La compagnie indienne low cost SpiceJet a retiré ses Boeing 737 MAX 8 de ses programmes de vols passagers. Cette décision ne résulte pas d’un nouvel enjeu de navigabilité du monocouloir de Boeing, mais paraît s’inscrire dans une crise plus large de trésorerie, de litiges avec les bailleurs et de réduction accélérée de la flotte disponible.

SpiceJet ne programme plus le Boeing 737 MAX

Le Boeing 737 MAX a disparu des opérations commerciales de SpiceJet. Le site irlandais TravelExtra a indiqué le 28 août que la compagnie avait suspendu l’ensemble de ses vols en 737 MAX et retiré le type de ses horaires passagers actifs. La décision serait directement liée aux contraintes financières et aux différends avec les sociétés de leasing, et non à un nouveau problème technique affectant l’avion. Dans une déclaration écrite, SpiceJet a précisé que l’arrêt ne découlait pas de « défauts techniques ou de sécurité » sur l’appareil, mais de la dégradation de sa situation financière et de sa capacité à conserver les avions sous financement. Le média ajoute que la radiation des appareils immobilisés doit permettre de mettre fin à des obligations de loyers sur des avions qui ne produisent plus de recettes.

L’information ne signifie donc pas qu’une autorité aérienne aurait interdit le 737 MAX à SpiceJet, ni qu’un événement de sécurité nouveau aurait affecté ce modèle. Le contexte est avant tout celui d’une compagnie en manque de liquidités, confrontée à une disponibilité insuffisante de ses avions et à la pression croissante de ses bailleurs.

Les derniers MAX appelés à quitter l’Inde

Selon le Financial Express, SpiceJet aurait désormais mis un terme effectif à l’exploitation de ses 737 MAX 8. Les trois derniers exemplaires jugés en état de vol, immatriculés VT-MXD, VT-MXE et VT-MXI, seraient destinés à être convoyés hors d’Inde, le premier étant alors stationné à Delhi.  Le quotidien économique indien affirme que l’ensemble des 737 MAX 8 de SpiceJet a fait l’objet de procédures de radiation dans le cadre du mécanisme IDERA — Irrevocable Deregistration and Export Request Authorisation. Cet instrument, reconnu dans le cadre de la Convention du Cap, permet notamment à un bailleur de demander la radiation puis l’exportation d’un avion loué lorsque les conditions contractuelles le permettent.

L’enjeu est considérable pour SpiceJet. La compagnie fut l’un des premiers opérateurs indiens du 737 MAX, avec Jet Airways : elle avait reçu son premier appareil, le VT-MAX, en octobre 2018. L’avion devait former le socle du renouvellement de la flotte moyen-courrier de la compagnie, tant sur les axes domestiques les plus fréquentés que sur les liaisons internationales régionales.  Le retrait du type constitue donc un revers stratégique. Il intervient alors que le MAX reste très présent dans le ciel indien chez Akasa Air et Air India Express, cette dernière devant par ailleurs recevoir à terme des 737 MAX 10, version allongée du programme Boeing.

Des problèmes de location, qui touche une flotte opérationnelle au plus bas

Le cas SpiceJet illustre une difficulté récurrente du secteur aérien : un appareil peut être techniquement apte à voler, mais rester cloué au sol faute de trésorerie pour financer sa maintenance, ses moteurs, ses pièces détachées, son assurance ou ses loyers.

La sortie des trois derniers 737 MAX 8 en état de voler laisserait SpiceJet avec seulement huit appareils actifs, selon les informations recueillies par le Financial Express. La compagnie a toutefois pris en location avec équipages trois Airbus A320 auprès de la compagnie cambodgienne Sky Angkor Airways, portant temporairement son parc opérationnel à environ onze avions. L’effondrement de la capacité se reflète déjà dans les statistiques du marché intérieur. En juillet, SpiceJet n’a transporté qu’environ 187 000 passagers domestiques, soit une part de marché de 1,6%, contre 1,9% en juin et 2,5% en mai.

SpiceJet cesse d’exploiter le 737 MAX : les derniers appareils vont quitter l’Inde 2 Air Journal

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