. Deux Boeing 747-400 seront immobilisés dès octobre pour la saison hiver 2026/2027, sans être immédiatement retirés. Le groupe confirme toutefois que le retrait complet de ce modèle interviendra courant 2027. Cette transition laissera le Boeing 747-8 comme dernier représentant du « Jumbo Jet » dans la flotte passagers de Lufthansa.
Cette évolution illustre une tendance de fond dans l’industrie : la disparition progressive des quadriréacteurs, dont les coûts d’exploitation deviennent difficilement soutenables dans un contexte de volatilité énergétique.
Une stratégie dictée par la flambée du carburant
Lufthansa souligne que près de 80% de ses besoins en carburant sont couverts par des opérations de couverture, mais les 20% restants sont exposés aux prix du marché, actuellement très élevés. Selon le groupe, le retrait anticipé des appareils les plus gourmands doit permettre de réduire d’environ 10% cette exposition aux coûts les plus élevés. « Le paquet de mesures vise à générer un effet disproportionné sur les économies de carburant », précise Lufthansa.
Cette décision intervient également dans un contexte de tensions sociales, notamment avec le syndicat de pilotes Vereinigung Cockpit, sur fond de désaccords liés aux retraites.
Lufthansa CityLine et le réseau européen également touchés
La réduction de capacité ne se limite pas au long-courrier. Lufthansa a décidé de retirer définitivement les 27 appareils de sa filiale régionale Lufthansa CityLine, principalement composée de Canadair CRJ, invoquant des coûts d’exploitation trop élevés et une rentabilité insuffisante. Le groupe prévoit de migrer ses routes vers Lufthansa City Airlines, filiale low-cost lancée en 2024 pour optimiser les coûts sur ces segments.
En parallèle, une réduction supplémentaire équivalente à cinq avions est prévue sur le réseau court et moyen-courrier durant l’hiver 2026/2027. Le groupe entend aussi redistribuer ses capacités en faveur de ses entités les plus efficientes, notamment Discover Airlines, qui recevra neuf Airbus A350-900 supplémentaires.
Au-delà de la conjoncture, Lufthansa accélère une mutation engagée depuis plusieurs années : simplification de la flotte, réduction des sous-flottes coûteuses et montée en puissance des avions nouvelle génération.
Et quid des A340-300? a commenté :
19 mai 2026 - 8 h 11 min
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