Un commandant de bord de Scandinavian Airlines (SAS), âgé de 45 ans, a été arrêté à l’aéroport Nice-Côte d’Azur après avoir été contrôlé positif à la cocaïne à l’issue d’un vol en provenance de Copenhague. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à dix mois de prison avec sursis et à un an d’interdiction de survol du territoire français, ce qui revient de facto à lui interdire d’exercer en France pendant cette période.
Le vol retour Nice–Stockholm a été annulé et les passagers réacheminés, tandis que l’affaire rappelle la rigueur croissante des contrôles alcool et stupéfiants imposés aux équipages.
SAS : un vol Nice–Stockholm annulé après un contrôle positif
L’incident s’est produit le mercredi 10 juin 2026 à l’aéroport Nice-Côte d’Azur, à l’issue d’un vol SAS en provenance de Copenhague opéré en Airbus A320. À l’arrivée, vers 15 h, l’équipage a été soumis à un contrôle routinier d’alcoolémie et de stupéfiants par la gendarmerie des transports aériens (GTA), dans le cadre des campagnes de dépistage aléatoire désormais fréquentes sur les plates-formes françaises.
Le commandant de bord, décrit comme un pilote « d’âge moyen » et âgé de 45 ans, a alors été testé positif à la cocaïne, un résultat confirmé par des analyses complémentaires. Le vol suivant, qui devait relier Nice à Stockholm-Arlanda avec une nouvelle rotation passagers, a immédiatement été annulé, le pilote étant déclaré inapte au vol conformément aux procédures de sécurité. Les passagers concernés ont été pris en charge par la compagnie, rebookés sur d’autres vols dans la mesure du possible le jour même ou logés à Nice en attendant un réacheminement ultérieur, selon un communiqué de SAS.
Arrestation, jugement rapide et interdiction de survol
Après le test positif, le pilote a été placé en garde à vue par la GTA puis présenté dès le lendemain à un tribunal de Nice dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Il a reconnu les faits et a été condamné à dix mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de survol du territoire français pendant un an, mesure inédite pour un pilote de ligne étranger dans un tel contexte récent.
D’après les éléments rapportés par le quotidien régional Nice-Matin, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) devrait, en parallèle de la sanction pénale, procéder au retrait ou à la suspension des titres aéronautiques du pilote pour la France, le temps de l’instruction administrative. La sanction française s’ajoutera aux éventuelles mesures prises par SAS et par l’autorité de l’aviation civile du pays d’immatriculation de la licence du pilote, qui pourraient aller de la suspension temporaire à la révocation définitive du certificat médical ou de la licence de pilote de ligne.
Un cadre réglementaire de plus en plus strict pour les stupéfiants
L’affaire intervient dans un contexte de durcissement des contrôles liés à la consommation d’alcool et de stupéfiants dans le secteur aérien en Europe. En France, la transposition du règlement européen 2018/1042 a permis de généraliser les tests de dépistage pour les pilotes et les membres d’équipage, y compris en l’absence d’incident ou d’accident, avec des contrôles aléatoires assurés par la gendarmerie des transports aériens sur l’ensemble des aéroports.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a, de son côté, renforcé les exigences en matière de suivi médical des équipages, en imposant aux États membres la mise en place de programmes de dépistage systématiques et de politiques de tolérance zéro pour les drogues illicites. En France, un arrêté permet désormais des tests de détection de stupéfiants pour pilotes, élèves pilotes et personnels de cabine, avec suspension immédiate des titres aéronautiques en cas de résultat positif, avant même l’issue de la procédure judiciaire.
Comme le rappelle une note syndicale sur l’application de ces textes, « des contrôles effectués par la GTA sur tous les aéroports français prévoient, s’ils se révèlent positifs, la suspension de tous les titres aéronautiques et ce de façon immédiate ». Les peines encourues peuvent atteindre deux ans de prison et 4 500 euros d’amende, voire davantage en cas de cumul alcool/drogue.
SAS insiste sur la priorité absolue à la sécurité
La compagnie scandinave a confirmé qu’un « incident impliquant un membre d’équipage » avait conduit à l’annulation d’un vol et indiqué que l’affaire était désormais « entre les mains des autorités », en la classant comme une question de personnel. SAS a rappelé que « la sécurité reste la priorité absolue de la compagnie » et que des politiques strictes en matière d’alcool et de stupéfiants s’appliquent à tous les navigants conformément aux réglementations en vigueur.

Mamadou DIALLO a commenté :
13 juin 2026 - 10 h 18 min
Et pas de sanction disciplinaire de la part de SAS concernant son pilote ?
Si tel est le cas, c’est inquiétant.
Doudedudi a commenté :
13 juin 2026 - 17 h 44 min
Petit point juridique, les règlements européens s’appliquent directement dans l’ensemble des États-membres sans qu’il y ait besoin d’une quelconque transposition. On les distingue des directives européennes qui fixent un objectif et laissent les États-membres choisir les modalités via la transposition dans leur droit national.