Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de durcir la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD), qui concerne notamment les grands exploitants aéroportuaires. L’Union des aéroports français (UAF) y voit une nouvelle pression sur un secteur déjà fragilisé par la hausse des coûts et les incertitudes géopolitiques, tandis que le texte ajuste également les plafonds de la taxe de sûreté et de sécurité pour certaines plateformes régionales.
Le budget 2027 ouvre un nouveau front entre l’État et les aéroports. Déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre, le projet de loi de finances (PLF) prévoit, dans son article 22, de rendre progressive la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD). Son taux, aujourd’hui uniforme à 4,6%, pourrait atteindre 12,2% pour les exploitants les plus rentables.
Créée par la loi de finances pour 2024, cette taxe vise les entreprises tirant plus de 120 millions d’euros de revenus annuels de l’exploitation d’une infrastructure de transport et affichant une rentabilité moyenne supérieure à 10% sur sept exercices, après neutralisation des deux meilleurs et des deux moins bons exercices. Elle concerne au premier chef les concessionnaires autoroutiers, mais aussi certains grands gestionnaires aéroportuaires.
Une taxe progressive pour les grands exploitants
Le gouvernement défend une contribution ciblée sur les infrastructures les plus profitables. Selon le ministère des Transports, le taux resterait à 4,6% lorsque la rentabilité est inférieure à 20%, augmenterait progressivement entre 20% et 30%, puis atteindrait 12,2% à partir de 30%. Les exploitants les moins rentables resteraient hors du champ de la réforme.
L’exécutif table sur 800 millions d’euros de recettes annuelles supplémentaires, portant le produit total de la TEITLD d’environ 600 millions à 1,4 milliard d’euros. À compter de 2028, ces ressources doivent alimenter le fonds « Ambition Transports », intégré au budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), destiné à moderniser et adapter les réseaux au changement climatique.
Pour les aéroports, les entreprises potentiellement exposées comprennent notamment le groupe ADP, Aéroports de la Côte d’Azur, Aéroports de Lyon ou encore Marseille Provence. L’assujettissement effectif dépendra toutefois des seuils de revenus et de rentabilité prévus par la loi, et non de la seule taille de la plateforme.
L’UAF redoute un effet en cascade
L’Union des aéroports français dénonce une mesure qui, selon elle, s’ajouterait à une fiscalité aérienne déjà alourdie depuis 2025. Dans son communiqué, l’organisation professionnelle estime que la hausse de la TEITLD pourrait amputer les capacités d’investissement des aéroports, notamment dans la décarbonation, la modernisation des terminaux ou les équipements de sûreté.
Thomas Juin, président de l’UAF, accuse le gouvernement de mener une politique fiscale contradictoire : « Le Gouvernement persiste dans une politique fiscale aveugle, puis tente d’en corriger les effets par des exemptions au cas par cas », déclare-t-il. « Nous demandons le retrait de cette nouvelle hausse du T2S et une remise à plat immédiate de la fiscalité du transport aérien », ajoute le président de l’UAF.
L’organisation cible également la hausse envisagée du plafond du tarif de sûreté et de sécurité (T2S), acquitté via la taxe sur le transport aérien de passagers et destiné à financer les missions régaliennes assurées dans les aéroports : contrôle des passagers et bagages, lutte contre l’incendie, sauvetage ou encore sûreté. Le PLF 2027 prévoit des ajustements de ce tarif selon les catégories d’aérodromes.
Les lignes régionales en question
L’UAF redoute surtout les conséquences indirectes pour les petits et moyens aéroports. La TEITLD vise les grands exploitants rentables, mais les plateformes régionales sont concernées par le relèvement proposé du plafond du T2S, de 20 à 22 euros par passager selon le communiqué de l’organisation.
Dans un marché européen très concurrentiel, les compagnies aériennes allouent leurs avions là où les coûts d’exploitation et les perspectives de recettes sont les plus favorables. Une hausse des redevances ou des charges aéroportuaires, si elle devait être répercutée, peut donc fragiliser l’équilibre économique de certaines lignes, particulièrement celles à faible fréquence ou à trafic essentiellement domestique.
Le PLF contient parallèlement des mesures de continuité territoriale : son article 21 prévoit des adaptations de fiscalité aérienne pour certaines liaisons d’aménagement du territoire, les résidents ultramarins et la desserte de Strasbourg. Pour l’UAF, ces dérogations illustrent justement la difficulté d’une fiscalité qui risque, selon elle, d’affaiblir des liaisons avant de devoir les protéger au cas par cas.
Un débat parlementaire décisif
Le gouvernement assure de son côté que l’effort doit porter davantage sur les actionnaires des exploitants les plus rentables, « sans faire peser d’effort sur les usagers ». Il souligne aussi que la TEITLD ne peut être répercutée mécaniquement dans les péages autoroutiers, dont l’évolution est encadrée.
La situation est plus sensible pour le transport aérien : les tarifs aéroportuaires, bien que régulés pour les grandes plateformes, participent directement à la structure de coûts des compagnies. Le débat parlementaire devra donc préciser les modalités de la réforme et sa portée réelle pour les gestionnaires d’aéroports. À ce stade, il s’agit d’une disposition du projet de loi de finances : son adoption et son éventuelle rédaction finale dépendront de l’examen par le Parlement.

Yevo a commenté :
2 octobre 2026 - 14 h 28 min
La situation financière de la France doit être catastrophique pour que l’État en soit à chercher à tout prix de l’argent partout.
CecildeMille a commenté :
3 octobre 2026 - 10 h 35 min
Elle est catastrophique. Et là où nous allons tous souffrir, c’est après les Présidentielles, quel que soit le vainqueur. Là, on va dérouiller grave. L’économie française est à genoux.
FL300 a commenté :
4 octobre 2026 - 17 h 55 min
Plutôt que de geindre sur le futur(e) président(e), demandez-vous plutôt à qui la faute d’être dans cette situation.
Les français ont ce qu’ils méritent : vous n’avez pas aimé l’actuel et les précédents qui ont foncé droit dans le mur ? Pourtant, c’est bien vous qui les avez élu ! Vous avez donc ce que vous méritez !
Kenzi a commenté :
2 octobre 2026 - 14 h 30 min
Pas des soucis si les compagnies aériennes françaises font faillite, il y aura les étrangères pour assurer les vols.
SERGE13 a commenté :
2 octobre 2026 - 17 h 28 min
AF nous a imposé une surcharge carburant de 100€ sur chaque billet d’avion sur LC. Avez vous vu une baisse d’activité, vous, parce que moi non…
Les gens paient, et moi avec, car on a du fric…
L’Etat le sait.
Nonbe a commenté :
2 octobre 2026 - 18 h 46 min
Moi j’ai achete 2 billet moyen/long courrier très très bon tarif juste quand j’ai vu que ca allait pas au moyen orient..
Pas eu de surtaxe…
C’est d’ailleurs illegal..
Fais toi rembourser
Gilet a commenté :
2 octobre 2026 - 18 h 36 min
Et en plus de cela, cerise sur le gâteau… Paris-Charles de Gaulle arrive en dernière position d’une étude évaluant 23 grands hubs internationaux en Europe et aux États-Unis. Des retards chroniques et des coûts d’accès élevés figurent parmi les points critiqués concernant l’expérience des voyageurs.
C’est un coup dur pour l’aéroport phare de la France. Paris-Charles de Gaulle (Roissy) a été relégué à la toute dernière place du classement 2026 publié par la plateforme spécialisée AirAdvisor. L’étude a passé au crible la performance globale et la qualité de service des 23 hubs aéroportuaires les plus fréquentés d’Europe et des États-Unis.
Cette piètre performance s’explique principalement par d’importantes lacunes opérationnelles. Le principal grief concerne un manque critique de ponctualité. D’après les données d’Eurocontrol de l’année précédente, le taux de vols à l’heure de Roissy fait pâle figure face à celui de ses concurrents. Cette faiblesse est particulièrement préjudiciable, la fiabilité comptant pour 40 % de la note finale attribuée par AirAdvisor.
À ces problèmes d’horaires s’ajoutent des obstacles logistiques majeurs. L’éloignement du hub par rapport au centre de la capitale, combiné au coût élevé des moyens de transport reliant la ville à l’aéroport, pénalise sa note d’accessibilité.
L’expérience globale des passagers ne permet pas non plus de rattraper la situation. Pour établir son classement, la méthodologie intègre une part importante d’évaluations directes :
Avis des utilisateurs sur Google : 40 % de la note globale
Offre commerciale et boutiques : 5 %
Classement Skytrax : 3 %
Au regard de ces indicateurs, Roissy ne parvient pas à compenser ses faiblesses logistiques, pâtissant d’une mauvaise réputation auprès des voyageurs.
À l’inverse, d’autres hubs européens excellent. Londres Heathrow arrive en tête du classement 2026, porté par un taux de ponctualité avoisinant les 80 % et des espaces commerciaux très appréciés. Dublin occupe la deuxième place, salué pour la fluidité constante de son trafic et la rapidité impressionnante de ses liaisons avec le centre-ville.
Pour Paris-CDG, l’évaluation d’AirAdvisor sonne comme un appel urgent à repenser la gestion des flux de passagers et l’accessibilité.
Steph0350 a commenté :
2 octobre 2026 - 20 h 50 min
J’en connais un qui va vouloir fermer ses bases en France avec cette nouvelle augmentation de la taxe aeroportuaire n’est-ce pas M. O’Leary? Et pour une fois je serai complètement de son avis.
CecildeMille a commenté :
3 octobre 2026 - 10 h 30 min
Et pendant ce temps, monsieur Lecornu, Premier ministre, imperturbable, persiste à affirmer qu’il n’y a pas de hausse d’impôts. En fait, tout ça est typique d’une politique fiscale de Droite : on n’augmente pas les impôts directs, réputés redistributifs, et on augmente les impôts indirects, soit les nombreuses et diverses taxes, impôts indirects très inégalitaires puisqu’ils touchent les contribuables de la même façon quels que soient leurs revenus : sur 1 L de lait, monsieur Bernard Arnauld paye la même somme que moi qui suit un peu (si peu) moins riche. Elle est pas belle la vie ?
FL300 a commenté :
4 octobre 2026 - 18 h 07 min
En France, on ne connaît pas les économies : on jette les milliards comme s’ils poussaient à l’Elysées et Matignon : l’AFD (13,700 milliards d’euros par an), les JO (6,600 milliards d’euros), etc, etc…
Petit jeu des autres coûts : 1 député européen : 3,660 millions d’euros par an ; 1 député français : 1,100 millions d’euros par an ; un sénateur : 1,100 million d’euros par an ; 1 membre du Conseil Constitutionnel (à vie pour un ancien président de la république) : 2,2 millions d’euros par an. On continue ?
Par contre, quel talent pour inventer de nouveaux impôts !
PS : tous ces chiffres sortent de la Cour des Comptes