Les salariés d’Airbus en Espagne ont voté, le 24 août, la poursuite d’une grève illimitée à compter du 25 août. Le conflit, né au début de l’été autour des salaires, du télétravail et des conditions de travail, est suivi avec attention à Toulouse : les sites espagnols participent directement à la chaîne industrielle mondiale de l’avionneur européen.
Airbus Espagne : le conflit se durcit
Après une interruption estivale, la mobilisation reprend avec une nouvelle étape. Les salariés des sites espagnols d’Airbus ont largement approuvé la poursuite d’un arrêt de travail sans échéance fixée, après avoir jugé insuffisante la dernière proposition de la direction. Le mouvement concerne notamment Getafe, près de Madrid, Illescas, Albacete, ainsi que les implantations de San Pablo et Tablada, à Séville. Airbus emploie environ 14 000 personnes en Espagne.
Les syndicats UGT, CGT et ÚTIL demandent notamment une hausse salariale protégeant réellement le pouvoir d’achat, le maintien de deux jours hebdomadaires de télétravail, davantage de flexibilité sur les congés et l’amélioration de certains droits sociaux. Airbus a proposé une évolution des rémunérations indexée sur l’inflation, assortie d’un supplément destiné à compenser les pertes de pouvoir d’achat, ainsi que le retour aux deux jours de télétravail. Mais plusieurs revendications restaient à traiter, dont les vacances, la restauration collective et les horaires. « La proposition de l’entreprise est insuffisante », a estimé l’UGT, tout en reconnaissant une première évolution de la position de la direction.
Le télétravail est devenu un marqueur du conflit social dans tout le groupe. Airbus avait envisagé de renforcer la présence sur site pour les métiers tertiaires et d’ingénierie. Face à la contestation, l’entreprise a accepté de préserver le cadre de deux jours hebdomadaires en Espagne, sans pour autant clore les discussions sociales.
Toulouse observe le risque sur la production Airbus
À Toulouse, les organisations syndicales suivent l’évolution de près. L’écosystème industriel d’Airbus repose sur des flux permanents entre ses sites européens : toute interruption prolongée chez un fournisseur ou un site de production peut, à terme, compliquer l’approvisionnement des lignes d’assemblage final. La direction ne cache pas son inquiétude. « Airbus regrette la décision prise par le comité de grève de poursuivre les arrêts illimités » et examine « l’impact additionnel » du mouvement sur « les obligations de production », les accords clients et les engagements institutionnels, a indiqué le groupe.
Le risque est particulièrement sensible à l’heure où Airbus doit tenir une cadence élevée. Sur le premier semestre 2026, l’avionneur a livré 351 avions commerciaux et enregistré 821 commandes nettes ; son carnet de commandes atteignait 9 222 appareils fin juin.
Après une médiation organisée le 21 août, Airbus a annoncé vouloir reprendre les négociations quotidiennement à partir du 25 août. « Atteindre un accord immédiatement dans les prochains jours est critique pour nous tous, pour nos clients et pour notre projet commun en Espagne », a déclaré l’entreprise.

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