Avec 98,3 millions de passagers accueillis au premier semestre 2026, les aéroports français affichent un recul de 0,8% sur un an. Dans le même temps, le trafic européen progresse de 2,6%. L’Union des aéroports français et francophones associés (UAF & FA) y voit le signe d’un décrochage durable et demande, à l’approche du projet de loi de finances 2027, un allègement de la fiscalité aérienne.
La reprise post-Covid s’essouffle en France. Selon l’UAF & FA, les aéroports français ont accueilli 98,3 millions de passagers entre janvier et juin 2026, soit 0,8% de moins qu’un an auparavant. Le trafic demeure par ailleurs inférieur de 2,6% à son niveau du premier semestre 2019. Le constat est d’autant plus préoccupant qu’il tranche avec la dynamique observée chez les voisins européens. Dans les aéroports de l’UE+, qui regroupe l’Union européenne, l’Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni, le trafic a gagné 2,6% sur un an au premier semestre et dépasse désormais de 6,9% le niveau d’avant-pandémie, selon ACI EUROPE.
L’Europe avance, la France marque le pas
L’Italie (+4,2%) et l’Espagne (+3,7%) figurent parmi les principaux marchés européens les plus dynamiques. Le Danemark et la Grèce affichent également une progression soutenue. À l’inverse, la France apparaît parmi les grands marchés les moins performants, avec le Royaume-Uni (+0,4%) et une Allemagne toujours en recul (-1,2%).
Cette faiblesse française s’observe également dans les données de la Direction générale de l’aviation civile. Sur le seul mois de juin, le trafic commercial de passagers a baissé de 1,9% par rapport à juin 2025, après des replis déjà enregistrés en avril (-3,2%) et en mai (-1,3%). La DGAC fait état d’un recul semestriel de 0,8% pour 86,4 millions de passagers dans son périmètre statistique métropolitain et ultramarin.
Tous les segments ne suivent toutefois pas la même tendance. Les lignes domestiques radiales, notamment au départ de Paris, résistent mieux : Paris–Nice a progressé de 5,5% au premier semestre et Paris–Toulouse de 7,1%, dans un contexte marqué notamment par le développement de Transavia.
Bâle-Mulhouse, un facteur mais pas une explication unique
L’UAF & FA souligne que la fermeture de la piste principale de Bâle-Mulhouse, du 15 avril au 16 mai, aurait entraîné la perte d’environ un million de passagers. Cet épisode explique une partie substantielle du recul national : hors plateforme franco-suisse, le trafic semestriel serait resté proche de son niveau de 2025.
Mais il ne suffit pas à effacer le tableau général. Même après la réouverture de la piste, le trafic national demeurait inférieur de 1,9% en juin à celui du même mois de 2025, selon l’organisation aéroportuaire. Les liaisons intérieures, et plus encore les dessertes transversales entre régions, restent fragiles, tandis que l’international, moteur du rebond français en 2025, a à son tour fléchi.
Fiscalité et chocs externes pèsent sur l’offre
Pour l’UAF & FA, la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion — la TSBA — entrée en vigueur en 2025, ainsi que le relèvement du plafond du tarif de sûreté et de sécurité, pèsent désormais sur les arbitrages des compagnies. L’organisation estime que les réductions de fréquences, suppressions de lignes et redéploiements d’appareils pourraient représenter environ un million de passagers potentiels perdus durant l’été 2026, par rapport à l’été 2024.
Le contexte européen est lui aussi plus heurté. ACI EUROPE relève que la croissance continentale a ralenti de 4,3% au premier trimestre à 1,3% au deuxième, sous l’effet des perturbations au Moyen-Orient et de hausses du prix du carburant ayant conduit certaines compagnies à réduire leurs capacités. « La géopolitique façonne de plus en plus les performances de trafic cette année », a déclaré Olivier Jankovec, directeur général d’ACI EUROPE.
Thomas Juin, président de l’UAF & FA, alerte pour sa part : « Pendant que l’Europe poursuit sa dynamique et gagne des passagers, la France en perd et accentue son retard. » L’organisation appelle donc l’exécutif et le Parlement à corriger, dans le PLF 2027, les hausses de prélèvements intervenues l’an dernier.
Les données de juillet offrent toutefois un léger répit : le trafic passagers français a alors rebondi de 1,4% sur un an. En cumul depuis janvier, il restait néanmoins encore en retrait de 0,4% par rapport à 2025, preuve que le redressement demeure précaire.

Serge13 a commenté :
17 septembre 2026 - 14 h 54 min
La baisse de l’activité n’a aucun rapport avec les taxes chirac ou autre sûreté. AF a imposé 100€ en classe eco de surcharge carburant. Pourquoi n’en parlez vous pas? Est ce que tous les aéroports sont en recul? Je ne crois pas.
Si vous avez des chiffres, il faudrait communiquer Nice Marseille et Lyon. D’après d’autres sources NCE MRS sont en croissance…
Et puis les taxes, c’est un faux problème. L’Égypte a encore augmenté son droit d’entrée. En un an il est passé de 25$ puis à 30 il est maintenant à 36..
Record sur records. Sans parler de Zanzibar, de Bali ou encore de UK.. Tout prouve que ça n’a aucun rapport.
Merci quand même.
Aviation a commenté :
18 septembre 2026 - 10 h 25 min
Une fois de plus le menteur de Marseille frappe. Eh oui pris encore la main dans le sac du mensonge Serge. La taxe de 100€ sur les carburants s’applique uniquement sur les vols long courrier, mais votre haine viscérale d’Air France voir de la France car à vos yeux et commentaires seule l’Égypte vaut d’être vécue, vous pousse à toujours balancer les mêmes messages de haine à la Mélenchon, sauf que cela ne prend pas sur ce site.
Serge13 a commenté :
18 septembre 2026 - 15 h 59 min
Cher monsieur ou madame..
100€ est en effet pour le long courrier.
Je vous confirme.
Je viens de faire un Marseille Paris Le Caire et vous pourrez si vous le souhaitez, lire le rapport que j’ai émis sur AF sur http://www.youtripreport.com pseudo serge13 pardi.
Allez calmez vous et arrêtez votre jalousie à mon égard, ça fait rire tout les lecteurs.
Merci pour me lire à chaque fois ça me donne encore plus envie d’intervenir. Bien à vous
beurk a commenté :
17 septembre 2026 - 15 h 30 min
ADP et les plateformes parisiennes sont à l’image de la « Maison France » : en plein décrochage. Autrefois vitrine de notre savoir-faire, la place aéroportuaire parisienne est désormais l’une des plus poussives d’Europe, à la traîne en matière d’investissements et dépourvue de toute ambition à long terme. Son prétendu plan de croissance se résume à poser quelques rustines sur des infrastructures déjà saturées, vieillissantes et de moins en moins compétitives.
L’abandon du Terminal 4 restera comme le symbole du renoncement de Roissy-CDG. Pendant que Londres-Heathrow, Francfort, Amsterdam, Istanbul ou Madrid investissent, agrandissent et préparent l’avenir, ADP bricole, tergiverse et accompagne docilement le déclin. CDG va se faire tailler des croupières par ses concurrents, non par fatalité, mais en raison de la frilosité — pour ne pas dire de la lâcheté — de dirigeants incapables de défendre une vision industrielle face aux lobbies écologistes adeptes de la décroissance.
Ces derniers peuvent se féliciter : leur objectif est atteint. Moins de croissance, moins d’investissements, moins d’emplois, moins de création de richesses et, à terme, une France encore plus marginalisée. Tout le monde y perdra, à l’exception de quelques militants satisfaits d’avoir transformé leur idéologie punitive en politique économique.
Ajoutons à cela un contexte économique français désastreux, patiemment façonné par Emmanuel Macron au cours de plus de dix années passées au cœur du pouvoir, et nous obtenons le cocktail parfait pour achever une filière pourtant encore riche de compétences et de promesses. Après avoir méthodiquement sabordé le nucléaire, affaibli l’automobile et accéléré la désindustrialisation du pays, le pouvoir s’attaque désormais à l’aérien français.
Un secteur qui cumule déjà une singularité bien française : être parmi les plus taxés, réglementés et culpabilisés d’Europe, sinon du monde. À force de taxer tout ce qui fonctionne, de sur-réglementer tout ce qui produit et de céder systématiquement aux injonctions des écolo-bobos, la France finit par tuer ses propres réussites.
Ce n’est plus une politique : c’est une entreprise méthodique de démolition. Merci à Hollande et Macron pour ce grand moment de déclassement national !
Serge13 a commenté :
17 septembre 2026 - 17 h 48 min
Concernant Macron, vous regardez trop les chaînes infos et les reseaux.
Il y a juste un détail que vous omettez c’est la politique de AF.
Le reste se discute
Rv2lyon a commenté :
18 septembre 2026 - 10 h 16 min
Oh Serio XIII qui défend Macron ? Étrange comportement, ah non Macron l’a dit il est supporter de l’OM le plus grand club du monde.
tout juste a commenté :
17 septembre 2026 - 17 h 56 min
Rien à ajouter, tout est dit et bien dit.
Ça le fait mal de voir la France dans cet état, les ##### (auto censure) de politiciens et escrolos vont laisser un pays du tiers monde à nos enfants.
Aviation a commenté :
18 septembre 2026 - 10 h 31 min
Vous avez aussi peu de verve pour dupliquer vos messages identiques d’un post à l’autre. Mettez plutôt un bulletin en 2027 dans l’urne que de polluer de messages inutiles le site de l’aviation.
NDR a commenté :
18 septembre 2026 - 11 h 08 min
Les LGV ont bouffé le MC et les mentalités chiraco-stalinistes ont bouffé le Long Haul , solution ?
👉 rehausser les taxes > 5500 km a 6000km comme l’ Allemagne 🇩🇪 ou a 8500km comme l’ Angleterre 🏴.