Eve Air Mobility, filiale d’Embraer, a annoncé mardi 22 juillet deux avancées distinctes mais convergentes dans la maturation de son programme eVTOL Eve 100 : l’ouverture par l’autorité brésilienne ANAC d’une consultation sectorielle sur des critères de navigabilité actualisés, et le dépôt auprès de l’EASA (l’agence européenne de sécurité aérienne) d’une demande de validation du futur certificat de type en Europe.

Ces annonces s’ajoutent à un partenariat avec le département des transports de Floride (FDOT) autour du site d’essais SunTrax Air, destiné à préparer l’intégration opérationnelle des futurs services eVTOL.

Un dossier de certification qui s’internationalise

Au Brésil, l’ANAC a ouvert jusqu’au 18 août une consultation sur une version révisée des critères de navigabilité applicables au Eve 100. Selon Eve, ces ajustements visent notamment une meilleure harmonisation avec les approches internationales, dont la guidance de la FAA pour les appareils de catégorie hybride, un point clé pour la reconnaissance croisée des exigences techniques. La firme rappelle avoir formalisé sa demande de certificat de type auprès de l’ANAC en 2022, puis engagé en 2023 une démarche parallèle avec la FAA ; l’ajout de l’EASA au dispositif confirme une stratégie de certification pensée d’emblée pour plusieurs marchés.

Johann Bordais, directeur général d’Eve, a salué « des démonstrations importantes de l’avancement régulier du processus de certification du Eve 100 », tout en soulignant « une collaboration technique étroite avec l’ANAC » et « l’engagement des grandes autorités aéronautiques ». Côté ANAC, son président-directeur Tiago Faierstein a affirmé que « la mobilité aérienne avancée est une priorité stratégique » et que le Brésil entend jouer un rôle majeur dans des processus « sûrs et harmonisés ».

L’Europe entre dans la boucle

La demande déposée auprès de l’EASA marque une étape supplémentaire dans la stratégie de validation internationale d’Eve. En pratique, l’agence européenne ne certifie pas un programme ex nihilo : elle valide un dossier de type déjà établi par l’autorité de certification de référence, selon des procédures de coopération technique structurées. Pour Eve, cela signifie l’ouverture d’échanges techniques initiaux et d’activités de familiarisation avec l’EASA, avant d’éventuelles étapes plus lourdes sur la démonstration de conformité.easa.

Sur le plan réglementaire, cette séquence s’inscrit dans un environnement devenu plus lisible pour les projets eVTOL. La FAA a publié en 2024 une circulaire de recommandation dédiée aux appareils hybrides, tandis que l’EASA a fait évoluer son référentiel spécial VTOL afin de rapprocher les philosophies de certification transatlantiques.

Floride, terrain d’expérimentation

En parallèle, Eve Air Mobility a annoncé un partenariat avec le FDOT pour une initiative AAM (« Advanced Air Mobility » ou mobilité aérienne avancée), ciblée sur SunTrax Air, le centre d’essais de la Floride dédié à la mobilité aérienne avancée. Le projet doit permettre de travailler sur l’infrastructure, les procédures d’exploitation et la navigation dans l’espace aérien, autant de briques indispensables avant un lancement commercial. SunTrax Air est présenté par la Floride comme un hub de recherche et de validation conçu pour tester les technologies, les concepts opérationnels et les infrastructures associées aux futures opérations eVTOL.

« La Floride reconnaît son rôle stratégique dans l’avenir de la mobilité aérienne avancée », a déclaré Johann Bordais, ajoutant que « réussir l’introduction d’un nouveau mode de transport exige un alignement entre l’aéronef, l’infrastructure, les opérations et les communautés ». Derrière cette formule, se dessine l’un des défis majeurs du secteur : la certification de l’aéronef ne suffira pas sans réseau de vertiports, procédures ATM adaptées et acceptabilité locale.

Un programme toujours ambitieux

Eve continue de présenter le Eve 100 comme un appareil destiné au marché mondial de l’AAM, avec un dossier de certification désormais articulé entre le Brésil, les États-Unis et l’Europe. L’entreprise a aussi renforcé sa capacité de financement au cours de l’année, avec de nouveaux apports de dette et de capital destinés à soutenir le développement jusqu’à la phase de certification.

Eve revendique environ 2 700 engagements (lettres d’intention, accords conditionnels, etc.) pour son eVTOL auprès de divers opérateurs dans le monde. Sur ce total, la société a commencé à convertir une partie des intentions en une centaine de commandes fermes.

Eve accélère sa route vers la certification mondiale de son eVTOL Eve 100 1 Air Journal

©Eve Air Mobility