Les compagnies aérienens traditionnelles restent celles qui respectent le mieux les droits des passagers en Europe, surtout lorsqu’il s’agit de payer rapidement les indemnités dues après un vol retardé ou annulé. Le classement Flightright 2026 montre toutefois que certaines low cost tardent davantage à indemniser leurs clients.

Cette photographie des « bons » et des « mauvais payeurs » arrive à point nommé : le 12 juin 2026, le Parlement européen et les États membres de l’UE se sont accordés pour maintenir à 250 euros le montant de l’indemnisation due à partir de trois heures de retard, conformément au règlement de CE 261/2004. Malgré les pressions des compagnies, les passagers conservent donc ce droit fondateur, au moment même où les écarts de comportement entre transporteurs restent flagrants sur le terrain. 

Un index centré sur les droits des passagers
Plateforme de défense des droits des passagers aériens, Flightright a analysé la performance des 20 plus grandes compagnies européennes selon trois critères : fiabilité des vols, comportement de paiement et opinion des clients, avec une note de 1 à 5 pour chaque catégorie. « Bien que légalement tenues d’assister et indemniser les passagers victimes de retards et annulations de vols, les compagnies aériennes européennes sont encore loin de respecter les droits des passagers », rappelle la plateforme.

Selon une étude réalisée par OnePoll pour Flightright, 45 % des voyageurs déclarent n’avoir jamais obtenu l’indemnisation à laquelle ils avaient droit après un retard ou une annulation, et 76 % ne connaissent pas précisément leurs droits. Flightright souligne que les passagers doivent encore avancer eux‑mêmes les frais liés aux perturbations, malgré le règlement européen CE 261/2004.

Low cost plus ponctuelles, traditionnelles plus respectueuses
Sur la fiabilité, les low cost font mieux : easyJet obtient 3/5, contre 1,5/5 pour Air France sur ce critère. Flightright explique cet écart par des modèles d’exploitation différents : « Les compagnies à bas coûts privilégient des vols courts et des rotations rapides, alors que les compagnies traditionnelles opèrent davantage de vols long‑courriers et de correspondances, augmentant le risque de perturbations. »

Mais lorsqu’il s’agit de verser les indemnités, ce sont les compagnies historiques qui tirent leur épingle du jeu. Elles traitent en moyenne plus vite les dossiers et versent plus rapidement les compensations financières dues aux voyageurs. « Les compagnies aériennes traditionnelles respectent davantage leurs obligations prévues par le règlement européen CE 261/2004 », indique la plateforme.

Les « mauvais élèves » du versement d’indemnités
À l’inverse, certaines low cost apparaissent comme de « mauvais payeurs », avec des délais de traitement plus longs et plus de contestations sur les dossiers d’indemnisation. Pour Flightright, ces écarts doivent peser dans le choix du transporteur : un vol low cost peut être plus ponctuel, mais une compagnie traditionnelle sera souvent plus fiable pour faire respecter le règlement européen CE 261/2004 en cas de problème.

« Air France décroche la meilleure note (3,5/5) en comportement de paiement, quand Ryanair ferme la marche avec seulement 1,5/5  », souligne le classement de Flightright.

Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright, rappelle que les perturbations ont un coût moyen de 224,57 euros par passager (hôtel, frais de bouche et autres dépenses d’urgence) et des conséquences « à la fois financières et humaines », 23 % des voyageurs déclarant avoir déjà manqué un événement unique (mariage, anniversaire, etc.) à cause d’un vol perturbé. « Face aux perturbations, près de 60 % estiment ne pas être soutenus par les compagnies », conclut‑elle, appelant à mieux faire respecter un cadre européen « peu connu » mais essentiel pour les passagers.

Retard et annulation : quelles compagnies européennes paient vraiment les indemnités dues aux passagers ? 1 Air Journal

@Aeroporto do Porto