Un Boeing 787-8 de LATAM Airlines est immobilisé depuis plusieurs jours à l’aéroport de Mataveri, sur l’Île de Pâques, après qu’un véhicule de piste a arraché l’une de ses portes. Un incident spectaculaire sans blessé, mais aux conséquences opérationnelles complexes dans l’un des aéroports les plus isolés au monde.
Une collision au sol aux conséquences inhabituelles
L’incident s’est produit le 29 mai 2026, peu après l’arrivée du vol LA841 en provenance de Santiago du Chili, assuré par un Boeing 787-8 immatriculé CC-BBD. Selon l’Aviation Safety Network, base de données reconnue de la Flight Safety Foundation, « lors du positionnement d’un escalier mobile, le camion a heurté la partie avant droite du fuselage, arrachant la porte numéro 2 du Dreamliner ». Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent la porte complètement détachée du fuselage, restée accrochée à l’équipement de piste. Aucun passager ni membre d’équipage n’a été blessé.
Un casse-tête logistique à Rapa Nui
Si l’incident n’a pas fait de victime, il place LATAM dans une situation opérationnelle délicate. L’aéroport de Mataveri, situé sur l’Île de Pâques (Rapa Nui), est l’un des plus isolés au monde, à plus de 3 700 kilomètres des côtes chiliennes. Or, l’infrastructure locale ne dispose pas des capacités de maintenance lourde nécessaires pour remplacer une porte de fuselage sur un avion long-courrier moderne comme le Boeing 787.
LATAM, seule compagnie à opérer des vols réguliers vers l’île, devra probablement acheminer des pièces de rechange depuis le continent, dépêcher une équipe de techniciens spécialisés tout en immobilisant l’appareil plusieurs jours, voire plus.
Des observateurs du secteur évoquent également la possibilité d’installer une solution provisoire (type « door plug ») afin de convoyer l’appareil sans passagers vers une base de maintenance adaptée au Chili continental.
Un incident rare mais pas isolé
Ce type d’événement reste rare mais n’est pas inédit. En 2023, un Boeing 787-8 d’American Airlines avait subi un incident similaire à l’aéroport de Dublin. Une passerelle télescopique avait accidentellement arraché la porte numéro 2 gauche alors que l’appareil se préparait à repartir vers Philadelphie.
Ces événements illustrent les risques persistants liés aux opérations au sol, souvent sous-estimés par rapport aux incidents en vol. Les collisions avec des équipements de piste représentent une part significative des dommages matériels dans l’aviation commerciale.
Un Boeing 787 CC-BBD de LATAM endommagé à l'île de Pâques (Rapa Nui) 🇨🇱
— Gate7 (@Gate7aviation) May 31, 2026
Le Boeing 787 #Dreamliner immatriculé CC-BBD de #LATAM Airlines a été endommagé sur le tarmac de l'aéroport de Mataveri, sur l'île de Pâques, après l'atterrissage du vol LA841 lorsque la deuxième porte (L2)… pic.twitter.com/2zSdHysMF5
gub a commenté :
2 juin 2026 - 9 h 10 min
Je ne comprendrai jamais comment ce genre d’accident peut arriver.
GVA1112 a commenté :
2 juin 2026 - 11 h 39 min
Pour avoir travaillé sur le tarmac de l’aéroport de Genève pendant les saisons de ski (il y a 30 ans ..) l’approche des passerelles étaient une des opérations les plus complexes, car la vitesse d’approche était millimétrée. Il ne fallait pas appuyer le caoutchouc du plateau sur la carlingue mais laisser seulement quelques centimètres de vide,
Puis, lorsque le véhicule est stabilisé (4 pieds au sol), le réglage fin du télescopique (l’escalier pouvait avancer et se lever) doit être effectué une fois la porte ouverte (tjs en accord avec les PNC) pour être au même niveau que le plancher de l’avion.
Tout cela prend quelques minutes (les déploiements des vérins sont volontairement lents) pour être précis et ne pas soulever la porte qui est en position ouverte.
Bref, quelques secondes d’inattention, un peu de précipitations, etc.. et c’est vite fait de s’appuyer sur cet élément qui devient TRES fragile une fois ouvert.
Opération portes ouvertes ? a commenté :
2 juin 2026 - 12 h 18 min
Boeing encourage les opérations portes ouvertes au sol ?
Après celle en vol du 737 MAX d’Alaska Airlines…