Le trafic de passagers marque le pas dans les grands aéroports européens, après plusieurs années de reprise soutenue post‑Covid. Cette stagnation touche particulièrement les grands hubs de Paris, Londres et Francfort, qui voient leur dynamique s’essouffler sous l’effet combiné des tensions géopolitiques et du ralentissement économique.

Groupe ADP abaisse ses prévisions pour 2026
Face à ce contexte moins porteur, Groupe ADP (Aéroports de Paris) a choisi d’abaisser ses prévisions de trafic pour l’exercice 2026, rompant avec le scénario de croissance plus robuste esquissé au début de l’année. L’exploitant des aéroports parisiens Roissy‑Charles de Gaulle et Paris‑Orly prend acte d’un environnement plus incertain, marqué par la faiblesse du marché français.

Le mois de juin illustre le changement de dynamique. Le trafic des aéroports de Paris recule de 3,2%, à 9,38 millions de passagers. Dans le détail, Paris‑Charles de Gaulle a accueilli 6,29 millions de passagers en juin, soit une baisse de 2,2% par rapport à la même période un an plus tôt. Paris‑Orly enregistre un recul plus marqué, de 5,2%, à 3,09 millions de passagers, signe d’un affaiblissement de la demande sur certaines liaisons court et moyen‑courrier.

Sur le premier semestre 2026, le trafic de Paris‑CDG et Paris‑Orly demeure quasiment stable, avec une petite croissance de 0,5%, à 51,6 millions de passagers, confirmant que la phase de rattrapage post‑Covid est désormais derrière eux. Le trafic a été pénalisé par des réductions de programmes de vols liées au conflit au Moyen‑Orient et à la hausse des prix des carburants. Ces facteurs se traduisent par une normalisation de la demande, après les fortes vagues de voyages observées en 2023 et 2024.

Londres‑Heathrow et Francfort aussi sous pression
Le ralentissement ne se limite pas à Paris. Londres‑Heathrow, premier aéroport européen, a accueilli 7,2 millions de passagers en juin 2026, soit une baisse de 1,8% sur un an. Sur les six premiers mois de l’année, l’aéroport londonien totalise environ 40 millions de passagers, à peine en hausse de 0,2% par rapport à 2025. Le premier hub européen a lui aussi revu à la baisse ses prévisions annuelles, anticipant une contraction de son trafic autour de 1%. Le conflit au Moyen‑Orient, qui entraîne une chute de plus de 25% des flux vers cette région, pèse particulièrement sur le long‑courrier et sur l’activité de correspondance du hub londonien.

En Allemagne, Francfort enregistre un reflux comparable. L’aéroport a accueilli 5,7 millions de passagers en juin 2026, en baisse de 1,7% par rapport à l’an dernier. Sur le premier semestre 2026, son gestionnaire Fraport reste globalement en croissance avec 77,7 millions de passagers sur l’ensemble de ses aéroports dans le monde et maintient ses prévisions pour 2026. Mais son hub principal de Francfort recule à 28,9 millions de passagers (‑0,8%), confirmant que le marché allemand demeure sous pression malgré la bonne tenue des plateformes internationales du groupe. Les grèves, les perturbations opérationnelles et la sensibilité du trafic d’affaires à la conjoncture expliquent en grande partie cette contre‑performance.

Un nouveau cycle pour les grands hubs
Plus largement, les grands aéroports européens sont les premiers à ressentir l’impact de la dégradation du contexte géopolitique et économique, ainsi que de la pression environnementale qui pèse sur le transport aérien. La bascule en territoire quasi‑neutre du trafic passagers marque une rupture avec le cycle de reprise rapide engagé à partir de 2021.

Stagnation du trafic pour Aéroports de Paris, Londres‑Heathrow et Francfort aussi sous pression 1 Air Journal

©Londres Heathrow