L’aéroport de Londres-Heathrow a profité du Mondial de football aux Etats-Unis-Canada-Mexique pour doper son trafic transatlantique en juin, mais reste pénalisé par la faiblesse du marché moyen‑oriental, ce qui se traduit par un léger recul du nombre total de passagers par rapport à 2025.

Le Mondial 2026 dope les flux transatlantiques

Alors que la Coupe du monde de football se déroule pour la première fois conjointement aux États‑Unis, au Canada et au Mexique, Londres‑Heathrow a fortement bénéficié des flux de supporters vers l’Amérique du Nord en juin 2026. Le hub londonien a accueilli 1,97 million de passagers sur ses liaisons nord‑américaines ce mois‑là, soit une hausse de 1,2% sur un an et un deuxième mois consécutif de croissance vers cette région.  Selon l’aéroport, cette progression est directement liée aux déplacements des fans de football vers les villes hôtes du Mondial organisées dans les trois pays nord‑américains.

Un hub prêt pour les départs de dernière minute

La phase finale du tournoi coïncide avec le pic des départs estivaux, et Heathrow souligne qu’il se considère bien positionné pour absorber les voyages de dernière minute grâce à la densité de ses liaisons vers les États‑Unis et au rôle de hub de correspondance qu’il joue au sein des alliances mondiales. Le trafic de transfert y a progressé de plus de 3% en juin, confirmant le poids de Heathrow comme plate‑forme de redistribution des flux long‑courriers entre l’Europe, l’Amérique du Nord et le reste du monde.

L’aéroport met également en avant la mise en service, dans l’ensemble de ses terminaux, de nouveaux scanners de sûreté de type CT permettant aux voyageurs de conserver liquides et ordinateurs portables dans leurs bagages cabine.  Ces investissements – devenus incontournables dans les grands hubs européens – ont contribué à maintenir le temps d’attente moyen aux contrôles de sécurité sous les cinq minutes, un enjeu de qualité de service crucial en haute saison.

Fret robuste et dynamisme Asie‑Pacifique

Au‑delà du trafic passagers, Heathrow confirme son rôle de plate‑forme cargo, avec près de 135 000 tonnes de fret traitées en juin, soit une hausse d’environ 3,8% sur un an selon les statistiques publiées par l’aéroport. Les échanges avec l’Amérique du Nord progressent de 6%, signe que le rebond de la demande transatlantique se manifeste aussi dans les flux de marchandises, notamment pour les secteurs pharmaceutique et haute technologie qui s’appuient fortement sur le fret aérien.

L’Asie‑Pacifique s’impose en parallèle comme le marché majeur le plus dynamique pour Heathrow en juin, avec des volumes passagers en hausse de 2,5% et un bond de 11,7% du fret.
Ce regain reflète la normalisation progressive des capacités et de la demande sur les axes vers l’Asie après plusieurs années marquées par les restrictions sanitaires, un signal important pour les compagnies européennes et asiatiques utilisant Heathrow comme escale de correspondance.

Recul global des passagers, Moyen‑Orient en berne

Malgré ces signaux positifs sur l’Amérique du Nord et l’Asie, le trafic total à Heathrow s’établit à 7,2 millions de passagers en juin 2026, en baisse de 1,8% par rapport à juin 2025. Cette contraction tient principalement à la forte faiblesse du marché moyen‑oriental, dont les flux ont chuté de 26,2% sur un an en juin, sur fond de tensions géopolitiques et de réductions de capacités sur certaines liaisons, selon les données de trafic de l’aéroport.

Sur le premier semestre 2026, Heathrow a néanmoins accueilli 40 millions de passagers, soit une légère hausse de 0,2% par rapport à la même période de 2025.  Un autre chiffre : le nombre de mouvements d’avions au premier semestre recule de 1,8%, témoignant d’une optimisation des coefficients de remplissage et des jauges utilisées par les compagnies plutôt qu’une croissance purement capacitaire.

Un argument supplémentaire pour l’extension

Pour Thomas Woldbye, directeur général de Heathrow, ces chiffres illustrent « une demande soutenue de connectivité globale malgré les défis géopolitiques ».  Le dirigeant en profite pour réitérer ses appels à l’autorisation des projets d’extension financés sur fonds privés, au cœur des débats britanniques depuis plusieurs années autour de la construction d’une troisième piste et de l’agrandissement des terminaux 2 et 5.

« Une troisième piste permettrait d’ouvrir de nouvelles lignes, de renforcer les échanges commerciaux et de soutenir le développement économique à travers le Royaume‑Uni, à condition de respecter des objectifs stricts en matière de bruit, de qualité de l’air et de carbone », insiste‑t‑il, dans la lignée de ses déclarations sur la compatibilité du projet avec les engagements climatiques nationaux.

Londres‑Heathrow : les fans de football boostent le transatlantique mais le Moyen‑Orient plombe juin 1 Air Journal

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