Un incident de traitement des bagages a perturbé, le 28 août, l’arrivée à Rome-Fiumicino d’un vol Wizz Air en provenance de Marsa Alam, en Égypte. Selon plusieurs médias italiens et le syndicat FAST Confsal, près de 80 valises seraient restées en soute lorsque l’Airbus A321neo a repris l’air vers Lampedusa. Une affaire qui relance le débat sur l’organisation du handling au premier aéroport italien.

Les voyageurs du vol Wizz Air W46180, arrivé de Marsa Alam à Rome-Fiumicino le vendredi 28 août, ont bien débarqué de l’appareil. Une partie importante de leurs bagages, elle, aurait continué le voyage. D’après Sky TG24, environ 80 passagers n’ont pas retrouvé leur valise sur le tapis de livraison ; près de la moitié des bagages du vol seraient restés dans la soute de l’avion, reparti entre-temps pour Lampedusa. Le vol, complet, avait atterri avec une quinzaine de minutes d’avance. Après environ 45 minutes de livraison, le convoyage des bagages se serait interrompu et l’affichage aurait signalé la fin des opérations. Des voyageurs, parfois en correspondance ou privés de vêtements de rechange et de médicaments placés dans leurs bagages enregistrés, ont alors constitué un groupe WhatsApp de plus de 80 personnes.

L’affaire aurait été éclaircie grâce au traceur GPS glissé dans une valise par l’un des passagers. Selon Sky TG24, des vérifications ont finalement été engagées après l’intervention de la Guardia di Finanza, confirmant que les valises n’avaient pas été débarquées avant le vol suivant.

Le handling et le centrage en question

Le syndicat FAST Confsal identifie l’avion comme un Airbus A321neo immatriculé 9H-WMC et évoque un départ vers Lampedusa autour de 16 h 30, après l’arrivée du vol égyptien.  Pour FAST Confsal, l’épisode ne doit pas être réduit à une erreur individuelle. Le syndicat met en cause des difficultés déjà signalées chez Aviation Services, prestataire de services d’assistance en escale : effectifs, charge de travail, organisation des équipes, formation et moyens opérationnels. « Ce qui s’est passé est un fait grave qui ne peut être liquidé comme un simple désagrément », affirme l’organisation.

Le syndicat demande à l’ENAC, l’autorité italienne de l’aviation civile, de vérifier si les bagages non déchargés ont été correctement identifiés avant le départ suivant et si les procédures de masse, de répartition de charge et de centrage ont été respectées. Il ne conclut pas à une anomalie technique : sur un vol commercial, la préparation du départ repose notamment sur une documentation de chargement actualisée, indispensable au calcul de masse et centrage. La présence imprévue de bagages destinés à une autre escale appelle donc, au minimum, une vérification de la chaîne opérationnelle.

FAST Confsal a par ailleurs annoncé une grève de quatre heures, de 11 h à 15 h le 13 septembre, pour le personnel d’Aviation Services à Fiumicino et Ciampino.

Quels droits pour les voyageurs ?

Pour les passagers, il s’agit juridiquement d’une livraison retardée de bagages. L’ENAC rappelle que, dans le cadre de la convention de Montréal, les voyageurs peuvent demander à la compagnie aérienne l’indemnisation de dépenses de première nécessité raisonnables et justifiées ; le plafond de responsabilité applicable est fixé à 1 519 droits de tirage spéciaux (environ 1780 euros) par passager pour la perte, l’endommagement ou le retard de bagages enregistrés. Il convient donc de déposer sans délai un constat d’irrégularité bagages — le PIR — et de conserver étiquettes bagages, carte d’embarquement et factures des achats indispensables.

Rome-Fiumicino : les passagers d’un vol Wizz Air débarquent, leurs bagages poursuivent le vol vers Lampedusa 1 Air Journal

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