Le Tennessee envisage de rebaptiser l’aéroport international de Nashville en l’honneur de Dolly Parton, disparue le 25 août à l’âge de 80 ans. Mais avant que la principale porte d’entrée aérienne de la « Music City » ne porte le nom de la star de la country, l’autorité aéroportuaire devra lever plusieurs obstacles administratifs — et le code IATA BNA ne devrait pas, lui, disparaître facilement.
Le nom de Dolly Parton pourrait un jour accueillir les voyageurs à l’arrivée à Nashville. Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a annoncé le 28 août son intention de voir le Nashville International Airport rebaptisé en hommage à la chanteuse, compositrice, entrepreneuse et philanthrope, morte trois jours plus tôt d’un cancer. « La vie extraordinaire de Dolly Parton est à jamais tissée dans le tissu de notre État », a déclaré Bill Lee. « Là où le Tennessee accueille le monde, il est approprié que Nashville International Airport porte le nom de la fille préférée de notre État et accueille les voyageurs avec l’héritage durable de la musique, de la générosité, de la foi et de la gentillesse de Dolly », a-t-il ajouté.
La proposition, portée conjointement avec l’aéroport, n’équivaut toutefois pas encore à une décision. Elle doit être examinée le 17 septembre par la Metropolitan Nashville Airport Authority (MNAA), l’organisme public qui exploite Nashville International Airport.
Dolly Parton International : un projet encore incertain
Le projet est politiquement et symboliquement puissant : Dolly Parton est née dans le Tennessee et son parcours demeure intimement associé à Nashville, capitale mondiale de la musique country. Mais sur le plan aéroportuaire, le processus s’annonce plus complexe qu’un simple changement d’enseigne. Selon l’annonce officielle relayée par Reuters, Bill Lee s’est entretenu avec les représentants de l’artiste. Ceux-ci auraient fait part de leur reconnaissance devant la mobilisation en faveur d’un hommage et seraient disposés à poursuivre les échanges.
La MNAA doit cependant composer avec sa propre politique de dénomination. Celle-ci interdit actuellement d’attribuer le nom d’une personne à une infrastructure aéroportuaire avant un délai minimal de deux ans après son décès. Elle prévoit aussi que la personnalité concernée ait apporté une contribution significative à l’autorité aéroportuaire ou à l’aviation du Middle Tennessee.
Le conseil d’administration devra donc, au minimum, modifier ou interpréter différemment cette règle avant toute décision. Les médias américains soulignent également qu’un changement officiel du nom de l’aéroport nécessiterait une coordination avec les autorités fédérales, notamment la Federal Aviation Administration (FAA). Autrement dit, les voyageurs ne devraient pas voir leur carte d’embarquement mentionner « Dolly Parton International Airport » dans l’immédiat, même si le sujet bénéficie désormais d’un soutien institutionnel de premier plan.
BNA : un code IATA appelé à rester ?
L’un des éléments les plus mal compris dans ce dossier concerne le code de l’aéroport. Nashville International est identifié dans les systèmes de réservation, les horaires, les bagages et l’information opérationnelle sous le code BNA. Ce code est lié à l’ancienne appellation de l’aérodrome, Berry Field Nashville, et non au nom commercial actuel de l’aéroport.
Un éventuel changement de nom ne conduit donc pas automatiquement à une modification du code IATA. Dans l’aviation commerciale, ces identifiants à trois lettres constituent une brique essentielle des systèmes mondiaux de distribution, de réservation, de traitement bagages, d’affichage et de planification des vols. Ils sont conçus pour être stables, y compris lorsque l’appellation d’un aéroport évolue.
De nombreux précédents l’illustrent : l’aéroport John F. Kennedy de New York conserve le code JFK, Paris-Charles-de-Gaulle CDG et Chicago O’Hare ORD, hérité de son ancien nom, Orchard Field. À Nashville, BNA est déjà une marque solidement installée pour les compagnies aériennes, les passagers et les acteurs économiques de la région.
L’idée d’un code évoquant Dolly Parton, comme « DPI », a circulé dans les discussions en ligne. Mais elle ne relève à ce stade d’aucune procédure officielle annoncée. Surtout, un changement de code IATA est bien plus lourd qu’un renommage honorifique : il devrait être validé à l’échelle internationale et entraînerait des conséquences opérationnelles et commerciales considérables pour les compagnies, les agences de voyages, les plateformes de réservation et l’aéroport lui-même.
Le scénario le plus plausible, si la MNAA approuve le projet, serait donc celui d’un Dolly Parton International Airport conservant le code BNA, à l’image de nombreux grands aéroports dont le code ne correspond plus exactement à leur dénomination publique.
Un grand aéroport au cœur de la Music City
Pour Nashville, le sujet dépasse l’hommage culturel. BNA est la principale plateforme aérienne du Tennessee et la grande porte d’entrée d’une métropole dont le rayonnement touristique, musical et économique ne cesse de grandir. Donner le nom de Dolly Parton à l’aéroport reviendrait à associer directement l’expérience d’arrivée dans la ville à l’une de ses figures les plus universellement connues.
Le 17 septembre constituera donc une première échéance décisive. La MNAA devra déterminer si elle accepte de faire évoluer ses règles pour transformer Nashville International Airport en hommage permanent à l’icône de la country.

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