L’association belge de défense des consommateurs Testachats réclame l’imposition d’astreintes financières à Ryanair pour l’obliger à appliquer un jugement qui a déjà qualifié plusieurs de ses pratiques commerciales d’« illicites ». Elle estime que la low cost irlandaise tarde à se conformer pleinement à la décision et demande au tribunal de renforcer la pression via des pénalités automatiques.
Un jugement qui confirme plusieurs infractions
Le 28 janvier 2026, le tribunal de commerce de Bruxelles a rendu un premier jugement dans l’action menée par Testachats contre Ryanair. Testachats dénonçait une dizaine de pratiques jugées « trompeuses, agressives ou déloyales » sur le site internet et dans l’application de la low cost, notamment des formules tarifaires groupées peu transparentes, des fausses promotions et des messages d’urgence du type « plus que 5 sièges à ce prix ».
Le tribunal a retenu quatre pratiques « illicites », principalement liées à l’affichage des prix. Il a notamment jugé illégale la pratique consistant à offrir « une réduction de prix au consommateur en annonçant un faux prix de référence » et celle qui revient à « inciter le passager à réserver rapidement en laissant croire que le vol sera bientôt complet » alors que ce n’est pas le cas.
Testachats demande des astreintes renforcées
Dans son nouveau recours, Testachats souligne que Ryanair doit cesser ces pratiques dans un délai de trois mois suivant la signification du jugement, « sous peine d’une astreinte de 5000 euros par infraction et par jour d’infraction ». L’association estime que la low cost irlandaise n’a pas encore pleinement corrigé l’ensemble des éléments pointés et demande au tribunal de contrôler l’exécution du jugement.
« Ce que nous constatons, c’est que plusieurs points du processus de réservation de Ryanair sont aujourd’hui opaques ou trompeurs », explique Julie Frère, porte-parole de Testachats. L’association réclame que « les prix soient clairement affichés, séparément pour chaque service, dès le début du processus de réservation, afin de faciliter la comparaison entre les différentes compagnies aérienens ».
Pratiques tarifaires et marketing dans le viseur
Les griefs portent sur plusieurs éléments clés du parcours de réservation en ligne. Testachats reproche à Ryanair : des « formules tarifaires groupées » présentées comme option recommandée, alors qu’il serait possible d’acheter les services séparément, plus tard et moins cher ; des fausses promotions basées sur des prix de référence trompeurs ; des messages d’urgence comme « plus que 5 sièges à ce prix », qui créent une pression artificielle sur le consommateur ; et un manque de transparence sur les frais liés aux bagages et aux options comme l’embarquement prioritaire ou le choix de siège.
Dans sa communication, Testachats insiste sur la nécessité d’une « transparence totale des prix, avec tous les frais optionnels divulgués dès le début du processus de réservation » et sur l’inclusion d’un bagage à main raisonnable dans le tarif de base.
Réponse de Ryanair et enjeux pour les consommateurs
Ryanair conteste une partie des accusations et affirme que son système de réservation et sa politique bagages sont conformes à la réglementation européenne. Après le jugement de janvier, elle s’est félicitée d’avoir obtenu gain de cause sur certains points, notamment la facturation des bagages cabine de 10 kg. Le tribunal a en effet jugé ces pratiques légales, alors que Testachats souhaitait les voir interdites.
Pour l’association de consommateurs, l’enjeu dépasse le cas Ryanair. « Nous demandons simplement que les consommateurs soient correctement informés dès le début du processus de réservation, afin qu’ils puissent faire jouer la concurrence et prendre une décision en pleine connaissance de cause », résume Julie Frère. La bataille judiciaire engagée en Belgique pourrait servir de référence à d’autres actions en Europe contre les pratiques jugées trompeuses de Ryanair et aussi d’autres low cost.

@Aeroporto do Porto
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